Paul était un homme saisi par le mystère du Christ. Oui,
il était apôtre, missionnaire, père spirituel, mais
d’abord il était un homme contemplatif, mystique.
La conversion
de Paul
Saint
Paul a été transformé, non par une pensée,
mais par un événement, par la présence
irrésistible du Ressuscité, de laquelle il ne pourra
jamais douter par la suite tant l'évidence de
l'événement, de cette rencontre, avait été
forte. Elle changea fondamentalement la vie de Paul; en ce sens on peut
et on doit parler d'une conversion. (…) Cette rencontre est un
réel renouveau qui a changé tous ses paramètres.
Maintenant il peut dire que ce qui auparavant était pour lui
essentiel et fondamental, est devenu pour lui "balayures"; ce n'est
plus un "gain", mais une perte, parce que désormais seul compte
la vie dans le Christ (…) Nous ne devons toutefois pas penser que Paul
ait été ainsi enfermé dans un
événement aveugle. Le contraire est vrai, parce que le
Christ ressuscité est la lumière de la
vérité, la lumière de Dieu lui-même. Cela a
élargi son cœur, l'a ouvert à tous. En cet instant il n'a
pas perdu ce qu'il y avait de bon et de vrai dans sa vie, dans son
héritage, mais il a compris de manière nouvelle la
sagesse, la vérité, la profondeur de la loi et des
prophètes, il se l'est réapproprié de
manière nouvelle. (…)Si l'on en revient à présent
à nous-mêmes, nous nous demandons: qu’est-ce que tout cela
veut dire pour nous? Cela veut dire que pour nous aussi le
christianisme n'est pas une nouvelle philosophie ou une nouvelle
morale. Nous ne sommes chrétiens que si nous rencontrons le
Christ. Assurément, il ne se montre pas à nous de
manière irrésistible, lumineuse, comme il l'a fait avec
Paul pour en faire l'apôtre de toutes les nations. Mais nous
aussi nous pouvons rencontrer le Christ, dans la lecture de
l'Écriture Sainte, dans la prière, dans la vie liturgique
de l'Église. Nous pouvons toucher le cœur du Christ et sentir
qu'il touche le nôtre. C'est seulement dans cette relation
personnelle avec le Christ, seulement dans cette rencontre avec le
Ressuscité que nous devenons réellement chrétiens.
Et ainsi s'ouvre notre raison, s'ouvre toute la sagesse du Christ et
toute la richesse de la vérité.
(Benoît
XVI, audience générale du mercredi 3 septembre 2008)
Textes bibliques à méditer :
Dans sa conversion, Paul a eu un rapport personnel avec le Christ
caractérisé par des visions, des
révélations et des expériences
contemplatives : [ Ac 9, 3 – 9; 13, 2; 16, 7 – 10; 16, 25; 2 Co 12, 2;
Ga 1, 15 – 16; 2 Co 12, 7; Ep 3, 3; Col 1, 26 – 27; 1 Co 2, 7 ]
Ces expériences ont profondément formé sa vision
de la vie chrétienne
(l’Église comme Corps du Christ, la grandeur de Dieu) et de son
but :
une profonde union avec le Christ :
La grandeur de Dieu : [ Ep 1, 17 – 22; Ep 3, 14 – 20; Ph 2, 5 – 11; 2
Co 3, 18; Col 1, 15 – 20 ]
L’Église comme Corps du Christ : [ Ep 1, 22 – 23; 5, 21 –
32;1 Co 12; Col 1, 18; 1, 22 – 24 ]
Union avec le Christ : [ Ga 2, 20; Phil 3, 7 – 12; Col 2, 6
– 7 . 9; Col 3, 3 – 4; Ep 1, 3 – 14 ] |
Pour continuer notre réflexion :
«
La mystique de saint Paul »
«
Ce titre est risqué, parce que le mot « mystique »
est vague et
recouvre aujourd’hui des courants religieux très divers. Bien
souvent
il évoque une fusion avec le divin, dans un sentiment d’infini,
l’illimité, « d’océanique ». Paul ne
prétend pas se perdre « en Dieu ».
Il est trop conscient de la différence et de la transcendance du
Dieu
personnel de la Bible. Du reste, Paul n’a jamais employé le mot
«
mystique ». Il connaît par contre le langage des «
mystères », ou,
mieux encore au singulier (…) du « mystère du Christ
» : ce qui était
caché en Dieu depuis toujours, comme le secret de la
création et de
l’histoire, se donne enfin à connaître dans le Christ. (…)
c’est « par
le Christ » qu’il est en communion avec Dieu. Ce titre est
risqué, mais
(…) il évoque la profonde intelligence spirituelle que Paul a
reçue du
mystère du Christ. Dans les premières communautés
chrétiennes, les dons
de l’Esprit, la prière de louange et de
bénédiction, les visions et
révélations, les dons de connaissance et de
prophétie tiennent une
place de choix. (…) Mais au-delà même de ce jaillissement
« spirituel
», ou plutôt à sa source, comme son fondement
permanent, plus radical
que les diverses manifestations plus ou moins extraordinaires, Paul a
su dire quelque chose de « plus mystique que la mystique »,
à savoir :
l’existence chrétienne de tous les jours comme une existence en
un
autre, le Christ. »
(tiré
de Saint Paul, tout simplement, de Paul Bony)
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