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Homélie du père Gérard Busque, s.s.s.

« La douceur de bénir » - Matthieu, 5, 20-26


Dans cet extrait de l’évangile de Saint Matthieu, nous voyons comment Jésus vient « accomplir  » la Loi en  nous appelant à la dépasser. Il faut que «  votre justice surpasse celle des scribes et des pharisiens »

Comme toujours, Jésus  illustre immédiatement la leçon abstraite. Partant d’un commandement au sommet : «  tu ne tueras pas », il descend jusqu’à nos colères et nos animosités : éviter les éclats de colère,  ne pas verser dans l’insulte, ne pas se laisser aller à la malédiction. Chercher promptement à se réconcilier.

Comme tout cela est réaliste !
Si le mal n'est pas freiné, attaqué, éradiqué à la racine,
il va grandir, s'étendre, proliférer.
La colère ressentie et consentie poussera à l'insulte ;
l'insulte proférée, appelant sans doute une riposte,
poussera à la malédiction.
Et la malédiction, une fois lancée, conduira peut-être à l'affrontement irréparable !
Que sert alors de punir le meurtre ?
Il eut été préférable de l'éviter !
 
En d'autres termes, aux yeux de Jésus,
il ne suffit pas de limiter les grandes conséquences du mal ;
il faut l'empêcher de s'étendre
en visant d'abord à la conversion profonde du cœur,
des lèvres et de l'intention.

J’ai trouvé une jolie prière pour apaiser les tumultes de notre cœur lorsqu’il est tenté d’être peu fraternel : Seigneur, apprends-moi la douceur de penser du bien.

Dans les conversations, nous avons plus facilement tendance à dire du mal que du bien. Ou, plus perfidement, d’aligner les éloges pour introduire un très méchant « mais ».
Elle a vraiment beaucoup de qualités mais…
Sans nous être mis en colère, nous avons tout de même démoli quelqu’un.
En fait, nous le démolissons déjà dans nos pensées. C’est là que tout se joue.

Penser du bien de quelqu’un, sans aucun bémol , ce n’est pas courant.
Pourtant, quelle douceur à découvrir !
Oui quelle douceur il y a à penser du bien de quelqu’un et le bénir dans son cœur plutôt que de toujours critiquer,  chialer contre tous et contre tout.
Il y a quelques années, une femme de Sherbrooke a découvert cette douceur, cette joie  qui envahit le cœur quand une personne s’habitue à penser du bien des autres, s’habitue à les bénir dans son cœur . Elle en est devenue tellement convaincue qu’elle a commencé à donner des conférences uniquement sur les bienfaits de bénir plutôt que de maudire. J’ai écouté une de ces conférences.
Elle m’a fait redécouvrir à la suite de Jésus qu’en apprenant à bénir les personnes, la vie, Dieu, d’abord dans notre cœur, notre intérieur devient un beau lac de haute montagne, tranquille et pur.

Ce n’est pas facile de se maintenir dans un tel état de pensées bienveillantes. 
Jésus nous offre l’aide de son Esprit pour qu’il nous apprenne
à ne pas laisser la colère habiter notre cœur,
à la déloger le plus tôt possible quand nous en prenons conscience
et à faire jaillir en nous la bénédiction, l’action de grâce en toutes circonstances.

De notre cœur ainsi converti, sortira, tout naturellement de bons sourires, des paroles et des comportements fraternels.

Pour nous encourager à acquérir cette constante bienveillance, pensons que tout le monde aimera vivre près de nous!

Dans notre eucharistie ce soir, bénissons Dieu, le Père de toute bénédiction pour Jésus qui nous apprend patiemment à arracher le mal à sa racine, dans notre cœur
Qui nous apprend la douceur de penser du bien, de dire du bien des autres
Qui nous donne son Esprit pour transformer peu à peu notre cœur, notre intérieur en oasis de douceur et de paix.

Amen

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