Samedi
18 février 2006 - Messe en l’honneur de la Vierge Marie
Homélie du frère Antoine-Emmanuel, fmj
«
Laissons-nous émerveiller » - Marc 9, 2-13
Il faut savoir s’arrêter.
Il faut savoir prendre du temps pour soi,
c'est-à-dire prendre du temps avec Dieu,
pour Dieu seul.
C’est ce à quoi nous invite l’Évangile de ce jour.
Il n’y a aujourd’hui ni guérison,
ni exorcisme,
ni discussion.
Aujourd’hui, Jésus nous invite
à monter avec Lui sur la montagne « pour prier
». (cf Lc 9, 28)
Il n’y a rien d’autre à « faire » que prier,
avec Jésus,
dans le grand silence de la nuit,
sur les hauteurs de cette grande montagne
qui pourrait être l’imposant Mont Hermon
dont la majesté évoque l’antique Sinaï de Moïse,
le grand Horeb d’Élie.
Laissons-nous donc conduire par Jésus
vers ce haut-lieu de la prière qui est notre cœur.
C’est un sommet que l’on atteint
en descendant très profond,
bien au-deçà du cœur sensible,
en dépassant nos raisonnements et nos émotions
pour rejoindre la « tente de la rencontre »
qui est bien là, toujours là, au cœur de notre cœur.
Jésus nous y guide.
Seul Jésus peut nous y guider
et nous y faire entrer,
comme il le fait en ce moment.
Que se passe-t-il aujourd’hui
sur cette « sainte Montagne » ? (cf 2 Pi
1, 18)
Une double expérience,
une double grâce.
La première est de pouvoir poser notre regard
sur la beauté de Jésus transfiguré.
Il est là,
avec nous,
devant nous,
rayonnant de lumière dans le silence de la nuit.
Son vêtement est d’une blancheur inouïe.
(cf Mc 8, 3)
« Son visage, précise saint Matthieu,
resplendit comme le soleil. » (Mt 17, 2)
Il nous faut aujourd’hui goûter, savourer
cette beauté du Christ de Lumière.
Il nous faut respirer cette beauté,
la laisser ré-oxygéner tout notre être.
Que cette splendeur de Jésus
s’imprime dans notre mémoire !
Nous laissons cette lumière « thaborique »,
comme disent les Pères,
s’inscrire en arrière fond
du visage douloureux de Jésus outragé,
en arrière fond, en perspective
de toutes les douleurs de ce monde présent.
Il éclaire tout,
Il illumine tout,
Il attire tout à Lui.
Laissons-nous émerveiller,
car il n’y a rien de plus beau
que ce visage resplendissant comme le soleil.
Voilà « l’image et la ressemblance » de Dieu
portée à son point d’incandescence ;
Soleil d’Amour et de Joie
qui ranime l’espérance :
oui, la beauté accomplie de l’homme, de la femme
n’est pas dans le Paradis perdu
mais elle est la perspective de notre route,
de notre vie sauvée par la Croix de Jésus.
*
* *
La
« Sainte Montagne » de la prière
est aussi le lieu d’une autre expérience :
dans nos inquiétudes et nos doutes
résonne aujourd’hui une voix
qui nous établi sur le roc de la confiance :
la voix du Père Lui-même,
qui nous dit,
à tous et à chacun personnellement :
« Celui-ci est mon Fils bien-aimé; écoutez-Le !
» (Mc 9, 7)
Le Père Lui-même
nous met dans la confiance,
et nous enseigne
que tout ce que Jésus nous a dit et nous dira,
voilà ce qu’il nous faut écouter,
voilà ce qui sauve, édifie et embellit notre vie.
Par delà tous les vents contraires
des mythes et des rationalismes sceptiques,
des « fables sophistiquées »
et des nihilismes désabusés (cf 2 Pi 1,
16)
la vérité est là : Jésus.
Il est « la Vérité ». (cf
Jn 14, 6)
Sa parole est vérité.
Le Père Lui-même nous invite à l’écoute,
une écoute confiante et pleine d’amour :
« Écoutez et vous vivrez ». (Is
55, 3)
*
* *
La
Beauté du Christ,
La Vérité du Christ,
voilà ce que la prière nous redonne.
Nous respirons Sa beauté,
nous accueillons Sa vérité.
Inutile en ce moment de nous agiter
et de vouloir construire des tentes :
c’est le Seigneur qui agit,
c’est Lui qui construit,
c’est Lui qui nous fait demeurer dans la nuée :
(cf Mc 9, 7)
L’Esprit agit avec puissance
dans le secret et le silence de la prière,
et nous Le laissons agir.
* * *
La prière, et plus que toute autre prière,
l’Eucharistie, nous fait communier à Jésus
selon son propre désir :
« Père, je leur ai fait connaître ton Nom et je le
leur ferai connaître
pour que l’amour dont Tu M’as aimé soit en eux et Moi en eux.
» (Jn 17, 26)
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de Jérusalem