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Fraternités
de Jérusalem - Montréal
Sanctuaire
du Saint-Sacrement
500, Mont-Royal Est,
Montréal,
Qc, Canada, H2J 1W5
«En choissisant
de prier au coeur des villes,
tu veux signifier que
ta vie est au coeur de Dieu.
»
Livre de vie de Jérusalem
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Faire la volonté de Dieu
Jeudi 28 juin 2007 - 12e Semaine du Temps Ord. - C
Gn 16, 1-12.15-16 ; Ps 105 ; Mt 7, 21-29
Homélie du
père Père
Gérard Busque, sss
Depuis trois semaines, nous avons entendu
de nouveau des extraits de ce que nous appelons le Grand sermon de
Jésus sur la montagne. Dans ce grand sermon, Jésus
dévoile en détail la volonté de Dieu sur
l’être humain : devenir parfait comme le Père
céleste est parfait dans la pratique de l’amour et la
miséricorde. Il nous donne notre code génétique
d’enfant de Dieu.
Ce soir nous venons d’entendre la conclusion de ce sermon. Jésus
nous invite à faire, à accomplir cette extraordinaire
volonté de Dieu de trois manières :
− en passant de la
parole aux actes, de l’émerveillement à la mise en
pratique de ce qu’Il a dit ;
−
en passant des œuvres pour Dieu à l’œuvre de Dieu ; et
−
enfin en bâtissant sur le roc de l’écoute et la mise en
pratique de sa Parole.
Première
manière d’accomplir la volonté de Dieu : passer de la
parole aux actes.
Les nombreux appels de Jésus détaillaient ce que signifie
entrer dans le Royaume de Dieu, notre accomplissement comme enfant du
Royaume et la volonté de Dieu sur nous. Pour l’accomplir, pour
devenir enfant du Royaume, il souligne d’abord qu’il ne suffit pas de
parler, d’en parler avec Dieu dans la prière.
« Il ne suffit pas de me dire
« Seigneur, Seigneur » pour entrer dans le Royaume des
cieux, il faut faire la volonté de mon Père qui est aux
cieux (Mt 7,21) ».
Prier ne suffit pas pour être enfant du Royaume. Il faut aussi
agir, accomplir la volonté de Dieu. Ce qui plaît à
Dieu, ce ne sont pas seulement nos moments de prière où
nous l’écoutons, le louons, mais aussi tous les moments de la
journée où nous nous efforçons d’accomplir sa
volonté sur nous, de faire advenir son règne en nous et
dans le monde. Il ne suffit donc pas de prier Dieu de venir sauver
notre monde, mais il faut aussi nous accomplir nous-mêmes et le
monde verra le salut en nous.
Deuxième
manière d’accomplir la volonté de Dieu : passer des
œuvres pour Dieu à l’œuvre de Dieu
Pour bien préciser en quoi l’accomplissement de la
volonté de Dieu, Jésus dénonce une illusion, un
piège qui nous guette : celui de multiplier les bonnes œuvres
pour Dieu en pensant faire sa volonté, sans nous assurer
d’être en communion avec Lui, avec son Esprit. Beaucoup de
personnes font beaucoup de bonnes œuvres : s’occupent des malades,
gèrent des services, construisent des maisons, font des projets
de développements, ect. Beaucoup font de bonnes œuvres,
explicitement pour Dieu, en œuvrant à
l’évangélisation, à la pastorale, à
l’animation de groupes de prières, d’entraide, communautaires.
Beaucoup pensent travailler pour Dieu mais travaillent pour leur
gloire, celle qui vient des hommes, pour leur sécurité,
pour leurs avantages sociaux à conserver. Beaucoup risque de se
faire dire par Jésus : vous faites bien des choses pour Dieu
mais vous ne faites pas l’œuvre de Dieu, sa volonté sur vous,
alors je ne vous connais pas ; écartez-vous de moi, vous qui
faites le mal (Mt 7,23). Ne pas
accomplir la volonté de Dieu sur nous, c’est faire fausse
route.
Enfin,
écouter et mettre en pratique la Parole, c’est accomplir la
volonté de Dieu.
« Tout homme qui
écoute ce que je vous dis là et le met en pratique est
comparable à un homme prévoyant qui a bâti sa
maison sur le roc. Mt 7,24 »
« Écouter et mettre en pratique » : c’est un double
appel que Jésus ne cesse de répéter tout au long
de son ministère. C’est cela le roc ! Quand nous
l’écoutons, il nous fait connaître qui nous sommes et
quand nous mettons en pratique sa Parole, nous devenons l’enfant du
Royaume, celui que nous sommes en vérité.
Que de personnes sont hésitantes, fragiles, médiocres
parce qu’elles ne savent assez clairement qui elles sont et ce qu’elles
veulent faire de leur vie. Elles sont devant la tâche de se
découvrir et de se construire elle-même à la
lumière de la Parole de Dieu et d’aider les gens à se
construire. C’est cela chercher et à faire la volonté de
Dieu. Par conséquent, toute notre vie est une suite de
décisions et, si nos décisions ne sont pas reliées
à ce que nous voulons profondément, à
l’écoute de la volonté de Dieu sur nous, nous
bâtissons sur le sable.
Pourtant, la personne la plus recueillie, la plus attentive à la
volonté de Dieu sur elle, n’est qu’une maison bâtie sur le
sable si elle ne réalise pas ce qu’elle a décidé.
Nos manques d’actions concrètes après une
décision, cachent la plus grande faiblesse de nos vies.
Bien sûr, nous ne pouvons pas toujours faire tout ce nous avons
décidé, mais chacune de nos décisions qui nous
permettent de nous dépasser dans l’amour, que nous accomplissons
en vue du Royaume, même les plus petites, font venir le Christ,
font venir le Royaume, font grandir l’enfant de Dieu que nous sommes
appelés à devenir.
Le piège qui nous guette dans la mise en pratique de la Parole
de Dieu, c’est le renvoi à plus tard. Plus tard n’arrive jamais.
Dire demain, c’est aussi bâtir sur le sable. Bâtir sur le
roc, c’est recommencer, aller plus loin chaque fois qu’un appel nous a
rejoints et nous a touchés. Pour illustrer cet accomplissement
de nous-mêmes que nous réalisons en accomplissant la
volonté de Dieu, voici une petite histoire :
« Il était une fois un homme
qui, se promenant dans la forêt, découvrit un jeune aigle.
Il le ramena chez lui et le plaça dans la basse-cour ou il
apprit bientôt à manger le grain des poulets et à
se comporter comme eux.
Un jour, un
naturaliste qui passait par là, demanda au propriétaire
comment un aigle, oiseau royal, pouvait être enfermé dans
la basse-cour avec les poulets. "Puisque je l'ai nourri comme un poulet
et dressé à être un poulet, il n'a jamais appris
à voler" répliqua le propriétaire. "Il se comporte
comme un poulet, il n'est donc plus un aigle."
"Pourtant"
insistait le naturaliste, "il a un cœur d'aigle et peut sûrement
apprendre à voler."
Après
avoir longuement discuté, les deux hommes se mirent d'accord
pour essayer de découvrir si cela était possible. Le
naturaliste prit doucement l'aigle dans ses bras et lui dit : "Tu
appartiens au ciel et non à la terre. Déploie tes ailes
et vole." Mais l'aigle était troublé ; il hésitait
sur sa vraie nature et voyant manger les poulets, il les rejoignit d'un
bond.
Le
lendemain, sans se décourager, le naturaliste emporta l'aigle
sur le toit de la maison et l'exhorta à nouveau : "Tu es un
aigle. Déploie tes ailes et vole." Mais l'aigle avait peur
à la fois du monde et de sa propre identité qu'il ne
connaissait pas et redescendit encore manger avec les poulets.
Le
troisième jour, le naturaliste se leva tôt et, de la
basse-cour, emporta l'aigle sur une haute montagne. Là, il tint
l'oiseau royal au-dessus de sa tête et l'encouragea une nouvelle
fois, disant : "Tu es un aigle. Tu appartiens au ciel aussi bien
qu'à la terre. À présent déploie tes ailes
et vole." L'aigle regarda autour de lui, vers la basse-cour puis
là-haut vers le ciel. L'aigle se mit à trembler et,
doucement, il déploya ses ailes. Avec un cri de triomphe, il
s'éleva enfin vers les cieux.
Peut-être
l'aigle se souvient-il encore avec nostalgie des poulets ;
peut-être revient-il parfois visiter la basse-cour. Mais pour
autant qu'on le sache, il n'est jamais retourné à la vie
du poulet. C'était un aigle, même s'il avait
été retenu et apprivoisé comme un poulet.
»
(James et Jongeward, Naître gagnant.
Paris, Inter-Editions, 1978, p. 102)
Ce soir, bénissons le Père pour Jésus qui nous a
dévoilé sa sainte volonté sur nous,
bénissons-le pour son Esprit qui nous rend capable de la
connaître et de l’accomplir. Prions-le de nous de nous rendre
toujours plus capables d’écouter et de mettre en pratique ce que
Jésus nous dit au fond de notre cœur.
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©
Communion de Jérusalem - 16 juillet
2007
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