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Fraternités
de Jérusalem - Montréal
Sanctuaire
du Saint-Sacrement
500, Mont-Royal Est,
Montréal,
Qc, Canada, H2J 1W5
«En choissisant
de prier au coeur des villes,
tu veux signifier que
ta vie est au coeur de Dieu.
»
Livre de vie de Jérusalem
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Le Seigneur Lui-même nous aime
Vendredi 15 juin 2007 - Fête du Sacré-Coeur - C
Ez 34, 11-16 ; Ps 22 ; Rm 5, 5b-11 ; Lc 15, 3-7
Homélie du
père Père
Gérard Busque, sss
Ce soir nous contemplons le cœur de Jésus, nous contemplons
Jésus nous révéler la bonté du Cœur de
Dieu. Nous le savons : Personne mieux que lui n’a su
révéler jusqu’où l’amour peut aller.
Déjà au plan humain, quand le cœur d’une personne est
pris par l’amour, c’est incroyable ce qu’elle peut faire pour
l’être aimé.
Nous connaissons tous des histoires de parents qui ont risqué
leur vie pour sauver leur enfant de la noyade ou des flammes. Nous
connaissons des êtres exceptionnels, comme le Père Damien
ou Mère Thérésa, qui ont donné leur vie en
soignant les plus démunis. Nous avons lu des vies de saints et
de saintes qui sont morts martyrs pour le Seigneur qu’ils
annonçaient et pour les gens à qui ils étaient
envoyés et qu’ils aimaient du plus profond de leur cœur. Et
combien d’histoires semblables, mais inconnues du grand public,
s’écrivent chaque jour dans des familles, dans des
communautés et des peuples condamnés à la guerre
et voués au massacre !
La fête du Sacré-Cœur nous rappelle la même chose,
poussée à l'infini : si le cœur humain est capable
d’exploits extraordinaires, à combien plus forte raison le cœur
de Dieu ! À travers d’innombrables images dans la Bible, Dieu
nous révèle qu’il a du cœur, qu’il aime comme un
père aime ses enfants, comme un berger ses brebis. Le Seigneur
manifeste sa tendresse et son attention pour chacun et chacune de nous.
Dans la Première Lecture, le prophète
Ézékiel fait parler Dieu. Dieu se décrit comme un
Bon Berger infiniment attentif à chacune de ses brebis, à
chacun de nous. Sommes-nous perdus ? Il se lance à notre
recherche. Sommes-nous trouvés ? Il nous ramène à
lui. Sommes-nous blessés ? Il nous soigne. Sommes-nous faibles ?
Il nous rend des forces. Sommes-nous en bonne santé ? Il nous
garde et nous fait paître dans la justice.
Et Saint Paul ajoute, dans la Deuxième Lecture : Et la preuve que Dieu nous aime, c’est que
le Christ est mort pour nous, alors que nous étions encore
pécheurs (Rm 5,8). Oui, alors que nous étions
encore pécheurs, il va jusqu’à livrer son Fils pour nous
sauver. Non vraiment, on ne peut pousser l’amour plus loin.
Cette fête du Cœur Sacré de Jésus est une occasion
d’accueillir cet immense amour de Dieu pour nous que nous
révèle Jésus et nous laisser remplir le cœur
jusqu’à déborder !
Prenons conscience d’abord que le Seigneur Jésus nous aime tous,
et tels que nous sommes.
L’amour du Seigneur englobe tout le monde. Il n’oublie personne.
Jésus ne fait pas de distinction entre les gens. Il est autant
à l’aise de manger, de parler avec les publicains qu’avec les
pharisiens. Tous et toutes ont du prix à des yeux.
Il nous aime tels que nous sommes. Pas tels que nous voudrions
être ; non, tels que nous sommes : avec nos qualités mais
aussi avec nos défauts, avec nos bons coups mais aussi avec nos
mauvais coups. Pas même tels qu’il voudrait que nous soyons ;
non, tels que nous sommes : en positif mais aussi en négatif. Il
nous accepte avec nos talents et nos limites, avec nos succès et
nos échecs, avec nos richesses et nos blessures. Comme un papa
et une maman acceptent leurs enfants tels qu’ils sont. Comme un
fiancé accepte sa fiancée comme elle est. Comme une
épouse accepte son époux pour ce qu’il est.
Et alors, et c’est cela qui est merveilleux, le miracle de l’amour se
produit encore et encore. Qu'est-ce à dire ? C’est que l’amour
possède ce pouvoir extraordinaire d’améliorer les
êtres qui l’accueillent et le vivent, de les transformer pour le
mieux, de changer leur cœur, de les rendre beaux aux yeux des
êtres qui aiment et aussi des êtres aimés.
Il suffit d’accueillir l’amour du Seigneur dans notre vie, de nous
laisser aimer. Et alors l’amour du Seigneur nous embellit, nous rend
meilleurs. Voici une petite parabole qui illustre comment l’accueil de
l’amour du Seigneur transforme nos vies.
Un jour, une femme sort de sa maison et voit trois vieillards avec de
longues barbes blanches, assis devant chez elle. Elle ne les
reconnaît pas. Elle leur dit : « Je ne pense pas que je
vous connaisse, mais vous devez avoir faim, s’il vous plaît,
entrez et je vous donnerai quelque chose à manger ».
- Est-ce que les enfants de la maison sont là ? demandent-ils.
- Non, ils sont sortis, leur répond-elle.
- Alors nous ne pouvons pas entrer.
En fin d’après-midi, lorsque les enfants reviennent de
l’école, la femme leur raconte son aventure avec les trois
hommes.
- Va leur dire que nous sommes à la maison et invite-les
à entrer ! disent-ils à leur mère.
La femme sort et invite les hommes à entrer dans la maison.
- Nous n’entrons jamais ensemble dans une maison, répondent-ils.
Un des vieillards explique :
- Son nom est Richesse, dit-il en indiquant un de ses amis et, en
indiquant l’autre, lui c’est Succès, et moi je suis Amour.
Il ajoute alors :
- Retourne à la maison et discute avec ta famille pour savoir
lequel d’entre nous vous voulez dans votre maison.
La femme retourne à la maison et rapporte à sa famille ce
qui avait été dit.
- Comme c’est étrange ! s’exclament les enfants.
- Puisque c’est le cas, nous allons inviter Richesse !
La mère n’était pas d'accord.
- Pourquoi n’inviterions-nous pas Succès ? Votre père en
aurait bien besoin dans ses affaires...
La plus petite, Raffie, qui suçait encore son pouce, s’exprime
à son tour :
- Veux mamours, veux mamours !
La mère et les autres enfants cèdent devant l’insistance
de la petite et la mère sort inviter Amour" à entrer.
Amour se lève et commence à marcher vers la maison. Les
deux autres se lèvent aussi et le suivent.
Étonnée, la femme demande à Richesse et
Succès :
- J’ai seulement invité Amour. Pourquoi venez-vous aussi ?
Les vieillards lui répondent ensemble :
- Si vous aviez invité Richesse ou Succès, les deux
autres d’entre nous seraient restés dehors, mais vous avez
invité Amour et partout où il va, nous allons avec lui,
puisque partout où il y a de l’Amour, il y a aussi de la
richesse et du succès. (Auteur : Njoni Joseph Ndayisenga, Rwanda)
Laisser entrer, accueillir l’amour de Dieu dans notre vie, cela ne veut
pas dire que nous devons rester passifs et que nous n’ayons rien
à faire pour nous améliorer ; cela signifie que l’amour
du Seigneur que nous accueillons dans notre vie nous donne la force et la motivation
nécessaires pour nous transformer. L’amour du Seigneur
devient un soleil qui nous donne des énergies nouvelles, une
vitamine qui nous donne des ailes.
Au lieu de gémir sur notre sort, de nous trouver
misérables et laids, de nous comparer aux autres et de les
jalouser même, de vivre frustrés et déçus,
n'est-il pas préférable pour nous et pour les autres de
nous savoir aimés de Dieu et d’entrer petit à petit dans
le mouvement transformateur de son amour ?
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©
Communion de Jérusalem - 19 juin
2007
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