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Fraternités
de Jérusalem - Montréal
Sanctuaire
du Saint-Sacrement
500, Mont-Royal Est,
Montréal,
Qc, Canada, H2J 1W5
«En choisissant
de prier au coeur des villes,
tu veux signifier que
ta vie est au coeur de Dieu.
»
Livre de vie de Jérusalem
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Plus grande que la Loi
et les prophètes est la Charité
Mardi 26 juin 2007 - 12e Semaine du Temps Ord. - C
Gn 13, 2.5-18 ; Ps 14 ; Mt 7, 6.12-14
Homélie de monsieur Jacques d’Arcy, pss
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Quelque soit sa nature, un trésor cher à nos yeux conduit
à un réflexe de protection, quelques fois même
à un réflexe de surprotection. Peu importe la nature de
ce trésor : ses enfants, sa fortune, ou tout autre chose. Ce
à quoi l'on tient énormément incite
spontanément à un repli qui n'est jamais pur d'un certain
égoïsme. Pourquoi l'évangile et le Royaume de Dieu
échapperaient-ils à la règle ? Ne sont-ils pas ce
que nous avons de plus précieux ?
L'enseignement que nous livre Jésus aujourd'hui pourrait
être de nature à nous rassurer, disons : à nous
déculpabiliser. Il suggère en effet que cette attitude ne
serait pas répréhensible puisqu'il dit très
clairement qu'il ne faut pas donner les perles aux pourceaux ; « ce qui est sacré, ne le donnez pas
aux chiens (Mt 7,6) », insiste-t-il clairement.
Évidemment, avant de nous déculpabiliser, cette parole
nous rappelle d'abord à notre responsabilité. Le Royaume
de Dieu est notre trésor le plus précieux, certes, mais
en même temps qu'il nous est offert, il nous est confié.
Il nous faut donc veiller à ne pas en faire n'importe quoi.
Cette attitude ne procède donc pas d'un repli sur soi, la
référence n'est pas en nous-mêmes.
Voilà qui peut nous rappeler que la communication de
l'Évangile n'a de sens qu'ajustée aux projets de
l'Esprit. L'évangile de la paix doit rejoindre les amis de la
paix, ceux que l'Esprit a préparé à le recevoir,
ceux qui l'attendent. Il est donc vain de le livrer à d'autres.
Et même : il est de notre responsabilité que nous ne le
livrions pas n'importe comment. Dieu ne brusque jamais les cœurs : nous
pourrions, en arrivant trop tôt, faire prendre bien du retard ;
nous pourrions, en clamant trop fort, rendre sourd.
Enfin, dernière implication de l'interdiction de Jésus,
la valeur que nous accordons à la grâce qui nous est
faite, se révèle à la façon que nous avons
de la partager. Si, en ce monde, il est d'usage de réserver les
mets de choix aux invités de marque, combien plus dans le
Royaume convient-il de réserver le trésor que le Seigneur
nous confie à ceux qui sauront l'accueillir.
La prescription du Seigneur dévoile ainsi sa dynamique.
L'évangile ne s'écrit pas dans une suite de
défenses et de négations. Pour garder la pureté
évangélique, il n'y a pas à s'enfermer dans des
communautés de « purs », seuls dignes des
trésors du Royaume. Il faut au contraire exercer un discernement
de tous les instants qui nous ouvre sur notre prochain et nous conduit
à nous interroger sur ses besoins vitaux, sur sa
découverte du Royaume, sur sa connaissance du
Seigneur-Jésus.
L'exigence évangélique va loin au-delà de nos
frontières et résume tout l'enseignement de la Bible :
« tout ce que vous voudriez que
les autres fassent pour vous, faites-le pour eux, vous aussi,
voilà ce que dit toute l'Écriture : la Loi et les
Prophètes (Mt 7,12) ». Vous le savez, le jeu de
résumer « la Loi et les prophètes »
était prisé dans les écoles rabbiniques. Mais tous
ces maîtres étaient trop courts ou négatifs, y
compris le grand Hillel qui disait seulement : « ce qui te
déplaît, ne le fais pas à autrui ».
Jésus, lui, donne un résumé positif. Il ne suffit
pas de respecter une sorte de pacte de non agression, de cohabitation
placide, il nous faut être actifs, entreprenants,
vis-à-vis de nos frères. Le bien que nous avons
nous-mêmes reçu est celui que Dieu nous a fait, le bien
que nous désirons pour nous-mêmes est celui que Dieu seul
peut faire. Eh bien ! Nous avons, nous-mêmes, à prendre
l'initiative de faire pour nos frères le bien que Dieu fait !
Voilà sans doute que nous venons d'esquisser une description des
deux portes. Il est aisé de se contenter de vivre les uns
à côté des autres. Cette façon de vivre,
cette porte pour reprendre l'image de Jésus, est large et bien
visible. Mais l'Évangile demande de vivre les uns pour les
autres, les uns au service des autres. Cette voie est difficile, elle
fait connaître la souffrance. Mais elle mène à la
vie, elle est la vie, car Dieu lui-même vit ainsi. Accueillons
donc la grâce qui nous est faite de vivre de la vie de Dieu et
laissons-la porter son fruit de salut pour chacun de nos frères,
quoiqu'il nous en coûte.
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©
Communion de Jérusalem - 16 juillet
2007
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