logoDimanche 12 décembre 2004 - Avent III
Homélie de Frère Ivan-Pierre, fmj

« Question de Jean et déclaration de Jésus » Isaïe (35, 1-6a.10), 
Saint Jacques (5, 7-10), 
Saint Matthieu (11, 2-11)


Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre?

Elle est émouvante cette question venant de la part d'un homme réputé pour ses convictions.

Jean-Baptiste doute.

Il est prisonnier, enfermé entre quatre murs, il a le temps de réfléchir.

C'est l'épreuve de sa foi face à ce Dieu tellement déconcertant.

Au fond frères et soeurs, la question de Jean-Baptiste est celle qui retenti en nous-mêmes et en nos contemporains ?
Expression d'une certaine crainte, peur qui nous habite.
Peur de se tromper, peur d'avoir été trompé.

L'histoire de l'Ancienne Alliance a débuté ainsi avec Adam et Ève. Elle se termine aussi ainsi avec la question du dernier des prophètes, du Précurseur.
Et Jésus ne donne pas de réponse toute faite.
Il provoque notre intelligence, notre réflexion pour nous amener à trouver nous même la réponse.
Il sait notre désir de le rencontrer, de croiser son visage, de l'aimer toujours plus.

Ainsi notre besoin d'aller au-delà de notre doute,
de ces murs qui veulent nous enfermer,
besoin de toucher du doigt la réalité de notre foi,
de notre espérance.

Qu'attendons-nous vraiment de Celui qui va venir, qu'espérons-nous?
Un Sauveur tout-puissant? Ou un Sauveur qui se fait tout petit parmi les petits...?

Pour moi, la réponse que le Seigneur nous donne est au coeur de l'eucharistie.
En particulier au moment de la communion.

Aveugles, boiteux, lépreux, sourds...
tout un chacun se présente tendu vers la rencontre à la fois personnelle et unique avec le Christ.
Ces visages, ces regards, ces corps dont on ne peut que deviner les souffrances, les joies, les questions, les doutes, leur espérance.

Ces visages me frappent par leur beauté.
Ces visages qui ne forment plus qu'un seul Corps parce qu'ils goûtent à la Présence divine qui transfigure (Maurice Zundel).

Voilà la réponse que nous donne le Seigneur au coeur de cet Avent.
Découvrir la réalité de son incarnation au coeur de notre humanité.

Rien n'est plus beau qu'un visage qui reçoit la lumière de Dieu.

Les doutes s'envolent...
Comment ne pas désirer alors prolonger cette communion avec tous nos frères et soeurs.
Comment ne pas désirer transmettre cette lumière de l'amour qui se donne à tous:
aveugles, boiteux, lépreux, sourds, étrangers, prisonniers, chacun chacune dans le monde?

Cette foi, cette espérance qui nous habitent,
que nous recevons ne demande qu'à se transformer en amour rayonnant le visage de Dieu.

Voilà la réponse de Dieu à l'humanité:
celui que le monde attend est déjà là; réponse qui passe par nous.

Le germe du Royaume a été semé.

Il pousse même sous la neige et la tempête.
Des signes nous n'en aurons plus d'autres que celui du Corps et du Sang du Christ.

Parce qu'en Lui nous avons tout.

C'est l'Avent, Dieu nous répond:
VOYEZ le Christ qui se manifeste parmi vous.
Il n'y a rien à faire.
Il y a à accueillir son amour et à aimer à notre tour.

Là est notre joie.


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