Samedi 17
décembre
2005
Homélie du frère Antoine-Emmanuel, fmj
« Ouvrir
notre vie à Marie, c’est l’ouvrir au Salut
» Matthieu
1, 1-17
Une succession de noms qui défilent.
un verbe : « engendra »,
une chaîne de génération,
et au terme : un fruit.
Le Messie.
Jésus.
Et nous, enfants des hommes,
nous recueillons ce Fruit.
Nos mains s’ouvrent
pour recevoir le Fruit des générations.
Le « Pain de Vie » est le Fruit de cet arbre des
générations.
Oui, les générations ont défilé ;
les visages se sont succédés,
visages de saints comme David le pécheur repenti,
Josias le roi pieux que l’on a contemplé transpercé,
ou Joseph l’homme juste.
Visage de pécheurs
comme Jacob le fourbe,
de granda pécheurs comme Salomon l’idolâtre
ou d'impies comme le roi Acaz.
Les visages se sont succédés,
les siècles ont passé
et ce qui est extraordinaire,
c’est que le don de Dieu ne s’est pas éteint.
Dieu ne s’est pas découragé,
Dieu n’a pas déserté son peuple.
Dieu est fidèle,
éternellement fidèle à sa promesse.
La grâce a connu l’épreuve du temps.
La grâce a connu l’épreuve des impiétés
et elle ne s’est pas éteinte.
Au terme de cette longue chaîne,
le salut a été donné,
le Sauveur nous a été donné,
Celui qui sauve toutes les générations
celles qui l’ont précédé,
et toutes celles qui l’ont suivi.
Aujourd’hui le Seigneur nous invite à reprendre confiance
en son œuvre qui passe à travers les hommes.
Oui, les ténèbres ne peuvent pas éteindre
la lumière qui vient de Dieu.
Le salut nous est venu à travers des hommes et des femmes de
notre pâte humaine.
* * *
Frères et sœurs, si nous nous arrêtions là,
ce serait très incomplet.
Oui, il y a la succession des générations.
Mais à elle seule, elle n’a pas suffi.
Il y a une deuxième source.
Il y a Marie.
« Éléazar engendre Mattane,
Mattane engendra Jacob,
Jacob engendra Joseph, l’époux de Marie
de laquelle naquit Jésus que l’on appelle Christ.
» (Mt 1, 15-16)
Jésus est fils d’Adam,
Jésus est fils d’Abraham,
Jésus est fils de David
Jésus sera appelé « fils de Joseph »,
mais il est né de Marie.
Notre humanité pétrie par la Parole de Dieu
travaillée, sanctifiée par sa promesse
porte une espérance inouïe : oui,
mais elle reste stérile sans Marie.
Qu’est-ce que cela veut dire pour nous ?
Cela veut dire que
lorsque nous ouvrons notre vie à Marie,
nous l’ouvrons au Salut.
Notre premier labeur
est de nous laisser travailler par la Parole,
mais le vrai fruit ne viendra
que si conjointement,
nous accueillons Marie.
En ces jours qui nous séparent de Noël,
nous pouvons alors faire nôtre cette prière
écrite par un grand théologien devenu évêque,
Mgr. Bruno Forte,
quelques jours avant qu'il aille prêcher la retraite
au Saint Père Jean-Paul II :
« Marie, Vierge de l'écoute,
silence en qui la Parole
est venue habiter au milieu de nous,
au seuil de cette nouvelle journée,
je me remets entièrement à
toi;
je te remets mon esprit et mon coeur,
ma chair et mes sens,
afin qu'à ton école
et avec ton aide,
renouvellant le oui de mon baptême
(et de ma consécration),
je devienne comme toi silence et
écoute,
aujourd'hui et dans la
fidélité de tous les jours,
et que, comme toi, je sois
désert qui fleurit,
tente de la rencontre,
sanctuaire rayonnant de l'Esprit
et de la Parole de vie.
À toi, Mère du bel amour,
je me consacre,
pour que mon oui devienne dans le tien
toujours davantage source d'un amour
attentif, tendre, humble et concret,
et que, comme toi, Arche de l'Alliance,
je porte à ceux que je rencontrerai
en ce nouveau jour qui commence
la joie de la présence du Bien
Aimé.
À toi, Épouse des noces
étrenelles
qui chante l'exultation
des merveilles accomplies par
l'Époux
dans l'humilité de ton histoire
et de la nôtre,
je confie les pensées, les paroles
et les oeuvres
de ce nouveau jour
pour que dans la fidélité au
don de l'Amour,
elles soient toutes
pensées de paix,
cantique de louange,
paroles d'espérance,
oeuvres de justice,
et charité très
délicate.
Vierge, Mère et Épouse,
Reine du ciel et de la terre,
intercède pour moi
maintenant et à l'heure de ma mort,
pour que je vienne chanter avec Toi, avec
tous les Saints,
et avec tous ceux qui m'ont
été confiés dans la foi,
le cantique nouveau de l'Agneau
dans la Jérusalem céleste,
resplendissante de la beauté
du jour qui ne meure pas.
Amen. Alleluia ! »
(Bruno
Forte, Grande Chartreuse, 21.02.2004)
Retour au répertoire des homélies
© Communion
de Jérusalem