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Fraternités
de Jérusalem - Montréal
Sanctuaire
du Saint-Sacrement
500, Mont-Royal Est,
Montréal,
Qc, Canada, H2J 1W5
«En choissisant
de prier au coeur des villes,
tu veux signifier que
ta vie est au coeur de Dieu.
»
Livre de vie de Jérusalem
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Jésus est l’unique Seigneur du Monde
Vendredi 8 juin 2007 - 9e Semaine du T.O - C
Tb 11, 5-17; Ps 145 ; Mc 12, 35-37
Homélie du
père Père
Gérard Busque, sss
La Première lecture nous
présente la guérison d’un homme aveugle. Dans
l’Évangile, nous voyons Jésus travailler fort pour
guérir une autre sorte d’aveuglement, celle de l’esprit et du
cœur. Nous le retrouvons enseignant dans le Temple. Comme nous l’avons
vu la semaine dernière, il essaie d’amener les gens à la
lumière en posant des questions. Aujourd’hui, il veut jeter
quelques lueurs sur le mystère de sa Personne à la fois
divine et humaine.
Il questionne la foule à partir d’un verset du Psaume 110 :
« Comment les scribes peuvent-ils dire que le Messie est fils de
David alors que David appelle le Messie, SEIGNEUR ? Comment le
Messie-Seigneur peut-il être son Fils ? »
Ce genre de question peut nous sembler bien loin de nous et de notre
lien avec Jésus et pourtant c’est une des premières
lueurs que Jésus laisse paraître de son Mystère
comme Fils de l’Homme et Fils de Dieu.
À l’époque de Jésus, tout le monde admettait que
le Messie serait un descendant de David, Fils de David. Mais cette
croyance avait quelque chose de dangereux parce qu’elle évoquait
un chef victorieux qui allait libérer Israël des Romains et
en faire le centre du monde, le maître des nations. Jésus
lui, voyait le Messie tout autrement et il essaie ici de faire
entrevoir le mystère de sa double nature.
Il relève une apparente contradiction dans ce verset du Psaume
110. Il le fait avec une précieuse remarque : «
David a parlé sous l’inspiration du Saint Esprit. »
Inspiré, il a dit que le Messie était son Seigneur. En
ajoutant qu’il siège à la droite de Dieu, il laisse
entendre qu’Il est de nature divine. Se pourrait-il que le Messie soit
un être humain et divin ?
Beaucoup de gens en écoutant Jésus et en voyant les
gestes qu’il posait reconnaissaient en lui, le Messie comme Fils de
David. Pensons à l’aveugle de Jéricho, appelant
Jésus, Fils de David ou à la cananéenne demandant
la guérison de sa fille. Sa question ouvre une porte sur son
Mystère : Se pourrait-il que vous ayez devant vous le Fils de
David et votre Seigneur, l’égal, de Dieu, le Fils de Dieu ?
Marc souligne que la foule l’écoutait avec plaisir. Elle se
réjouissait de la lumière nouvelle qu’il apportait sur le
Messie attendu. Il faisait une brèche dans les
interprétations figées des scribes. Sa question
était une semence de vie et de lumière.
Les auditeurs de Jésus ne pouvaient répondre tout de
suite à la question de Jésus et faire le pas que fera
l’apôtre Thomas après la résurrection de
Jésus : Confesser : Jésus, tu es mon Seigneur et mon Dieu
(Jn 20,28).
Mais nous, à la suite des apôtres et des premiers
chrétiens, nous confessons Jésus, Fils de David et notre
Seigneur et notre Dieu. Mesurons nous la chance que nous avons ?
Pour que nous puissions le faire, il a fallu que Jésus, souffre,
meurt et ressuscite d’entre les morts et qu’il envoie son Esprit pour
nous illuminer de l’intérieur et nous rende capable de voir en
lui à la fois le Fils de David et le Fils de Dieu.
Paul résume bien ce mystère du Messie au début de
sa grande épître aux Romains : L’Évangile nous dit que
Jésus est issu, selon la chair, de la race de David, et selon sa
nature divine, il a été établi dans sa puissance
de Fils de Dieu par sa résurrection. (Rm 1, 3-4) Si, de ta bouche, tu confesses que
Jésus est Seigneur et si, dans ton cœur, tu crois que Dieu l'a
ressuscité des morts, tu seras sauvé (Rm 10,9).
Réfléchissons un instant à ce titre que nous
donnons à Jésus, le Christ. Nous avons ici le cœur de la
foi chrétienne. L’Eucharistie est le repas du Seigneur et tout
au long de l’Eucharistie, nous nous adressons à Jésus
comme à notre Seigneur tout comme nous prions le Père
comme Dieu le Seigneur.
Dans l’Ancien Testament, Seigneur est un titre honorifique
réservé à Dieu. Dans le Nouveau Testament, le
titre de Seigneur traduit le nom biblique de Dieu, Yahvé. Si
l’Église ancienne le revendique pour Jésus-Christ, elle
affirme par là qu’en Jésus-Christ, la Seigneurie de Dieu
apparaît, qu’en lui, Dieu en personne se manifeste, et, pour tout
dire, que Jésus est lui-même de nature divine. La
profession de foi en Jésus-Christ, le Seigneur, signifie donc
qu’il est l’accomplissement de l’espérance de l’Ancien
Testament.
En regardant Jésus, nous affirmons que tout a été crée par
lui et pour lui. Tout subsiste en lui (Col 1, 16-17). En lui
nous reconnaissons le fondement et le but de toute
réalité.
Par conséquent, celui qui veut savoir qui est Dieu et qui est
l’homme, regarde Jésus-Christ et le prend pour guide. Il le
reconnaît comme son Seigneur; il le suit pour obtenir ainsi la
vie et le salut.
Dans l’Antiquité, « Seigneur » était aussi un
titre honorifique réservé à l’empereur romain en
tant que maître du monde. Cela signifiait que l’empereur
était de nature divine, qu’il régnait sur les hommes et
les peuples pour garantir la vie, l’ordre et la paix.
Quand le christianisme primitif revendique ce titre pour
Jésus-Christ et Jésus crucifié, il dit que ce
n’est pas l’empereur, mais Jésus-Christ qui garantit la vie, l’ordre et la paix.
C’est lui, le véritable maître du monde. À
cause de cette profession de foi, les premiers chrétiens sont
entrés en conflit avec l’État romain et avec le culte
impérial de l’époque. Les persécutions des
premiers siècles, qui ont fait de nombreux martyrs, font
clairement apparaître l’enjeu de la profession de foi en
Jésus, notre Seigneur.
Pour nous aussi, aujourd’hui, cette profession de foi a une
portée révolutionnaire et libératrice en face de
tous ceux qui se posent en sauveurs et bienfaiteurs de
l’humanité et revendiquent à ce titre puissance et
considération. La profession de foi en un seul Seigneur est donc le fondement
de la liberté chrétienne à l’égard des
nombreux seigneurs qui exercent un pouvoir en ce monde. Elle
n’énonce donc pas seulement une prétention, mais plus
encore une promesse, un message de salut.
Ce soir, rendons grâce au Père qui a ressuscité
Jésus d’entre les morts et l’a établi Seigneur du monde
et de nos vies. Bénissons-le pour le don de son Esprit qui nous
rend capable de confesser Jésus comme notre Seigneur et notre
Dieu. Prions-le pour qu’il le devienne en acte et en
vérité en nous donnant de devenir comme lui pain rompu
pour la vie du monde. Amen.
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©
Communion de Jérusalem - 17 juin
2007
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