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Fraternités de Jérusalem - Montréal                                
Sanctuaire du Saint-Sacrement
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«En choissisant de prier au coeur des villes,
tu veux signifier que ta vie est au coeur de Dieu. »

Livre de vie de Jérusalem




Homélie du frère Antoine-Emmanuel, fmj
Samedi 23 décembre 2006 - 3e Semaine de l’Avent C
Luc 1, 57-66

« Dieu fait grâce »

« Non, il s’appellera Jean »    (Lc 1, 60)
Jean et non pas Zacharie.
Le nom de Zacharie vient d’un terme hébreu
qui signifie la mémoire, le mémorial,
auquel a été attaché le Nom de Dieu.
Zacharie signifie donc « Dieu s’est souvenu ».
Dieu s’est souvenu de son peuple,
de son Alliance, de son Amour.

Mais l’enfant qui vient de naître,
s'il est bien fils de Zacharie,
don de Dieu qui se souvient de son amour,
porte cependant un nom nouveau :
Iohannan, qui signifie « Dieu fait grâce »
ou encore « grâce de Dieu ».
C’est le nom de Jean-Baptiste,
et c’est donc sa vocation,
une vocation qui manifeste
la toute nouveauté de l’initiative de Dieu.
Dieu se souvient
et ce souvenir le conduit à faire grâce.
La vie même de Jean Baptiste
annonce la nouveauté de la grâce.
Elle oriente notre regard vers le Salut qui vient,
vers le Messie.

Avec Jean-Baptiste « sonnent les cloches »
qui annoncent que Dieu fait grâce
et que cette grâce est toute entière
dans la personne du Messie Jésus !

« Et soudain viendra dans son Temple
Celui que vous cherchez,
– écrit le prophète Malachie –
le messager de l’Alliance que vous désirez ».    (Ml 3, 1)
La naissance de Jean nous dit aujourd’hui
que la naissance du Sauveur est imminente.
D’un instant à l’autre, Dieu Lui-même
va entrer dans le temple,
le temple de notre humanité,
et il va nous offrir l’alliance,
et ce sera une grâce toute nouvelle.

* * *

Mais Malachie en nous annonçant dans ce texte
la venue du précurseur puis celle du Seigneur
est loin de nous bercer d’illusions !
Son oracle prophétique s’adresse
à des prêtres infidèles et trompeurs,
à qui il annonce que cette venue de Dieu
sera semblable à un feu qui brûlera toutes impuretés.
« Il purifiera les fils de Lévi
et les affinera comme or et argent.
Ainsi pourront-ils, aux yeux du Seigneur,
présenter l’offrande en toute justice. »    (Ma 3,3)

* * *

Alors quelle est donc l’heure
que sonne la présence de Jean :
celle de la grâce ou celle du feu ?

Elle est celle de la grâce parce qu’elle est celle du feu.

La bouleversante humilité de Dieu
qui vient se déployer de la crèche à la croix,
des langes de Bethléem aux linges du sépulcre
est un véritable feu.

Nul ne peut s’en approcher
sans que toute forme de peur ou d’orgueil
en soit consumé.
Un feu d’Amour, un « soleil de justice
qui brillera avec la guérison dans ses rayons ».    (Ma 3, 20)
Que Dieu vienne à nous
dans la fragilité d’un enfant
voilà qui nous désarçonne
et qui consume toutes nos images d’un dieu
qui aurait la puissance d’un général ou d’un magicien.
La fragilité de Dieu désarme toute peur.

Nous approchons de la crèche
en entrant dans un monde d’humilité,
de pauvreté, de faiblesse et même de nuit.

Ainsi, comme on doit s’habituer à l’obscurité
quand on quitte des lumières éblouissantes,
ainsi nous faut-il d’ici à Noël
nous défaire de ce qui brille,
de ce qui éblouit,
du clinquant et du brillant
pour habituer le regard de notre cœur
à bien distinguer ce qui se passe
là où toute la lumière est intérieure.
Car à Noël, tout comme en l’Eucharistie,
tout est intérieur,
le feu y est intérieur.
Tout y est présence,
et tout y est don.


 © Communion de Jérusalem - 13 janvier 2007