J’ai soif !
Frères
et sœurs,
le pharisien à qui Jésus est venu porter
l’Évangile,
a-t-il compris le sens de la guérison
qui vient de se dérouler devant ses yeux ?
A-t-il compris que la guérison de l’hydropique
est comme l’annonce de sa propre guérison ?
L’hydropisie est une maladie terrible.
Elle se manifeste par une très grande soif.
Mais plus le malade boit, moins la soif s’apaise
et le corps prend de plus en plus un volume démesuré.
N’est-ce pas le reflet de ce que vit le pharisien ?
La soif d’être vu,
la soif d’être considéré, d’être
estimé,
la soif des premiers divans dans les festins
et des premiers sièges dans les synagogues (cf
Mt 23, 6)
est bien comme celle de l’hydropique :
elle est insatiable.
Et quiconque est pris par cette soif-là se gonfle !
C’est ce qui fait dire à Paul
que la charité, tout au contraire
« ne se gonfle pas ». (1 Co 13, 4)
En guérissant l’hydropique le jour du sabbat,
Jésus dit en quelques manière au pharisien :
« Regarde ta soif,
nomme la
et voie comme elle te fait semblable
à cet homme en pleine souffrance.
Comme je le guéris,
je t’offre de te guérir, toi aussi,
et cette guérison sera bien plus grande,
car c’est ton âme que je guéris.
Et je le fais le jour du sabbat,
au jour où tu ne fais aucun travail
pour que tu voies bien que mon salut n’a rien à faire
avec tes œuvres et tes mérites. »
Oui, frères et sœurs,
c’est bien pour guérir le pharisien
que Jésus est venu le visiter.
Jésus est venu porter le poids
de toutes nos soifs d’honneur, de pouvoir ou de richesses,
jusqu’à se retrouver sur le bois nu de la croix.
Nous avons voulu tout saisir, tout accumuler
et Lui S’est laissé dépouiller.
Et là sur la croix,
Il ne nous a pas caché sa soif,
sa soif à Lui :
« J’ai soif »… (Jn 19, 28)
Celle-là n’est pas la soif d’un homme
qui veut toujours plus pour soi et se gonfle.
Elle est la soif de Celui qui a tout donné de soi,
tout perdu par amour,
et dont l’être tout entier est une brûlure de soif.
Soif de n’être que don.
Il fallait qu’Il meure de soif
pour devenir fontaine d’Eau vive,
pour que nous ayons soif de Lui,
Non plus soif de nous-mêmes
et de notre image comme jadis Narcis,
mais soif de Lui et de son Visage.
Seigneur Jésus,
donne-nous soif de
Toi,
soif de Dieu.
« Mon
âme a soif de Dieu,
du Dieu de Vie.
Quand pourrai-je
aller voir le Face de Dieu ? »