
L'Eucharistie-Corps
du Christ
pour l'Église-Corps du Christ
Préparation
à la troisième catéchèse (13
décembre 2007)
Chaque
mois, les Fraternités Monastiques de
Jérusalem
proposent
une fiche pour se préparer aux catéchèses
préparatoires
au Congrès Eucharistique international
Notre rencontre catéchétique précédente
avait pour thème: « L'Eucharistie, mémorial du
mystère pascal ». Nous avons réfléchi au
lien entre la libération des Hébreux de l'esclavage
d'Égypte et la libération définitive et
universelle opérée par Jésus Christ dans sa
Pâque.
Dans la prochaine rencontre, qui aura lieu le 13 décembre, nous
nous laisserons interpeller au sujet de notre relation à
l'offrande et au don de soi même que Jésus a accompli et
que chaque Eucharistie nous re-présente.
Voici quelques questions qui pourront nous aider pour arriver bien
équipés à cette troisième étape de
notre montée communautaire vers le Congrès. Prenons le
temps d'y répondre et, peut-être, de mettre ces
réponses par écrit dans notre carnet de bord.
- Avec quel
esprit je quitte ma maison pour aller à l'Eucharistie, tout
spécialement à l'Eucharistie dominicale ?
J'y vais
pour accomplir mon précepte ? Pour prendre ma communion ? Pour
déposer mes fardeaux ? Pour dire à Jésus: «
Me voici! »? Pour...
- Si je
suis choisi pour porter le pain et le vin à l'autel, comment
est-ce que je vis ce geste ? Je me sens
un peu embarrassé ? Je me sens honoré ? J'ai l'impression
de donner ma petite contribution en apportant la « matière
» qui deviendra le corps et le sang du Christ ? J'ai la
conscience que c'est quelque chose de moi que j'apporte à
l'autel ?
- Qu'est-ce
que je ressens en moi en écoutant les mots de Jésus:
« Prenez et mangez, ceci est mon Corps... Prenez et buvez, ceci
est mon Sang » ?
Émotion ? Gratitude ? Admiration ? Adoration d'un grand
mystère qui me dépasse ?
- Et quand
le prêtre dit au nom de Jésus: «Vous ferez cela en
mémoire de moi», qu'est-ce qui me vient à l'esprit ?
Jésus
a ordonné aux prêtres de répéter ces gestes
à la dernière cène, et les prêtres
obéissent ? Jésus peut se rendre présent
grâce aux gestes que les prêtres font et aux paroles qu'ils
prononcent ? Jésus me propose quelque chose de très
exigeant : donner mon corps, donner mon sang, comme lui ?
- Quand le
prêtre ou le diacre nous invite à échanger entre
nous un geste pour manifester la paix du Christ présent au
milieu de nous, comment est-ce que je vis ce geste ? Est-ce un
moment que je vis avec joie, avec gêne ? Est-ce que j'ose poser
mon regard sur mon frère, ma sœur ? Est-ce que je me laisse
rencontrer ?
-
Avec quel sentiment je communie au Corps et au Sang du Christ ?
Moi, je
reçois le Christ lui-même: joie, confiance...? Le Christ
lui aussi, me reçoit moi ! Je ne m'appartiens plus ?
- Maintenant le Christ et moi nous sommes un. Je me complais en
moi-même ? Quel lien va se développer entre moi et tous
ceux et celles qui ont reçu le Seigneur comme moi ? Avec quelle
décision moi et le Christ qui vit en moi sortons de
l'église pour nous plonger dans la ville et dans le quotidien ?
Quelques textes clés :
Pour
approfondir notre réflexion, nous pouvons méditer les
textes qui suivent : un texte biblique, un texte patristique et un
texte du magistère.
Bonne lecture à tous!
Épître
aux Romains 12, 1-8.
Je vous exhorte, mes frères, par la tendresse de Dieu, à
lui offrir votre personne et votre vie en sacrifice saint, capable de
plaire à Dieu : c'est là pour vous l'adoration
véritable. Ne prenez
pas pour modèle le monde présent, mais transformez-vous
en renouvelant votre façon de penser pour savoir
reconnaître quelle est la volonté de Dieu : ce qui est
bon, ce qui est capable de lui plaire, ce qui est parfait. En vertu de la grâce qui m'a
été donnée, je dis à chacun d'entre vous :
n'ayez pas de prétentions déraisonnables, soyez assez
raisonnables pour n'être pas prétentieux, chacun en
proportion de la foi que Dieu lui a donnée en partage. Prenons une comparaison : notre corps
forme un tout, et pourtant nous avons plusieurs membres, qui n'ont pas
tous la même fonction ;
de même, dans le Christ, tous, tant que nous sommes, nous formons
un seul corps ; tous et chacun, nous sommes membres les uns des autres. Et selon la grâce que Dieu nous a
donnée, nous avons reçu des dons qui sont
différents. Si c'est le don de prophétie, il faut se
régler sur la foi ; si
c'est le don de servir, il faut servir ; si l'on est fait pour
enseigner, que l'on pour
encourager, que l'on encourage. Celui qui donne, qu'il soit simple ;
celui qui dirige, qu'il soit actif ; celui qui se dévoue aux
malheureux, qu'il ait le sourire.
De Saint Augustin,
extrait du commentaire de l'Évangile selon Saint Jean
« C'est votre
mystère à vous qui est posé sur la table du
Seigneur; c'est votre mystère que vous recevez. C'est à
l'affirmation de ce que vous êtes (Corps du Christ) que vous
répondez: « Amen » et votre réponse est comme
votre signature ». « Voici le sacrifice des
chrétiens: être tous un seul Corps en Jésus Christ.
C'est le mystère que l'Église célèbre dans
le sacrement de l'autel où elle apprend à s'offrir
elle-même dans l'oblation qu'elle fait à Dieu. »
Ecclesia de
Eucharistia
22.
L'incorporation au Christ, réalisée par le Baptême,
se renouvelle et se renforce continuellement par la participation au
Sacrifice eucharistique, surtout par la pleine participation que l'on y
a dans la communion sacramentelle. Nous pouvons dire non seulement que
chacun d'entre nous reçoit le Christ, mais aussi que le Christ
reçoit chacun d'entre nous. Il resserre son amitié avec
nous: « Vous êtes mes amis » (Jn 15, 14). Quant
à nous, nous vivons grâce à lui: « Celui qui
me mangera vivra par moi » (Jn 6, 57). Pour le Christ et son
disciple, demeurer l'un dans l'autre se réalise de
manière sublime dans la communion eucharistique: «
Demeurez en moi, comme moi en vous » (Jn 15, 4).
En
s'unissant au Christ, le peuple de la nouvelle Alliance, loin de se
refermer sur lui-même, devient « sacrement » pour
l'humanité,39 signe et instrument du salut opéré
par le Christ, lumière du monde et sel de la terre (cf. Mt 5,
13-16) pour la rédemption de tous.
23. Par la
communion eucharistique, l'Église est également
consolidée dans son unité de corps du Christ. Saint Paul
se réfère à cette efficacité unificatrice
de la participation au banquet eucharistique quand il écrit aux
Corinthiens: « Le pain que nous rompons, n'est-il pas communion
au corps du Christ? Puisqu'il y a un seul pain, la multitude que nous
sommes est un seul corps, car nous avons tous part à un seul
pain » (1 Co 10, 16- 17). Le commentaire de saint Jean
Chrysostome est précis et profond: « Qu'est donc ce pain?
C'est le corps du Christ. Que deviennent ceux qui le reçoivent?
Le corps du Christ: non pas plusieurs corps, mais un seul corps. En
effet, comme le pain est tout un, bien qu'il soit constitué de
multiples grains qui, bien qu'on ne les voie pas, se trouvent en lui,
tels que leur différence disparaisse en raison de leur parfaite
fusion, de la même manière nous sommes unis les uns aux
autres et nous sommes unis tous ensemble au Christ. »