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Fraternités
de Jérusalem - Montréal
Sanctuaire
du Saint-Sacrement
500, Mont-Royal Est,
Montréal,
Qc, Canada, H2J 1W5
«En choissisant
de prier au coeur des villes,
tu veux signifier que
ta vie est au coeur de Dieu.
»
Livre de vie de Jérusalem
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La victoire de la compassion
Mercredi 4 juillet 2007 - 13e Semaine du Temps Ord. - C
Gn 21, 3.8-21 ; Ps 33 ; Mt 8, 28-34
Homélie du
père Père
Gérard Busque, sss
Dans la parole de Dieu d’aujourd’hui, je suis touché par la
compassion de Dieu.
Dans la Première lecture, la compassion de Dieu apparaît
en contre-partie de la méchanceté de Sarah. Sarah essaie
de se débarrasser de sa rivale Agar et de son fils Ismaël,
parce qu’elle ne veut pas que l’héritage soit partagé
entre les deux enfants d’Abraham. Mais Dieu s’occupe avec
com¬passion et tendresse de ces deux êtres abandonnés
et délaissés dans le désert. Il entend les cris de
l’enfant et indique à sa mère, Agar où trouver le
nécessaire pour qu’il vive et se développe. Sa compassion
n’exclue personne.
Dans l’Évangile, Jésus révèle que le temps
de la victoire de Dieu sur les démons est arrivé : c’est
la victoire de la compassion. Représentons-nous le contexte de
cette Bonne Nouvelle : voici que Jésus vient de traverser le lac
de Tibériade pour porter La Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu en
territoire païen. Il débarque sur ce territoire qui borde
le lac et qu’on appelait la Décapole (dix villes).
C’était une région multi-ethnique, où la
population était fortement mélangée. La
majorité était païenne et donc mangeait du porc,
contrairement aux juifs. L’une des villes s’appelait Gadara.
En montant vers la ville depuis le lac, Jésus traverse une
région montagneuse très escarpée. La montagne est
trouée de grottes. Ces grottes servent de refuges aux voyageurs,
aux brigands et aux possédés. Elles servaient souvent de
sépulcres dont certains étaient
désaffectées et d’autres non. Et c’est dans un de ces
sépulcres qu’habitaient ces deux êtres violents que
personnes n’osaient approcher. Or voici qu’ils s’en prennent
directement à Jésus.
Ils lui posent une question vitale pour eux : « Que nous veux-tu, Fils de Dieu ? Es-tu
venu ici, pour nous tourmenter avant le temps ? (Mt 8,29 »
Ici en plein pays païen ! Avant le temps, c’est-à-dire
avant le kairos qui veut dire chez Saint-Matthieu, le temps de moisson
définitive et du jugement final où tous les démons
seront réduits à l’impuissance.
Ici comme ailleurs dans les Évangiles, les
possédés font preuve d’une mystérieuse
clairvoyance ; ils reconnaissent l’autorité de Jésus,
Fils de Dieu et ils la craignent. Ils ont comme saisi l’essentiel de la
mission de Jésus : Lui, Il est l’envoyé de Dieu. Ils
voient qu’il a commencé à vaincre définitivement
les puissances du mal par la puissance de sa miséricorde. En
lui, le Salut est déjà présent sur la terre des
hommes. Ils se disent : « Notre temps est compté. »
Les démons tentent alors de marchander avec Jésus. Ils
essaient de se réserver une zone de pouvoir : « D’accord,
nous quittons les hommes, mais laisse-nous les animaux, ces animaux
impurs ! »
Mais Jésus montre qu’on ne marchande pas avec Dieu qui sauve et
le message est clair pour nous : Quand Dieu libère, il
libère totalement, impossible de rester en partie sous l’emprise
d’un mal quelconque. La suite du récit le montre clairement : le
transfert des démons dans les porcs ne sert à rien et
tout le troupeau se précipite dans le lac. Toute la puissance du
mal est d’avance vaincue par le Christ.
Cette scène nous fait prendre conscience qu’il nous arrive
à nous aussi de vouloir parfois marchander avec le Christ, mais
sans succès.
Quand il nous appelle à le suivre dans sa victoire totale sur le
mal en nous, nous sommes tentés de lui dire : laisse-moi au
moins telle facilité, telle demi-mesure, telle petit pouvoir sur
telle personne. Mais laisse-moi au moins le droit de soulager ma
colère parfois ; laisse-moi ma fermeté en
communauté même si parfois elle blesse, la dureté
de mes jugements ; mon envie de colporter ce qui va mal, laisse-moi mon
envie de critiquer ton Église, laisse-moi choisir dans le
message qu’elle annonce, ne me demande pas de lâcher toutes mes
attaches, permets moi de garder mon confort intellectuel, mes opinions
bien arrêtés en communauté, et ma tentation de
faire route toute seule. »
Non, il n’y a pas de possibilité de se replier, il n’existe pas
de compromis où nous pourrirons trouver le bonheur, car le
Christ-Jésus, l’amour, veut tout libérer, tout sauver en
nous. Le Sauveur est là, déjà vainqueur. C’est lui
qui nous appelle à le suivre, c’est lui qui a la vie.
Ce soir, décidons une fois pour toutes de laisser tout le
troupeau de nos misères sauter dans le lac.
Bénissons le Père pour sa compassion qui lui fait
entendre le cri du pauvre et le délivre de toutes ses angoisses
et bénissons-le pour Jésus qui nous a
libérés de toutes emprises.
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©
Communion de Jérusalem - 16 juillet
2007
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