Padre Pio : « un coeur qui est une
bonne terre ».
Le Seigneur nous donne aujourd’hui
pour compagnon de route un grand saint
qui a marqué notre génération
bien au-delà des frontières de l’Italie.
Padre Pio.
Avec lui relisons aujourd’hui
la Parabole du semeur.
Auquel des terrains mentionnés par Jésus
ressemblait le cœur de Padre Pio ?
Son cœur aurait pu être semblable au bord du chemin
où rien ne peut germer :
combien de fois en effet le diable
a-t-il voulu enlever la Parole de Dieu
du cœur de Padre Pio ?
Nous savons qu’il mena de terribles combats spirituels
quand « l’ennemi du genre humain »
s’acharnait contre lui
parce qu’il faisait trop de bien aux âmes.
Son cœur aurait pu ressembler au terrain rocailleux
où rien n’arrive à maturité.
De fait Padre Pio connut le feu des épreuves,
Épreuves au sein même de sa communauté,
épreuve terrible quand il lui fut interdit
de célébrer l’Eucharistie en public et de confesser
car son chemin de sainteté
demeurait incompréhensible pour beaucoup.
Son cœur pouvait aussi être encombré d’épines :
ne pouvait-il pas se laisser séduire
par la gloire de ce monde
tant son ministère, une fois réhabilité,
attirait de fidèles tant sa renommée grandissait ?
Et pourtant, jugeant l’arbre à ses fruits,
nous savons que son cœur devint de plus en plus
cette bonne terre dont parle Jésus,
ce cœur « bon et généreux
qui porte du fruit par sa persévérance
» (Lc 8, 15)
Mais quel fut le secret de Padre Pio
pour grandir en sainteté ?
Son secret, nous le savons, fut dans la Croix,
la Croix de Jésus.
Si nous avons du mal à regarder Jésus
dans sa Passion et dans sa mort,
si nous peinons à « regarder Celui que nous avons
transpercé »,
Padre Pio, lui, a vraiment regardé le Crucifié.
Il L’a regardé jusqu’à se laisser attirer par Lui,
jusqu’à se laisser attirer dans l’Amour souffrant,
dans « l’Amour mort »
comme disait une mystique italienne. (Sainte Marie
Madeleine de Pazzi)
La vie de Padre Pio était devenue une messe,
une pleine participation à la Passion de Jésus
par amour pour ce monde dont il voyait l’errance.
« Tu m’as fait monter sur la croix de ton Fils,
écrit-il dans une prière,
et je m’efforce de m’y adapter autant que je le peux ;
je suis convaincu que je n’en descendrai jamais. »
En 1916, envoyé par ses supérieurs à San Giovanni
Rotondo,
alors qu’il rendait grâce après la communion,
du Crucifix, du Crucifié devenu vivant
partirent des rayons qui vinrent blesser le corps du jeune frère,
« faisant de lui un autre crucifié »
comme le raconte le Père Eusebio, son compagnon.
Sa souffrance fut celle de Jésus,
jusque dans son corps.
« Les stigmatisés ont porté en eux
le signe physique de leur ressemblance
à Jésus dans sa Passion », écrivait
Jean-Paul II.
Il n’y a là rien de doloriste.
C’est l’Amour brûlant de Jésus
qui offre à son disciple aimant et fidèle
la grâce inouïe de participer,
jusque dans son corps,
à sa Passion qui est aussi sa glorification.
Parlant de Saint François d’Assise,
premier stigmatisé de l’histoire chrétienne,
Saint Jean de la Croix s’exprime ainsi :
« François reçut en son âme une blessure
d’amour,
blessure qui apparut à l’extérieur
sous la forme de cinq plaies à même son corps
de telle manière que la blessure de l’âme
se trouvait en quelque sorte reproduite dans ses membres ».
Ces quelques lignes sont très précieuses,
parce que Jean de la Croix nous fait comprendre
que les stigmates sont avant tout intérieures.
Les blessures du corps sont le sceau
d’une réalité très profonde vécue au
profond du cœur.
Jésus ressuscité offrait donc à Padre Pio
de participer à sa Passion,
d’abord en son âme,
puis, comme en confirmation,
en son corps.
La souffrance de Padre Pio
est donc une souffrance rédemptrice,
une souffrance d’amour en vue de donner la vie,
une souffrance pour enfanter un monde nouveau.
Padre Pio non seulement regardait le Crucifié,
mais Lui était intimement uni,
et c’est bien cela qui ne cessait de purifier
et de fortifier son cœur en face des tentations,
des épreuves, et des séductions de ce monde.
Oui, c’est par la Croix victorieuse de Jésus
que l’ennemi est vaincu en nous ;
C’est par la Croix aimante de Jésus
que nous pouvons traverser les épreuves ;
c’est par la Croix glorieuse de Jésus
que nous résistons aux séductions mondaines.
La Croix est comme la houe qu’emploie de divin Jardinier
pour nettoyer sa terre.
Et nous sommes cette terre !
C’est ainsi que la Parole de Dieu
trouvait en Padre Pio la « bonne terre »
dont parle l’Évangile,
et la vie de Padre Pio put ainsi devenir elle-même
une Parole,
une Parole que Dieu adresse à notre temps,
nous invitant à lever les yeux vers Jésus
crucifié,
à offrir notre vie avec Lui,
à faire de notre vie une messe.
Saint Padre Pio da Pietrelcina,
prie pour nous !
Que notre cœur
purifié par la Croix de Jésus
devienne un cœur
bon et généreux
qui porte du fruit
dans la persévérance.