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Fraternités
de Jérusalem - Montréal
Sanctuaire
du Saint-Sacrement
500, Mont-Royal Est,
Montréal,
Qc, Canada, H2J 1W5
«En choisissant
de prier au coeur des villes,
tu veux signifier que
ta vie est au coeur de Dieu.
»
Livre de vie de Jérusalem
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Homélie du
frère
Antoine-Emmanuel, fmj
Mercredi 15 mars 2007
- 3ère
Semaine de Carême – Année C
Deutéronome 4,1.5-9 ; Matthieu 5,17-19
Contemple son Visage
Ne pensez pas que
je suis venu abolir la loi ou les prophètes ;
je ne suis pas venu
abolir mais accomplir (Mt 5,17).
Jésus est venu porter la loi à son accomplissement.
La loi tout entière avait pour terme de nous re-lier à
Dieu,
de nous ramener en Dieu.
Elle attendait d’être accomplie.
Elle attendait un cœur aimant et filial
qui irait jusqu’au bout de l’obéissance.
Jésus est le vrai obéissant.
Il proclame : Je ne suis pas venu
pour faire ma volonté,
mais celle de Celui
qui m’a envoyé (Jn 6,38).
Sa volonté humaine se coule dans la volonté du
Père.
C’est ce que Paul dira avec ces mots bouleversants :
Il obéit« jusqu’à la mort,
et la mort sur une croix» (Ph 2, 8).
Regarder le visage de Jésus
c’est ouvrir nos yeux sur la plus belle obéissance,
la plus sainte obéissance.
Son être est remis au Père jusqu’à la mort,
jusque dans la mort.
Même sa mort est obéissante.
Nous avons sous les yeux un détail
d’une grande
piéta du XVe siècle, dite d’Enguerrand Quarton,
qui était dans une église de
Villeneuve-lès-Avignon en France,
et se trouve maintenant au musée du Louvre.
C’est le visage du fils obéissant jusqu’à la mort.
Dans le tableau, le corps de Jésus repose sur les genoux
de la Vierge en prière.
Il est entouré par les gestes de tendresse
de Marie-Madeleine qui porte un parfum précieux
et de Jean, le disciple que Jésus aimait,
qui, avec une délicatesse extraordinaire,
ôte la couronne d’épines de son Seigneur.
Jésus est tout entier remis à l’amour du Père,
et tout entier abandonné à la tendresse de ceux qui
l’aiment
dans sa mort d’amour.
Il ne s’appartient plus.
Il appartient au Père
et il appartient à ceux qui reçoivent son corps.
Son visage est celui de l’homme des douleurs
endormi dans la mort.
Une petite traînée du sang précieux
ruisselle au milieu de son front
et attend que nous venions pour la laver
et en être bénis et guéris.
Les yeux à peine clos
disent le regard intérieur de son âme qui ne s’est pas
éteint
et qui s’ouvre sur la gloire
qu’«Il avait auprès du Père avant qu’Il fut du
monde» (Jn 17,5).
Il repose dans le Père
et désire reposer en nous
pour être notre salut et notre vie.
Car sa mort est notre vie.
En témoignent ces rayons qui partent de son visage
et éclairent le monde.
Il est le centre du monde,
Il est au cœur du monde,
Source de Lumière pour toute création.
Jérusalem, la ville sainte, se trouve derrière Lui,
en second plan du tableau,
car désormais le vrai temple est le Corps du Christ de gloire
qui jaillira dans la résurrection.
Mais le corps tuméfié du Seigneur doit d’abord
être déposé dans la tombe
comme une semence jetée en terre
pour que jaillisse la vie nouvelle
qui sera la lumière de Jérusalem
et du monde entier.
À nous de nous laisser illuminer
par ce saint visage qui reflète le visage du Père
dans sa passion d’amour.
À nous d’accueillir ces rayons d’amour
qui sont les flammes de l’Esprit Saint
qui veulent venir vers nous
pour nous embraser de L’amour qui ne s’éteint pas.
À nous de nous approcher
de ce grand ostensoir qu’est ce visage lumineux
qui nous redit le mystère que contient
l’ostensoir de notre adoration quotidienne.
Jésus, te adremus in aeternum
!
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©
Communion de Jérusalem - 26 mars
2007
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