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Fraternités de Jérusalem - Montréal                                
Sanctuaire du Saint-Sacrement
500, Mont-Royal Est, Montréal, Qc, Canada, H2J 1W5

«En choisissant de prier au coeur des villes,
tu veux signifier que ta vie est au coeur de Dieu. »

Livre de vie de Jérusalem




Homélie du père Gérard Busque, sss
Jeudi 7 décembre 2006, 1re Semaine de l’Avent C
Matthieu 7, 21-28

Bâtir sur le roc

Les évangiles de l’Avent sont tirés de plusieurs évangélistes. Elles ont été choisies pour nous donner diverses facettes de l’attente de la venue du Seigneur. L’évangile de ce soir nous dévoile que notre attente doit être active pour faire advenir le Christ dans notre monde.

Nous le savons, des hommes, avant la venue de Jésus, ont attendu, désiré, souhaité un messie. Jésus est venu combler et purifier cette attente…

Aujourd’hui, nous attendons toujours la réalisation plénière du Salut qu’il a apporté, du bonheur promis, du Royaume inauguré. Et des millions d’hommes et de femmes sont toujours dans une attente d’un monde meilleur, n’ayant pas rencontré le Christ Jésus.

Ce soir Jésus veut rendre notre attente plus active pour venir naître dans notre monde, pour montrer au monde que la rédemption est proche.

Il nous fait deux invitations pour vivre activement l’attente.

Ces invitations nous sont données en conclusion de son grand sermon sur la montagne. Dans ce long sermon Saint Matthieu a réuni un grand nombre d’appels de Jésus qui sont comme le code génétique de l’enfant du Royaume, de tout homme et de toute femme aimé de Dieu. À travers ces nombreux appels tels que : aimez vos ennemis, heureux les artisans de paix, cherchez le Royaume de Dieu, Jésus a dévoilé que nous sommes au fond de la race de Dieu ; Il a mis au jour ce que nous voulons au fond de nous-mêmes, devenir parfait comme le Père céleste est parfait et que c’est la volonté de Dieu que nous le devenions : Jésus nous a montré le chemin pour devenir concrètement ce que nous sommes, les enfants de Dieu, des êtres capables d’aimer comme Lui nous aime.

Alors Jésus conclue ses appels par cette première invitation : « il ne suffit pas de me dire « Seigneur, Seigneur » pour entrer dans le Royaume des Cieux, il faut faire la volonté de mon Père qui est aux Cieux. »

Nous savons bien que Jésus a recommandé souvent de prier. Dimanche dernier, il insistait : restez éveillés et priez.

Ce soir, il souligne que prier ne suffit pas pour être enfant du Royaume. Il faut aussi agir, accomplir la volonté de Dieu. Cette volonté de Dieu s’identifie à notre attente la plus profonde, à notre désir le plus profond. Dans son esprit, la prière et l’action ne s’oppose pas mais l’une conduit à l’autre. Il nous renvoie à nos tâches humaines, à nos responsabilités de chaque jour pour y accomplir notre prière. Et notre vie nous amène à la prière pour y chercher et trouver la volonté de Dieu sur nous. Jésus nous invite à passer tout naturellement de la prière à l’action, à faire de notre prière un temps pour découvrir et contempler la volonté de Dieu et faire de notre action le lieu pour l’accomplir.

Ce qui plaît à Dieu, ce ne sont pas seulement nos moments de prières où nous L’écoutons, Le louons, mais aussi tous les moments de la journée où nous nous efforçons d’accomplir sa volonté, de faire advenir son règne. Il ne suffit donc pas de prier Dieu de venir sauver notre monde, mais il faut aussi nous accomplir nous-mêmes et le monde verra le salut en nous.

La deuxième invitation de ce soir exprime la même réalité mais elle est illustrée avec l’image de la maison bâtie sur le roc.  « Tout homme qui écoute ce que je vous dis là et le met en pratique est comparable à un homme prévoyant qui a bâti sa maison sur le roc. »

Écouter et mettre en pratique, c’est un double appel que Jésus ne cesse de répéter tout au long de son ministère : c’est cela le roc. Quand nous L’écoutons, Il nous fait connaître qui nous sommes et quand nous mettons en pratique sa parole, nous devenons l’enfant du Royaume, celui que nous sommes en vérité.

Que de personnes sont hésitantes, fragiles, médiocres parce qu’elles ne savent pas assez clairement qui elles sont et ce qu’elles veulent faire de leur vie. Jésus a souvent insisté sur l’importance de réfléchir avant de se lancer pour bâtir une tour ou s’engager dans une guerre. Nous sommes devant la tâche de nous construire nous-mêmes et d’aider les gens à se construire. Pour cela, toute notre vie est une suite de décisions et, si nos décisions ne sont pas reliées à ce que nous voulons profondément, à l’écoute de la volonté de Dieu sur nous, nous bâtissons sur le sable.

Pourtant, la personne la plus recueillie, la plus attentive à la volonté de Dieu sur elle, n’est qu’une maison bâtie sur le sable si elle ne réalise pas ce qu’elle a décidé. Nos manques d’actions concrètes après une décision, cachent la plus grande faiblesse de nos vies.

Bien sûr, nous ne pouvons pas toujours faire tout ce nous avons décidé, mais chacune de nos décisions accomplies en vue du Royaume, même les plus petites, font venir le Christ, font venir le Royaume.

Le piège qui nous guette dans la mise en pratique de la Parole de Dieu, c’est le renvoi à plus tard. Plus tard n’arrive jamais. Dire demain, c’est aussi bâtir sur le sable.

Voici quelques exemples de mise-en-pratique pour vivre une attente active :

• décorer mon cœur par l’écoute de la Parole en vue d’une pratique ;

• écouter mon cœur pour faire des cadeaux qui font vraiment plaisir, montrant ainsi mon amour vrai de ceux que je prétends aimer ;

• faire un spécial pour les plus pauvres…


 © Communion de Jérusalem - 13 décembre 2006