logoSamedi 24 décembre 2005
Homélie du frère Antoine-Emmanuel, fmj

« Noël, c’est le don de Dieu »  Luc 1, 65-79



On raconte que le troubadour Chanteclair
se levait chaque matin bien avant le lever du soleil
et regardant vers l’orient,
il jouait de sa flûte.
Chanteclair était persuadé
que c’était sa musique
qui faisait se lever le soleil.
Or un jour, épuisé par ses nuits trop courtes,
Chanteclair ne se réveilla que bien tard.
Il découvrit ce jour-là avec stupeur
que le soleil s’était déjà levé.
Il n’était donc pas l’auteur de la lumière,
et il en fut tout déconcerté !


C’est un peu ce qui est arrivé au roi David.
Dans son élan de générosité,
David voulut construire une demeure pour Dieu !
Il voulut sauver ce pauvre Dieu sans demeure.
Interrogé, le prophète Natan lui donna une réponse de courtisan :
« Va et fais tout ce qui te tient à cœur
car le Seigneur est avec toi. »    (2 Sm 7, 3)
Mais quand le prophète se mit à l’écoute de Dieu,
la réponse fut tout autre et fut pour David comme un coup de tonnerre ;
Non, ce n’est pas toi, David, qui va bâtir une maison pour Dieu,
c’est Dieu qui bâtit une maison pour toi !
Ce n’est pas toi qui sauve ton Dieu,
c’est ton Dieu qui te sauve !
Tu n’as pas ni à défendre Dieu ni à la sauver …
c’est Lui qui te défend et te sauve !

Frères et sœurs, il nous est bon de réentendre ce récit biblique
en cette veille de Noël.
Noël, ce n’est pas l’œuvre de nos mains.
Noël, ce sera, ce soir, l’œuvre de Dieu,
le don de Dieu.

Nous, nous n’allons pas par notre chant faire se lever le soleil …
C’est le soleil qui, de lui-même, va venir illuminer cette nuit,
et nous, nous allons accueillir cette lumière toute nouvelle
qui jaillit du Cœur de Dieu.
Nous allons laisser la lumière venir en nous
et tout baigner de sa clarté.
Nous allons voir ce soleil de justice et d’amour
se lever dans la nuit de ce monde et en accueillir la clarté.

Et comme le Seigneur délia la langue de Zacharie,
il va délier notre langue éveillant en nous la louange.
Ce soir, comme Zacharie,
nous allons chanter les « sentiments de miséricorde de notre Dieu »
parce que « nous visite l’Astre d’en haut ».
Nous allons saluer dans la joie
le lever d’un nouveau Soleil qui brille même dans la nuit,
dans toutes nos nuits.
Un soleil qui vient « éclairer ceux qui sont assis dans les ténèbres et l’ombre de la mort et mener nos pieds sur un chemin de paix. »    (Lc 1, 79)

Frères et sœurs,
voillà bien le sens de la chandelle que nous porterons ce soir :
une lumière nouvelle va se lever.
Et cette lumière,
comme le peintre Georges de la Tour l’a si bien évoqué,
c’est un enfant.
Ce n’est pas nous qui allons l’éclairer,
c’est Lui qui va nous éclairer.
Sa lumière est si belle, et si profonde
qu’elle illumine toute l’histoire.

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