logoMercredi 22 février 2006 - Chaire de Saint Pierre, apôtre
Homélie du frère Antoine-Emmanuel, fmj

« Le roc de la foi en Jésus » - Matthieu 16, 13-19


L’Évangile de cette fête
nous montre deux regards sur Jésus.
Le regard des gens, regard de la chair,
et le regard de Pierre, regard inspiré par le Père.

Le premier regard voit en Jésus un prophète,
c'est-à-dire un homme inspiré qui parle au nom de Dieu.
Le deuxième regard reconnaît en Jésus
beaucoup plus qu’un prophète,
infiniment plus qu’un prophète :
il reconnaît en Jésus le Messie, le Fils du Père.

* * *

Frères et sœurs, l’un et l’autre regards
subsistent dans l’histoire.
Il y a aujourd’hui beaucoup d’hommes et de femmes,
beaucoup de baptisés même,
qui ne voient en Jésus qu’un prophète.
Il y a aussi nombre d’hommes et de femmes
qui professent la foi de Pierre,
la foi de l’Église,
 qui adore en Jésus le Fils de Dieu, Dieu né de Dieu,
venu en notre chair pour nous sauver.

La mission merveilleuse de Pierre,
la mission de l’Église,
c’est de tenir vivante la flamme de la foi véritable.
C’est une mission de charité inouïe
qui consiste à tendre la main
à tous ceux qui ne connaissent pas Jésus
pour qu’ils découvrent ou redécouvrent
son véritable mystère qui est notre salut.

* * *

Dans cette lumière,
nous pouvons rendre grâce aujourd’hui au Père
pour l’Église de Jésus.

Il y a un mystère de l’Église qui est tel,
que lorsque tout passe dans l’histoire,
lorsque tout tremble ou tout vacille,
L’Église demeure.

* * *

Jésus nous le dit aujourd’hui de deux manières.
Tout d'abord, lorsque Pierre confesse sa foi
en Jésus Messie et Fils de Dieu,
Jésus lui dit qu’il est « roc ».    (Mt 16, 18)
Or Pierre est fragile, très fragile,
et dans un instant,
il va se mettre en travers du chemin de Jésus.
Mais par sa foi il est roc.
Il peut errer, il peut céder
mais par sa foi en Jésus Sauveur, Bien-aimé du Père,
il ne tombera pas dans les ténèbres.    (cf Lc 22, 32)

Voilà le mystère de l’Église :
construite sur un grand Rocher inébranlable,
elle peut subir tous les assauts des ténèbres
– Pierre lui-même peut renier et nous comme lui –
mais en croyant en Jésus Christ, Fils du Père,
les Puissances des Enfers ne pourront jamais prévaloir.
Il y a dans l’Église quelque chose d’inébranlable
qui est dans son attachement, dans sa foi,
en Jésus mort et ressuscité,
vainqueur en chaque instant de l’histoire
de toute mort et de toutes ténèbres.
Les flots du temps,
les flots de l’histoire aussi tourmentée qu’elle puisse être,
ne pourront jamais renverser
celle qui est bâtie sur le roc !

* * *

Jésus nous parle ensuite du mystère de l’Église
d’une autre manière :
à Pierre, il remet les clefs du Royaume,
à Pierre, il confie le pouvoir de lier et de délier :
« quoi que tu lies sur la terre,
ce sera tenu dans les cieux pour lié,
et quoi que tu délies sur la terre,
ce sera tenu dans les cieux pour délié ».    (Mt 16, 19)
En d’autre termes, quand,
animée par la foi en Jésus Sauveur et Fils de Dieu,
l’Église nous accueille en son sein,
quand ici-bas sur la terre
elle nous délie au nom de Jésus
- par le baptême -
du pouvoir des ténèbres,
nous sommes déjà admis dans la communion céleste !
L’Église dans sa réalité terrestre, humaine, charnelle,
dispose pour nous d’un trésor d’éternité.
Quelle merveille ! …
Le trésor de la Miséricorde éternelle du Père,
Jésus l’a ouvert pour nous,
et l’a confié à l’Église pour que nous l’ayons à portée de main !

* * *

Frères et sœurs,
il nous faut revenir sans cesse
à ces paroles de Jésus.
C’est Jésus lui-même qui nous donne
et nous redonne confiance en l’Église,
quelques soient les manquements de ses membres.
C’est Jésus lui-même,
qui mieux que quiconque nous parle de « son Église »
et nous donne de nous émerveiller devant elle.    (cf Mt 16, 18)
Tout peut vaciller et trembler dans l’histoire,
l’Église tient et tiendra
sur ce grand roc de la foi en Jésus.
Et non seulement elle tiendra,
mais elle continuera à nous donner déjà le Ciel.
Voilà qui est pour nous tous
une grande rassurance,
une grande espérance,
une grande joie
en face des vicissitudes de nos vies
et des bouleversements sociaux et moraux de notre temps.
Jamais l’Époux n’abandonnera l’Épouse
parce que sur la croix,
il l’a définitivement épousée;
Il l’a épousée comme elle est
pour le temps et pour l’éternité,
et il a déposée en elle
toute la puissance de sa Résurrection !


Père, en cette Eucharistie,
nous te bénissons,
nous t’adorons,
nous te rendons grâce
pour le don incomparable de l’Église !

Amen

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