Ce n’est pas le tonnerre qui t’appelle mais
l’Amour !
L’auteur de la lettre aux Hébreux
nous invite à nous souvenir aujourd’hui du Sinaï.
Nous y étions... au pied de la montagne fumante.
Tout y était pour nous impressionner :
« feu qui brûle, obscurité, ténèbres,
ouragan, son de trompettes ». (cf Hb 12, 18-19)
« toute la montagne tremblait violemment,
le son de la trompette était de plus en plus fort.
» (cf Ex 19, 18-19)
Dans ce contexte terrifiant,
la voix de Dieu s’est fait entendre
et nous avons reçu sa Loi.
Cela c’était hier,
c’était le Premier Testament, la Première Alliance.
Et aujourd’hui ?
Il n’y a plus rien de tout cela.
Nous venons d’écouter l’Évangile
et la terre n’a pas tremblé ;
aucun ouragan ne s’est déchaîné ;
rien ne nous a terrorisé !
Alors, l’auteur de la Lettre aux Hébreux
nous dit en quelque sorte :
chrétien, prends garde !
Deviens conscient de ce qui se passe !
Ouvre tes yeux !
Ouvre tes oreilles !
Oui, en accueillant l’Évangile,
tu ne t’es pas approché
d’une montagne fumante,
mais sache que tu t’es approché
d’une réalité beaucoup plus grande :
◊
Tu t’es approché de la Jérusalem Céleste !
Quand tu ouvres l’Évangile,
c’est du Ciel que Dieu te parle.
◊ Tu t’es approché de Dieu,
Juge de tous les humains !
Quand tu ouvres l’Évangile,
tu accueilles la Parole qui te juge et te jugera.
◊ Tu t’es approché de Jésus,
Médiateur d’une Alliance nouvelle !
Quand tu ouvres l’Évangile,
le Seigneur t’offre, à toi qui es si pauvre,
une Alliance nouvelle qui sera ton salut et ta joie.
◊ Tu t’es approché du Sang du Christ
répandu sur tous les humains
et qui parle plus fort que celui d’Abel !
Quand tu ouvres l’Évangile,
tu découvres ton péché,
tu comprends que tu as versé le Sang de l’Agneau
en crucifiant ton Seigneur,
et tu apprends que ce même Sang que tu as versé
est le Sang qui te purifie,
le Sang dans lequel tu laves ton humanité
pour être revêtu de l’Amour.
Oui, il n’y a ni ouragan, ni trompettes,
ni flammes dévorantes,
mais il y a beaucoup plus.
Ce que tu ne vois pas est beaucoup plus grand
que ce que tu voyais au Sinaï !
« Si tu savais le Don de Dieu
et qui est celui qui te parle » (cf Jn 4, 10)
disait Jésus à la femme de Samarie ;
si tu le savais, tu ouvrirais bien différemment ton
Évangile !
* * *
L’Évangile de ce soir,
ouvrons-le donc avec cette sainte crainte de Dieu !
Jésus nous y appelle à choisir la pauvreté
évangélique.
À nous qui sommes ses envoyés, ses témoins,
Il prescrit de ne « rien prendre pour la route
qu’un bâton seulement,
ni pain, ni besace, ni menue monnaie pour la ceinture
». (Mc 6, 8)
En d’autres termes,
défais-toi de tes bagages,
libères-toi de tes réserves et de tes trésors.
Le prophète Ézéchiel disait déjà :
« Dans la beauté de leurs bijoux,
ils mettent leur orgueil ». (Éz 7, 20)
Le Ciel, aujourd’hui,
nous appelle à nous départir
non seulement de nos bijoux
mais de notre monnaie.
Il s’agit d’être pauvres de cœur devant Dieu
et pauvres les uns devant les autres.
Ce n’est pas dans le tonnerre
que Dieu nous le dit,
c’est dans l’Amour !
C’est par la Croix
qu’Il nous l’a dit une fois pour toutes.
C’est par l’Eucharistie
qu’Il nous le redit ce soir.