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Fraternités de Jérusalem - Montréal                                
Sanctuaire du Saint-Sacrement
500, Mont-Royal Est, Montréal, Qc, Canada, H2J 1W5

«En choisissant de prier au coeur des villes,
tu veux signifier que ta vie est au coeur de Dieu. »

Livre de vie de Jérusalem





frère Antoine-Emmanuel
 
  Chercheurs de Dieu, chercheurs de Vérité

  Samedi 9 juin 2007 - St Éphrem – Année C
  Tb 12, 1.5-15.20 ; Tb 13 ; Mc 12, 38-44


  Homélie du frère Antoine-Emmanuel, fmj

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Chercheurs de Dieu,
que vive votre cœur (Ps 68(69) 33) !
chante le Psaume.
Des chercheurs de Dieu,
des chercheurs de vérité,
voilà ce que la Parole de Dieu
nous invite à devenir aujourd’hui.

Par trois fois en effet
les Écritures nous témoignent en ce jour du décalage,
sinon de l’opposition,
qu’il peut y avoir
entre le regard très « humain »
que nous posons sur les événements,
et leur véritable nature.

Cela se manifeste tout d’abord dans le Livre de Tobie.
Vers la fin du Livre,
l’ange Raphaël se découvre
et dit au vieux Tobie et à son fils :
« Je vais vous dévoiler toute la vérité
sans rien vous cacher (Tb 12,11) ».
Et Raphaël de dévoiler en particulier
la vraie nature de l’épreuve de Tobie.
Sa cécité que lui-même
interprétait comme juste châtiment de Dieu
et que sa femme et son entourage interprétait
comme conséquence du péché de Tobie,
l’ange en révèle le mystère :
« Tu étais agréable au Seigneur
et il fallait que la tentation te mette à l’épreuve (Tb 12,13) ».

L’épreuve n’était pas un châtiment de Dieu
mais elle appartenait à un dessein d’amour du Seigneur
pour Tobie dont la merveilleuse charité
plaisait tant au cœur de Dieu.
Quel décalage
entre l’interprétation trop humaine des événements
et la vérité qu’ils cachaient !

Cela nous le retrouvons par deux fois
dans l’Évangile de ce jour.
Tout d’abord dans la conduite des scribes :
combien ils étaient honorés
ces scribes à la longue robe
que l’on saluait sur les places !
Ils étaient certainement de vrais hommes de Dieu
puisqu’ils occupaient les premières places
dans les synagogues et même dans les banquets !
Voilà ce que disait leur apparence
qui faisait grande impression.
Mais la vérité est toute autre
et Jésus la révèle avec clarté :
« Méfiez-vous des scribes (Mc 10,38) ! »
Les salutations et les premières places,
c’est le fruit de leurs calculs et leurs ambitions !
« Ils dévorent les biens des veuves
et ils affectent de prier longuement (Mc 12,40) ».

Jésus n’avait-il pas dit :
« Ce qui est élevé aux yeux des hommes
est objet de dégoût aux yeux de Dieu (Lc 16,15). »
Que l’apparence est trompeuse !

N’est-ce pas la même question
qui revient avec l’épisode de la veuve ?
Ils sont nombreux ces fidèles, ces pèlerins riches
qui mettent dans le trésor du Temple
des sommes considérables d’argent !
Leur générosité est admirable !
Elle nous paraît admirable,
mais pour Jésus il n’en est pas ainsi.

Ce qui attire son regard
et ce vers quoi il attire notre regard,
c’est le geste d’une pauvre veuve
qui n’avait plus rien que deux piécettes,
qui n’avait rien d’autre pour vivre que deux piécettes
et qui les jette dans le trésor du Temple,
donc le trésor de Dieu !

Elle est, cette femme,
celle que personne n’aurait remarquée,
mais elle bouleverse le cœur de Jésus
qui regarde non l’apparence, non les quantités,
mais le cœur.

*

Ce que l'on pensait être un châtiment
était en vérité une épreuve permise
pour sanctifier un ami de Dieu ;
l’apparente sainteté des scribes
était une hypocrisie religieuse ;
et l’offrande dérisoire, pensait-on,  de la veuve
était un geste extraordinaire de confiance en Dieu.


Frères et sœurs,
par trois fois nous voici face à ce même constat.
La vérité des événements, la vérité des gestes
est tout autre que ce que le regard humain y voit.

Voilà qui nous appelle
à nous remettre en marche dans la quête de la vérité.
Car il y a une vérité des choses,
des gestes, des événements,
que l’on ne découvre que sous le regard de Dieu.
Nous sommes appelés à convertir notre regard sur le monde
en cherchant le regard de Dieu,
en quêtant la Lumière de Dieu.

Comment cela ?
Par la Parole de Dieu.
Il nous faut entendre
la Parole que Dieu dit de notre vie,
de la vie du monde !
Et où entendre cette Parole ?
En notre cœur, bien sûr.
À travers l’Église, toujours,
et, nous le savons bien, à travers les Écritures.

Saint Éphrem que nous fêtons aujourd’hui,
aimait à comparer les Saintes Écritures à un miroir.
Nous présentons notre vie devant le miroir des Écritures,
et nous voyons la vérité de ce que nous vivons.
Tu fais bien de ne pas laisser tomber de tes mains
le miroir poli du Saint Évangile de ton Seigneur
puisqu’il montre à quoi ressemblent tous ceux qui s’y mirent.
Et Saint Éphrem de poursuivre :
Le miroir du Saint Évangile
blâme les défauts de celui qui est laid
afin que ce dernier puisse lui-même y remédier (…)

Il déclare à ceux qui sont beaux
qu’ils doivent faire attention à leur beauté
de peur qu’elle ne devienne sale à cause de la poussière (…)
Et il conclue :
Bien que muet, le miroir parle et dans son silence il crie. 1.

*

Faisons cette expérience de nous exposer à la Parole.
Et nous verrons que, comme par des flashs de lumière,
se trouveront illuminés bien des aspects de notre vie.
Le Seigneur nous parlera au cœur et la vérité nous rendra libres et joyeux.



1. Lettre à Publius. cité par S. Brock, L’œil de Lumière. Bellefontaine 1991, p. 87


 © Communion de Jérusalem - 14 juin 2007