logoDimanche 4 décembre  2005, 2e Dimanche de l’Avent
Homélie du frère Giacomo, fmj

« Jean-Baptiste :  la voix qui annonce et indique le Verbe  »  Marc 1, 1-8


Étonnant : Un Dieu qui intervient dans l’histoire
La foi ne consiste pas à croire que Dieu existe,
mais que Dieu intervient dans l’histoire
de chaque personne tout comme de celle du monde.

Et c’est cela qui apparaît invraisemblable à l’homme !
Qu’au cœur de la trame des événements ordinaires,
au milieu des déterminismes physiques
et de l’enchaînement des faits sociologiques, et politiques,
il y ait des irruptions de Dieu,
des actions divines, où Dieu crée, visite, (juge), sauve :
voilà ce que les philosophes et les déistes
ne peuvent pas admettre.
Mais c’est cependant par là
que se fait connaître le Dieu vivant et vrai :
Il est celui qui vient,
qui entre dans un rapport personnel avec nous.

Inouï : Dieu fait chair
L’objet même de notre foi est
que le Verbe se soit fait chair,
que le Verbe par qui tout a été créé
et auquel tout est à chaque instant suspendu,
soit né d’une femme et ait habité parmi nous.
C’est l’affirmation chrétienne dans tout son paradoxe,
dont nous n’en finiront jamais de nous étonner !

Pour que les hommes puissent y adhérer
comme à la certitude la plus assurée,
l’Esprit Saint a disposé leurs cœurs
pendant toute l’histoire d’Israël par les prophètes,
dont le dernier et le plus grand est Jean-Baptiste.

Le précurseur du Verbe de Dieu
Prophète, précurseur, Jean accomplit sa mission :
préparer les voies à la Gloire de Celui qui vient dans le désert.
Le Verbe de Dieu va venir à la rencontre de l’homme, sa créature.
Il est le Verbe tout-puissant.
“Les nations sont auprès de lui comme une goutte d’eau”.      (Is 40, 15)
Il va venir, comme un pasteur,
paître son troupeau,
rassembler les brebis,
porter les agneaux dans ses bras.     (cf Is 40, 11)
Il vient visiter les siens.
Et cette heure décisive de l’histoire est toute proche désormais.
Jean est envoyé pour disposer les cœurs à accueillir le Seigneur.

Convertissez-vous
Son message est appel à la conversion
car les hommes se sont détournés de Dieu.
Et cela, de deux manières :

Première manière : l’athéisme et le matérialisme
“Nous n’avons pas besoin de Dieu.”
C’est la prétention de l’humanité
d’assumer son destin et d’assurer son salut.
Mais par là, l’homme se détruit lui-même,
parce qu’il n’existe et il n’agit qu’en dépendance
de la source divine dont il se reçoit et à laquelle il se rapporte.

Deuxième manière : la médiocrité et la tortuosité religieuses.
La médiocrité et la tortuosité religieuses
sont constituées d’un ensemble de compromis
aux niveaux personnel et collectif.
C’est ce qui fait que toute société,
si inspirée qu’elle ait été dans son origine première,
a toujours besoin de réforme.
C’est cet ensemble d’habitudes que dénonce Jean :
inégale et injuste répartition de biens,
si bien passée dans les habitudes
que nul ne s’en aperçoit sinon ceux qui en sont les victimes ; malhonnêtetés, devenues si coutumières
qu’elles font partie des mœurs mêmes ;
abus de pouvoir qui apparaissent
comme inséparables du pouvoir même.

“Que celui qui a deux tuniques en donne une à qui n’en a point …
Que le publicain n’exige rien au-delà de ce qui est prescrit …
Que ceux de la milice
ne molestent ni ne dénoncent faussement personne”.     (Lc 3, 11-14)
Ce que Jean dénonce c’est toute une société religieuse
qui s’est peu à peu médiocrisée.
C’est tout un ordre faux,
qui est en réalité un désordre établi,
que le prophète met en question.

Jean lance un appel qui retentit comme un cri d’alarme,
en voyant cette immense foule qui se traîne dans sa médiocrité
au moment d’être affrontée à l’éclat ravissant
et dévorant de la Gloire de Dieu.

La patience de Dieu
« C’est pour vous que Dieu patiente :
car il n’accepte pas d’en laisser quelques-uns se perdre ;
mais il veut que tous aient le temps de se convertir. »     (2 Pi 3, 9)
« Ceux qui tombent, tu les reprends peu à peu,
tu les avertis, tu leur rappelles en quoi ils pèchent,
pour qu’ils se détournent du mal,
et qu’ils puissent croire en Toi, Seigneur »     (Sg 11, 12)

Rituel du baptême de pénitence
L’immersion dans le Jourdain signifie et marque la volonté personnelle
de rupture avec le passé et la naissance à une existence nouvelle.

La nouveauté du baptême chrétien
Mais entre le baptême de Jean
et le baptême du Christ, il y a un abîme.
« Moi je vous baptise dans l’eau ;
mais il vient, celui qui est plus puissant que moi
et qui vous baptisera dans l’Esprit-Saint. »    (Mc 1, 8)

Le baptême chrétien suivra la venue
de la Gloire du Seigneur (le mystère Pascale)
et l’effusion de l’Esprit à la Pentecôte.
Il appartient au commencement nouveau du monde
et à la nouvelle création, réalisée dans la gloire du Christ ressuscité.
Il sera le signe visible et efficace,
le sacrement de la participation à la vie du Christ ressuscité.
C’est ce fleuve d’eau vive qui jaillit du trône de Dieu
et de l’Agneau et qui est l’Esprit-Saint lui-même
répandu sur les hommes par le baptême,
qui les transforme en créatures nouvelles,
le nouveau Paradis fait d’arbres vivants,
le nouveau Temple fait de pierres vivantes.

Actualité du message de Jean-Baptiste
Le message de Jean-Baptiste de conversion du cœur
en vue de la venue du Seigneur
reste valable durant tout le temps de l’Église,
où toute l’Église est officiellement envoyée
par la Trinité pour prêcher à l’humanité entière
la conversion du cœur en vue de la seconde venue,
la définitive, de la Gloire de Dieu

* * * * *

Écoutons Siméon le Nouveau Théologien, moine au Xe siècle.
« Recherchons Celui qui seul peut nous rendre la liberté !

Réalisons quelle est la beauté de notre Maître !
Ne Lui fermons pas les yeux de notre cœur
en nous laissant absorber par les réalités de ce monde.
Oui, que le souci des affaires de la Terre
ne nous rendent pas esclaves de la gloire humaine
au point de nous faire abandonner
Celui qui est la Lumière de la Vie éternelle.

Allons donc tous ensemble vers Lui.
Humblement, lançons notre cri vers Lui,
notre bon Maître, notre Seigneur miséricordieux,
vers Lui qui est le seul ami des hommes.

Recherchons-Le.
Il va se révéler à nous,
Il va paraître,
Il va se manifester !  »

Il va nous partager sa vie divine maintenant,
en cette Eucharistie !



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