logoVendredi e décembre 2005
Homélie du père Gérard Busque. sss

« La puissance de la foi »  Matthieu 9, 27-31


Je voudrais méditer avec vous ce soir, non pas tant la guérison de ces deux aveugles dont nous parle Saint Matthieu que la manière avec laquelle ils ont obtenue leur guérison, c’est-à-dire leur insistance confiante qui a déclenché la puissance de Jésus, après avoir remué son cœur.

Revoyons-la scène. Ces deux aveugles entendent passer Jésus et le suivent jusque chez lui. Nous pouvons nous demander comment ils ont pu y arriver ! Jésus ne s’arrête même pas, ne leur offre pas son aide, malgré leur cris : « Aie pitié de nous, Fils de David ! »

Il faut dire qu’il sort de chez un notable dont il a ressuscité la jeune fille, qu’il vient de guérir une femme hémorroïsse, qu’il fait face à une foule hystérique. Il est sans doute fatigué, ne désirant plus que le calme de sa demeure.

Mais les aveugles ne lâchent pas, au point de pénétrer dans la maison de Jésus et de s’adresser à lui directement.
Devant une telle audace, Jésus est remué.
Alors il vérifie  la puissance de leur foi, de leur confiance en sa puissance.
- Croyez-vous que je peux faire cela?
- Oui, Seigneur !
- Alors que tout s’accomplisse pour vous selon votre foi.
Et leurs yeux s’ouvrirent.
Jésus leur dit :
« que tout s’accomplisse pour vous selon votre foi ».
Selon la puissance de votre foi.
Jésus a pu faire quelque chose pour eux selon la puissance de leur foi.

Croyons-nous assez à la  puissance de notre foi sur le cœur de Jésus?
Notre foi met en branle la puissance de Jésus et elle la mesure :
je vais agir comme vous croyez que je peux le faire.
Tout le secret des prières exaucées est là.

Ma mère connaissait bien ce secret,
elle qui voyait presque toutes ses demandes spéciales exaucées par l’intercession de Saint Joseph.
Mais, nous, nous avons du mal à accepter d’être aussi puissants.
Pourtant Jésus révèle par trois fois comment la  force de notre foi a un impact sur lui.

Nous avons rappelé lundi dernier la foi du Centurion: 
frappé par la confiance inébranlable du centurion qui le suppliait de guérir son serviteur,
Jésus lui déclare : «  qu’il te soit fait comme tu as cru » (Mtt. 8, 3)

Une autrefois, Jésus est littéralement retourné par la farouche confiance de la Cananéenne qui veut lui arracher la guérison de sa fille.
Il cède, émerveillé, en lui disant : » Ô femme, grande est ta foi ! »
En revanche, le manque de foi rend Jésus impuissant.
A Nazareth ou ses compatriotes ne voient en lui que le fils du Charpentier, il baisse les  bras.
Matthieu écrit : « il ne fit pas là beaucoup de miracles à cause de leur incrédulité. »

Je crois que c’est assez clair. Notre foi met en branle la puissance de Jésus et elle la mesure :
il agira pour nous selon l’intensité de notre désir, de notre confiance en lui.

Dans notre eucharistie, nous bénirons Dieu le Père de tout don :
- pour Jésus qui vient avec puissance éclairer les yeux des aveugles, guérir les cœurs blessés, etc.
- pour toutes les fois ou notre foi s’est montrée tenace.

Demandons ensemble la grâce d’une confiance inébranlable.

Nous verrons toutes nos prières exaucées.

Amen.

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