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Fraternités de Jérusalem - Montréal                                
Sanctuaire du Saint-Sacrement
500, Mont-Royal Est, Montréal, Qc, Canada, H2J 1W5

«En choissisant de prier au coeur des villes,
tu veux signifier que ta vie est au coeur de Dieu. »

Livre de vie de Jérusalem





Père Gérard Busque 
  Toujours prêts pour la rencontre du Seigneur


  Dimanche 12 août 2007 - 19e Dimanche du Temps Ord. - C
  Sg 19, 6-9 ; Ps 32 ; He 11, 1-2.8-19 ; Lc 12, 35-40


  Homélie du père Père Gérard Busque, sss 


II y a trois semaines, je suis allé chercher un ami à l'aéroport. Je l'ai attendu en cherchant son visage parmi les arrivants. J'étais heureux de l'attendre, j’étais prêt pour l’accueillir.

Aujourd'hui, Jésus vient nous rappeler que nous sommes des être toujours en attente et que notre bonheur profond est de l'attendre comme un ami, être surpris, à tout moment et à l'heure de la mort.

Dans l'évangile d'aujourd'hui, Jésus ne fait pas une mise en garde, ne lance pas un avertissement de sa mort pour nous faire regarder la mort en face et nous la faire craindre encore plus; non il veut plutôt nous révéler une facette de ce que nous sommes comme homme et fils de Dieu : des êtres en attente du meilleur.

« Vous, vous êtes comme des gens qui attendent leur maître à son retour des noces pour lui ouvrir dès qu'il arrivera et frappera à la porte (Lc 12,36). »

« Des gens qui attendent quelqu’un », voilà ce que nous sommes. Notre vie est une marche. Nous marchons vers un rendez-vous. Nous avançons chaque jour d'un pas vers quelqu'un qui vient à notre rencontre. Comme Abraham et Sara, dans la première lecture de ce matin, nous sommes des voyageurs sur terre.
Quand nous regardons notre vie de tous les jours, nous prenons conscience que tous, nous sommes plus ou moins des êtres en attente de quelqu'un ou de quelque chose. Nous attendons la lettre d'un ami, un changement de vie, une promotion, un mari qui communique davantage, une épouse plus attentive, etc.

Les jeunes vivent d'espoir : demain, j'aurai ma moto ; puis plus tard ma première auto ; j'attends de trouver l'homme de ma vie ; le bonheur commencera quand j'aurai ma première paye ; quand j'aurai ma résidence secondaire. Puis, lorsque que quelqu'un possède tout cela, nous l'entendons dire : au plus vite la retraite ; il oublie qu'à ce moment il est plus proche du terme de sa vie.

Nous sommes ainsi fait que dès qu'un rêve est satisfait, nous en créons un autre : « Ah ce sera merveilleux quand nous serons mariés ; » puis, « merveilleux quand nous aurons notre premier enfant, » puis  « merveilleux quand nous aurons notre petite maison. » Et ainsi nous avançons dans la vie de paradis artificiel à paradis artificiel.
En nous invitant à vivre comme des gens qui attendent leur maître, Jésus nous rappelle que nous sommes des êtres de désirs et de désirs jamais satisfaits. Nous pouvons être contents,  heureux de ce que nous avons, de ce que nous sommes mais nous sommes  jamais satisfaits. C'est que nous sommes habités par le désir de l’infini : nous avons toujours soif de connaissances nouvelles, nous voulons vivre un amour toujours plus grand, nous voulons que le temps s'éternise.

Cette soif de l'infini a un sens, nous dit Jésus aujourd'hui. « Un jour, c'est moi qui viendrai la combler. Ce jour-là, je vous traiterai comme des princes. Je prendrai la tenue de service, je vous ferai passer à table, et je vous servirai à mon tour. (réf Lc 12, 37) »

À l'heure de notre rencontre face-à-face avec lui, il se présentera à nous moins comme le maître qui exige des comptes que comme l’ami, mieux comme l’Époux rêvé. Alors notre cœur sera comblé. « Notre cœur est inquiet (insatisfait) tant qu'il ne repose pas en toi », disait déjà Saint Augustin. Il avait compris par l'expérience combien les joies terrestres sont décevantes, insatisfaisantes.

Concrètement, Jésus nous invite à ne jamais nous satisfaire de nos biens ou de notre état. Heureux êtes vous si vous demeurez insatisfaits. En d’autres mots, il y a plus de bonheur à désirer qu’à posséder et c’est ainsi qu'il nous veut toujours prêts pour ce que nous désirons le plus au fond: la rencontre avec lui, qu'il vienne de jour ou de nuit.

Aujourd'hui, la publicité un peu partout essaie de nous faire croire que la société avec  tous ses biens de consommation peut combler tous nos désirs. Beaucoup tombent dans ce piège et étouffent leur désir de l'infini, du Christ qui les habite. Beaucoup essaie d'oublier qu'ils ont rendez vous avec lui, en d'autres tenue qu'ils vont mourir un jour.

Jésus ne veut pas que nous soyons surpris quand il viendra nous prendre avec lui. Voilà pourquoi il nous redit « restez en tenue de service, gardez vous lampes allumées », i.e. demeurez insatisfaits, assoiffés d’aimer, de servir, de grandir et vous serez prêts quand je viendrai à l'improviste. Je viendrai non comme un méchant qui vient traitreusement vous surprendre, mais comme un ami à une heure inattendue (que vous ne connaissez pas) de jour ou de nuit, pour avoir le plaisir de constater que vous m'attendez. C'est tellement bon d’être désiré.

Dans notre Eucharistie, ce matin, bénissons le Père de nous rassembler
-    pour nourrir notre faim de son Fils;
-    pour nous mettre la lumière de son Esprit dans la lampe de notre cœur allumée.

Réjouissons-nous d’être en attente du Seigneur !


 © Communion de Jérusalem - 28 août 2007