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Fraternités de Jérusalem - Montréal                                
Sanctuaire du Saint-Sacrement
500, Mont-Royal Est, Montréal, Qc, Canada, H2J 1W5

«En choissisant de prier au coeur des villes,
tu veux signifier que ta vie est au coeur de Dieu. »

Livre de vie de Jérusalem




Homélie du frère Antoine-Emmanuel, fmj
Samedi 28 octobre 2006, Saints Jude et Simon, apôtres

Luc 6, 12-19

Chrysoprase et Hyacinthe

Dans sa grande vision de la « Cité Sainte »,
de la Jérusalem qui « descend de chez Dieu »    (Ap 21, 10)
Jean nous dit avoir vu les remparts de la ville
et nous les décrit.
Les remparts, nous le savons,
c’est ce qui assure la sécurité et l’unité d’une ville.
Jean voit ces remparts de jaspe
qui entourent la ville qui est
« de l’or pur, comme du cristal bien pur ».    (Ap 21, 18)
Ces remparts reposent sur douze assises
qui sont rehaussées de pierres précieuses
comme la chrysoprase ou l’hyacinthe.
Jean note aussi un détail étonnant :
les douze assises portent chacune un nom :
celui de l'un des « douze Apôtres de l’Agneau ».    (Ap 21, 14)

C’est dire que dans le don de Dieu
qu’est la Jérusalem céleste,
dans ce don de la Cité éternelle,
dans ce don d’une éternelle communion,
les douze Apôtres de Jésus ont un rôle majeur.
Ils font partie de ce don,
ils appartiennent à ces assises.

Voilà qui nous fait déjà pressentir
ce que nous verrons – par grâce – au Ciel ;
nous y verrons les douze Apôtres de Jésus
serviteurs éminents,
c'est-à-dire serviteurs éminemment donnés,
de l’Amour qui nous unira dans le Cœur de Dieu.
Nous les verrons livrés de manière extraordinaire
à la communion éternelle,
à la danse, à la fête, à la joie du Ciel.

De cela nous avons un autre écho
cette fois de la bouche même de Jésus,
quand il annonce aux Douze
qu’Ils siègeront sur douze trônes
pour juger les douze tribus d’Israël.    (Mt 19, 28)
Siéger sur un trône en langage évangélique
veut dire servir dans un don de soi
uni à celui de Jésus.
Les Douze seront donc serviteurs
de l’entrée des enfants d’Israël
dans la Lumière éternelle de Dieu,
serviteurs du jugement divin
qui est l’offre du Salut par la Croix de Jésus.

Voilà donc deux textes
qui nous disent le rôle inouïe dans le ciel
de ces douze juifs du premier siècle
qui commencèrent leur chemin terrestre
comme de simples pêcheurs ou collecteur d’impôt !

Leur rôle inouïe et donc leur bonheur infini dans le ciel.

Et pourtant ils étaient bien humains, si humains !
Bien sûr ils ont bénéficié
d’un stage de formation intensif
auprès du Verbe fait chair pendant 3 années.
Mais à l’heure de la croix, tous ont déserté !
Leur ministère, leur prédication et jusque leur martyr
sont le fruit extraordinaire
de l’Esprit Saint répandu en eux
par leur Maître glorifié.

Quelle est grande la fécondité de l’œuvre divine
quand une vie s’y ouvre.
La chenille qui devient papillon,
ou même la graine de sénevé
qui devient un grand arbre,
que sont-elles devant cette puissance de la grâce
qui agit dans nos vies ?

Aujourd’hui nous voulons le regarder et le proclamer
en contemplant deux des Douze : Simon et Jude !

Ils sont tellement humains, tellement comme nous,
que l’on ne sait presque rien d’eux,
tout au moins de source évangélique.
Simon est le « cananéen » pour Mathieu et Marc.
« qana » signifie « être jaloux, passionné ».
Simon est un passionné pour le Seigneur,
pour la gloire, pour son alliance.
Luc le nomme le « zélote »
du nom du mouvement de ces hommes
zélés pour le Seigneur
qui voulaient chasser les Romains au plus vite
et établir, au prix de la violence, le Royaume d’Israël.

Jude est appelé « fils de Jacques » par Saint Luc.
Mais Matthieu et Marc
lui donnent un autre nom : Thaddée.
Si l’un s’en tien à l’origine araméenne de ce nom,
‘Thaddée’ viendrait de ‘taddà’ qui signifie ‘poitrine’.
Jude-Thaddée serait alors l’apôtre magnanime,
doux, bon, patient, ce qui lui vaut, je crois,
la dévotion extraordinaire que beaucoup ont eu
et ont pour lui à commencer par Saint Bernard !


Frères et sœurs, si nous laissons parler ainsi
les noms de Jude et de Simon,
nous avons un passionné et un magnanime,
un violent et un doux !
Quelle merveilleuse diversité !
Mais aussi quel espérance pour nous !
Qu’importe notre tempérament !
Qu’importe notre nature !
Qu’importent nos fragilités !
Là où l’Esprit passe, la sainteté germe et fleurit.
Ce qui compte c’est de consentir
à la brisure du cœur
comme le firent les Douze
au lendemain du Golgotha
et de laisser entrer la grâce
dans les failles de notre humanité
nécessairement fragile.

Nous avons tous nos misères
mais le Ciel est pour nous !
L’un sera passionné, irascible peut-être,
l’autre sera lent, placide peut-être
mais si l’on ne résiste pas à l’Amour de Dieu,
tout est transformé en nous
et les portes de la Jérusalem céleste
s’ouvriront toutes grandes pour nous !
Le nom de Simon est inscrit sur l’assise de chrysoprase.
Le nom de Jude sur celle de hyacinthe.
Et le nôtre ?
Il est déjà inscrit dans les cieux !    (cf Lc 10, 20)
Est-il inscrit près de l’assise de jaspe,
de saphir, de calcédoine, d’émeraude ?
Il nous faut attendre encore un peu pour le découvrir.
Il faut surtout y croire et le désirer de tout notre cœur.
Il faut même y œuvrer en nous ouvrant déjà
au Ciel qui se lève sur la Terre
qui est l’Eucharistie de Jésus.


 © Communion de Jérusalem - 6 novembre 2006