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Fraternités
de Jérusalem - Montréal
Sanctuaire
du Saint-Sacrement
500, Mont-Royal Est,
Montréal,
Qc, Canada, H2J 1W5
«En choisissant
de prier au coeur des villes,
tu veux signifier que
ta vie est au coeur de Dieu.
»
Livre de vie de Jérusalem
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Marie, Tabernacle du
Mystère de Dieu
Samedi 16 juin 2007 - Cœur Immaculé de Marie –
Année C
2 Co 5, 14-21 ; Ps 102 ; Lc 2, 41-51
Homélie de frère Antoine-Emmanuel, fmj
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Nous sommes quelque part sur la route empierrée
qui monte vers Jérusalem.
La fête de Pâques – Pesah – est toute proche,
aussi la route est-elle très fréquentée par les
pèlerins
qui cheminent vers la ville sainte.
Les collines du désert de Juda,
de part et d’autre de la route,
sont habillées par un fin tapis de petites fleurs,
petit miracle printanier du désert !
Parmi les visages – de toutes les générations –
qui marchent et prient les psaumes des montées,
il y a Iousef et Myriam, tous deux de Galilée
et, là, proche d’eux,
un enfant, leur enfant de 12 ans.
Il marche, il chante, il joue, il prie et, il danse peut-être !
Et, pour un moment, nous arrêtons notre regard
sur ce jeune adolescent, Ieoshuah, Jésus,
qui atteint l’âge de la Bar Mitzvah
où il sera pleinement fils du
précepte,
pleinement intégré au peuple d’Israël.
Il est semblable, absolument semblable,
à tous les enfants qui pèlerinent avec leur famille.
Mais regardons-le ;
regardons-le avec les yeux de notre cœur ;
regardons-le jusqu’à ce que commence à parler en nous
l’Esprit qui habite en nous ;
l’Esprit qui nous conduit à
la vérité toute entière (Jn 16,13).
Ce peut être aujourd’hui,
ce peut être maintenant,
que l’onction intérieure de l’Esprit Saint
nous dévoile ce dont aucun livre
ne saurait par lui-même nous convaincre,
ce qui n’est jamais monté au cœur de l’homme :
Cet Enfant, ce jeune Ieoshuah,
est ton Dieu.
Ton Seigneur et ton Dieu (cf Jn 20,28).
Pleinement enfant de notre race humaine
qui marche, chante, joue et prie… et danse peut-être.
Et pleinement Fils de Dieu,
Dieu né de Dieu,
Dieu qui s’est dépouillé,
qui s’est abaissé
par amour pour toi !
*
Cela les autres pèlerins ne le savent pas.
Sauf Joseph ;
sauf Marie surtout.
Marie depuis l’Annonciation
porte le Mystère dans son cœur.
Il sera grand,
il sera
appelé fils du Très Haut (Lc 1,32)
lui avait dit l’Ange ;
Celui qui va
naître sera saint,
il sera
appelé Fils de Dieu (Lc 1,35).
Ce que l’Esprit nous enseigne intérieurement,
Marie le sait jusque dans sa chair,
parce qu’elle a enfanté dans sa virginité.
Elle porte en elle ce mystère.
Mais ce mystère la dépasse.
La preuve en est dans une autre scène
sur cette même route empierrée du désert de Juda.
Une bonne semaine plus tard,
les mêmes pèlerins redescendent la même route
après avoir célébré la Pâques.
Leur Alyah est accomplie
et ils s’en retournent chez eux
le cœur riche de tout ce qu’ils ont vécu.
Iousef et Myriam, Joseph et Marie,
descendent eux aussi.
Ils savent – ils croient savoir – où est Jésus :
certainement dans la caravane,
faisant route avec des parents ou des connaissances.
Ils croient savoir…
Mais ils découvrent au soir d’une bonne journée de marche
que Jésus n’est pas là.
Jésus n’est pas là où tu le penses.
Jésus n’est pas dans la caravane de tes certitudes.
Il est au-delà de ce que tu sais,
de ce que tu crois.
Le pèlerinage à Jérusalem,
il est en train de le continuer.
Il ouvre une route nouvelle vers le Père.
Ne savez-vous pas
que je dois
être chez mon Père ? (Lc 2, 49)
Jésus est en train d’ouvrir cet horizon clos
qui jusque-là nous tenait loin de l’Amour du Père.
C’est pour toi, c’est pour moi,
que Jésus est resté trois jours à Jérusalem.
Trois jours pour passer de ce monde au Père.
En désir à l’âge de 12 ans.
En acte, en offrande totale de soi, à l’âge de 33 ans.
Jésus savait – Jésus sait –
combien nous sommes orphelins de père.
Il sait combien notre manque de paternité
est une blessure
qui ne cesse pas de saigner dans nos cœurs.
Alors il s’est offert dans un infini sacrifice d’amour
pour que nous soyons avec lui enfants
du Père !
Et nous le sommes !
(1 Jn 3,1)
Enfants bien-aimés du Père,
Enfants tant aimés !
*
Voilà ce que Marie garde dans son cœur
Sa mère, écrit Saint Luc,
gardait dans son
cœur
tous ces
événements. (Lc 2,51).
En son cœur, Marie compose petit à petit
la mosaïque du grand mystère de son enfant
qui est le Fils éternel du Père !
Le cœur de Marie est un cœur qui n’oublie pas.
Elle ne perd pas le souvenir de Dieu,
comme nous qui nous laissons sans cesse
séduire par ce qui n’est pas Dieu.
Elle garde la mémoire de Dieu et de ses merveilles.
C’est cela son cœur immaculé.
C’est un cœur ouvert à la grâce
qui se laisse sans cesse visiter
pour être à chaque instant
de manière nouvelle, la Pleine de grâces ; (Lc 1, 28)
Elle qui a été enveloppée du manteau de
l’Innocence,
– c’est sa conception immaculée –,
elle qui a été revêtue des vêtements du Salut
(cf Is 61,10)
et qui en tressaille de joie.
Son cœur qui n’oublie pas
est un cœur qui exulte.
Son cœur est un jardin
où germent la justice et la
louange
pour reprendre les paroles d’Isaïe (Is 61,11).
*
L’Église, qui nous conduit merveilleusement
au cœur des mystères de Dieu,
nous fait chanter aujourd’hui le cantique d’Anne,
cette maman comblée parce que de son sein stérile
est né le petit Samuel
dont le nom signifie « Dieu écoute ».
N’est-ce pas pour nous dire que le cœur de Marie
exulte en sa maternité ?
Son cœur exulte
quand elle nous reçoit comme ses enfants.
Dans l’aujourd’hui de Dieu du Mystère pascal,
c’est bien maintenant
que Jésus crucifié et glorifié dit à sa
Mère :
Femme, voici ton
fils (Jn 19,26)
Femme, voici tes enfants.
Et Marie de chanter en nous accueillant comme ses enfants:
Mon âme
exalte le Seigneur
Mon esprit exulte
en Dieu mon Sauveur (Lc 1,46-47).
il a
renversé les puissants de leurs trônes,
il a
élevé les humbles (Lc 1,52).
Oui, pour autant que nos cœurs restent humbles,
nous sommes,
nous serons élevés dans le cœur de Jésus,
unis au cœur de Marie,
que Jésus nous donne aujourd’hui comme Mère
et nous en tressaillirons de joie,
nos cœurs exulteront.
C’est une telle joie de découvrir
la maternité si discrète et si belle de Marie et de
l'Église!
*
Père de tendresse, nous te bénissons
pour ce chef-d’œuvre de l’Esprit Saint
qu’est le Cœur immaculée de Marie ;
nous te bénissons pour ce cœur fidèle
qui garde mémoire de tes merveilles ;
pour ce cœur de louange
qui t’adore et te chante ;
pour ce cœur maternel
qui accueille, console et conduit à Jésus
tous tes enfants de la Terre et du Ciel.
Fais que notre cœur, à chacun de nous,
devienne un semblable jardin
où germent la justice et la louange.
La justice qui t’obéit dans l’amour,
la louange qui te chante dans la joie.
Que fleurisse le désert de nos cœurs.
Qu’avec Marie il devienne une source
pour les pauvres d’espérance de notre temps.
Amen.
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©
Communion de Jérusalem - 19 juin
2007
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