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Fraternités
de Jérusalem - Montréal
Sanctuaire
du Saint-Sacrement
500, Mont-Royal Est,
Montréal,
Qc, Canada, H2J 1W5
«En choisissant
de prier au coeur des villes,
tu veux signifier que
ta vie est au coeur de Dieu.
»
Livre de vie de Jérusalem
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« Je voudrais que
vous soyez simples avec le Bon Dieu… »
Dimanche 27 juillet 2007 - 17e Semaine du T. ord. – Année C
Gn 18, 20-32 ; Ps 137 ; Col 2, 12-14 ; Lc 11, 1-13
Homélie de frère Antoine-Emmanuel, fmj
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Quel étonnant dialogue entre Abraham et le Seigneur !
Abraham, dit la Genèse s’approcha
du Seigneur (Gn 18,23).
Il s’approcha.
Il entre dans son premier dialogue avec le Dieu de l’Alliance.
Un dialogue où il sonde le cœur de Dieu.
Il veut découvrir le visage de ce Dieu qui l’a appelé
et qui désormais marche avec lui.
Qui es-tu, toi qui fais route avec nous ?
Et tout particulièrement, qui es-tu et que fais-tu en face de
notre péché,
en face du mal qui va jusqu’à s’emparer de toute une ville ou
presque ?
Vas-tu supprimer le juste avec le pécheur ?
Frères et sœurs, il y a dans ce dialogue entre Dieu et Abraham
quelque chose qu’il nous faut contempler.
C’est la simplicité d’Abraham, mieux la familiarité.
Abraham est entré dans l’Alliance.
Il n'est pas resté hésitant et inquiet à la porte
de l'Alliance.
Il y est entré franchement, pleinement,
et cela lui donne vis-à-vis de Dieu une simplicité, une
familiarité étonnantes.
Peut-être y a-t-il 50 justes dans la ville,
vas-tu vraiment les faire périr ?
Peut-être sur les 50 en manquera-t-il 5 ?
Peut-être en trouvera-t-on seulement 40 ?
Peut-être 30 ?
Peut-être 10 ?
Ces demandes d'Abraham traduisent
une spontanéité extraordinaire vis-à-vis de Dieu,
une confiance inouïe marquée d'un grand respect.
Pas de peur, pas d'angoisse, la seule simplicité.
Et Dieu rejette-t-il cette simplicité ?
Non, tout au contraire,
il se laisse interroger pas son « ami »
et cède au « marchandage » qu’il lui propose.
Dieu se plaît à révéler son visage.
Il n’est pas jaloux de son mystère et de sa sainteté,
il livre à son ami le fond secret de son être divin :
sa miséricorde,
sa miséricorde qui est en lui infinie,
et, en nous, aussi grande que nous savons l’accueillir.
*
Frères et sœurs, cette simplicité
à l’égard du Père des miséricordes,
Jésus lui-même voudrait aujourd’hui nous l’enseigner.
L'évangile de ce jour est un appel pressant
à entrer dans une grande confiance vis-à-vis de Dieu.
Certains craignent de déranger le Bon Dieu.
Jésus leur dit : demandez,
vous obtiendrez (Lc 11,9).
D'autres hésitent à importuner leur Seigneur.
Jésus leur enseigne : cherchez,
vous trouverez,
frappez, la porte
vous sera ouverte. (id.)
Frères et sœurs, n'hésitons jamais, oui, jamais,
à frapper à la porte du cœur de Dieu.
Ce n'est pas à un Dieu lointain, hautain et occupé
que nous nous adressons,
mais à un Père qui est infiniment proche de nous
puisque c’est en lui que nous avons
la vie, le
mouvement et l’être (Ac 17,28).
Il y a un ritualisme, un légalisme
qui finalement finissent par mettre Dieu à distance,
et cela par ignorance,
par peur sinon par calcul.
Non, Dieu se réjouit de nos demandes,
il se plaît à accueillir notre simplicité à
son égard.
C'est « la voie de la confiance pure et amoureuse »
que la petite Thérèse nous enseigne si bien.
Dans une de ses dernières lettres écrite (à
l’abbé Bellière)
elle a ces mots : Je voudrais
que vous soyez simples avec le Bon Dieu (Lt 261).
Elle explique cela à Céline, sa sœur :
Notre
Bien-aimé n’a pas besoin de nos belles pensées,
de nos œuvres
éclatantes.
S’il veut des
pensées sublimes,
n’a-t-il pas ses
anges, ses légions d’esprits célestes
dont la science
surpasse infiniment celle des
plus grands génies de notre triste terre.
Ce ne sont pas
l'esprit et les talents que
Jésus est venu chercher ici-bas.
Il ne s'est fait la
fleur des champs qu'afin de
nous montrer combien il
chérit la simplicité. (LT 141)
Jésus chérit notre simplicité.
De fait, a-t-il rejeté l'audace de l'hémorroïsse
venu le toucher au milieu de la foule ?
Non, il l'a guérie.
A-t-il rejeté l'impudicité de la pécheresse
venue étreindre ses pieds,
les ondoyer et les essuyer avec ses cheveux ?
Non, il l'a pardonnée !
A-t-il rejeté le disciple bien-aimé
qui s'est penché sur sa poitrine ?
Non, il l'a aimé et il l'a choisi.
Jésus chérit la simplicité,
et il veut nous faire entrer dans une vraie
simplicité ;
une familiarité – au sens propre du terme – avec le Père.
Aussi nous donne-t-il aujourd'hui
cette petite parabole de l'homme
qui ouvre en pleine nuit
à celui qui le réveille
parce qu'il a été touché par l'impudicité,
le sans-gêne, la simplicité, de son visiteur nocturne.
Jésus nous invite à avoir le même «
sans-gêne »
vis-à-vis du Père.
Le terme grec est parfois traduit par insistance.
Mais ce n'est pas tant d'insistance qu'il s'agit,
mais littéralement d'absence de pudeur.
Oui, notre simplicité touche le Cœur de Dieu
elle réjouit notre Père du Ciel.
Le Bon Dieu ne se
fatigue pas de m'entendre,
confie la petite Thérèse,
lorsque je lui dis
tout simplement mes peines et
mes joies comme s'il ne les
connaissait pas (Ms C, 32v°).
La même Thérèse écrit encore dans ses
manuscrits autobiographiques :
En dehors de
l'Office divin (...),
je n'ai pas le
courage de m'astreindre
à chercher dans les livres de belles prières,
cela me fait mal
à la tête, il y en a tant...
(...) Je dis tout
simplement au Bon Dieu ce que
je veux lui dire, sans faire de belles phrases
et toujours il me
comprend...
Pour moi la
prière, c'est un
élan du cœur,
c'est un simple
regard jeté vers le ciel.
C'est un cri de
reconnaissance et d'amour au
sein de l'épreuve, comme
au sein de la joie. (Ms C, 25v°)
Le Seigneur, en ce jour,
nous invite à nous débarrasser de toutes nos
complications,
nos belles manières, nos calculs dans notre relation avec lui.
De toutes nos complications,
de tous les échafaudages
dont nous avons hérité
où que nous avons bâtis pour nous protéger.
Il n'y a pas besoin de nous protéger contre Dieu,
de garder une distance craintive.
Respecter et honorer Dieu,
c'est respecter et honorer
sa proximité, sa tendresse, sa miséricorde.
C'est s'offrir à son amour, c'est se laisser aimer.
Nous l'avons entendu de la bouche de l'apôtre :
Il nous a
pardonné tous nos péchés (Col 2, 14).
Il nous a
pardonnés...
Nous sommes déjà pardonnés...
Et cet amour fou de Dieu
nous pousse à nous convertir à l'amour.
Notre dette d'amour est immense,
nous qui avons tant reçu et encore si peu donné.
Mais cette dette, le Père l'a annulé.
Il nous a remis notre dette
et Jésus nous invite en ce jour à accueillir
ce don de miséricorde
pour entrer dans la joie de la filiation divine.
Père,
remets-nous notre dette (Lc 11,4).
Le Père veut notre sainteté.
Le Père veut nous donner chaque jour
ce qui nous fait croître dans l'amour,
mais il se plaît à ce que nous le lui demandions
afin que nous découvrions par expérience
sa bonté, sa bonté infinie pour nous.
Si nous qui sommes mauvais
savons donner de bonnes choses à nos enfants,
combien plus le Père du Ciel donnera-t-il
à ses enfants que nous sommes
de bonnes choses ;
combien plus donnera-t-il
ce qu'il y a de plus beau, de plus grand, de meilleur : l'Esprit Saint.
Oui, le Père veut nous donner en
Jésus
et par Jésus l'Esprit
Saint,
à chacun de nous,
et chaque jour d'une manière nouvelle.
L'Esprit Saint est en personne
l'amitié avec Dieu, l'amitié divine, la divine
amitié,
celle qui nous unit dans la gratuité
et avec Dieu et avec les autres.
Frères et sœurs, entrons comme Marie
dans cette amitié avec Dieu,
dans cette confiance filiale,
et nous exulterons de joie,
en découvrant une liberté
dont nous n'aurons pas idée.
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©
Communion de Jérusalem - 3 août
2007
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