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Fraternités de Jérusalem - Montréal                                
Sanctuaire du Saint-Sacrement
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«En choisissant de prier au coeur des villes,
tu veux signifier que ta vie est au coeur de Dieu. »

Livre de vie de Jérusalem





Mgr Jean-Claude Turcotte
 
« Un Enfant nous est né, un Fils nous est donné »

 
Mardi, 25 décembre 2007 - La Nativité du Seigneur (A)
  Is 52, 7-10 ; Ps 97 ; He 1, 1-6 ; Jn 1, 1-18


  Homélie du
Cardinal Jean-Claude 


Chers amis,

Pour célébrer la Naissance du Seigneur Jésus,
le missel romain offre quatre formulaires de messe.
Le premier est intitulé
Messe de la veille au soir.
Durant cette messe,
on fait la lecture des premiers versets
de l'Évangile selon saint Matthieu.
Il est alors question des origines de Jésus.
En commençant par Abraham,
le texte rappelle quels furent l
es ancêtres de Jésus avant l'exil à Babylone.
Vient ensuite la liste de ses ancêtres
qui ont vécu après l'exil à Babylone.

Cette longue liste de noms nous fait voir
comment Dieu a pris tout son temps
et a bien fait les choses
avant d'inscrire la vie de son Fils
dans celle des hommes et des femmes
qui avaient vécu sur terre avant lui.
Les dernières lignes de cet évangile
nous présentent Marie et Joseph.

Marie est enceinte.
Elle n'a pas eu de relation charnelle avec Joseph.
Elle fut enceinte par l'action de l'Esprit Saint,
dit l'Évangile (Mt 1,18).
Joseph décide de la répudier en secret.
Un ange lui apparaît en songe
et lui demande de n'en rien faire.
Qu'il la prenne plutôt chez elle.
L'ange demande aussi à Joseph
de donner le nom de Jésus
à l'enfant qui naîtra de Marie.
Jésus, c'est-à-dire « Le Seigneur sauve ».

Jésus sera le sauveur de l'humanité.
Il sera l'unique sauveur du monde.
Il est notre sauveur, celui qui nous met en
communion avec Dieu, nous fait vivre en Dieu.
La grâce et la joie de le connaître
nous ont été données.
La grâce et la joie de l'aimer,
de le prier et de le célébrer nous sont offertes.
Elles nous sont offertes chaque jour.
Puissions-nous les accueillir chaque jour.
Pour que toute notre vie soit graciée.
Pour qu'elle soit un chant de joie.


La deuxième messe de Noël est celle de la nuit.
L'évangile qu'elle fait entendre
nous parle d'un premier recensement
décrété par l'empereur Auguste.
Joseph se rend à Bethléem avec Marie
pour se faire inscrire.
Bethléem est sa ville d'origine.

À peine sont-ils arrivés
que Marie donne naissance à son enfant.
Elle le fait dans des conditions d'extrême pauvreté.
Elle devra coucher son fils dans une mangeoire.
Surviennent alors des événements étonnants.
Un ange apparaît à des bergers.
Il leur annonce la naissance d'un Sauveur.
Puis toute une troupe céleste
– une troupe innombrable –
se joint à cet ange pour chanter:
Gloire à Dieu au plus haut des cieux,
et paix sur la terre aux hommes qu'il aime. (Lc 2,14)

Dieu est étonnant.
Étonnant et merveilleux.
Il fait les choses à sa manière et non à la nôtre.
Pour être accueilli, compris et aimé
par les plus petits, les plus pauvres et les plus faibles,
il se fait lui-même petit, pauvre et faible.

Ce n'est pas là où il y a de la richesse,
mais où il y a de la pauvreté,
que nous pouvons le mieux le reconnaître et le rencontrer.
Un jour, l'enfant de Marie,
qui avait été déposé dans une mangeoire, nous dira:
«J'avais faim, et vous m'avez donné à manger ;
j'avais soif, et vous m'avez donné à boire...
ce que vous avez fait à tous les petits qui sont mes frères,
c'est à moi que vous l'avez fait. » (Mt 25,35.40)
Qu'il nous soit donné de chercher Jésus notre Sauveur
là où il est, et non pas ailleurs.

L'évangile de la troisième messe de Noël
– la Messe de l'aurore –
fait suite à celui de la messe de la nuit.
Il est encore question des bergers
à qui l'Ange du Seigneur
a annoncé une bonne et joyeuse nouvelle.
Allons voir tout cela, se disent les bergers.

Ils se mettent à courir vers Bethléem.
Arrivés à Bethléem, ils découvrent Marie et Joseph.
Ils découvrent aussi le nouveau-né
couché dans une mangeoire (Lc 2,16).
Tout ce que l'Ange leur a annoncé est vrai.
Les bergers n'ont pas été trompés.
Ils sont émerveillés.
Ils se mettent à raconter ce qu'ils viennent de vivre.
Ils glorifient Dieu, ils le louent,
ils chantent et ils dansent pour lui.
C'est trop beau.
Ils ne peuvent pas se taire.
Ils ne peuvent pas ne pas sauter d'allégresse.
Marie, elle, se tait.
Elle garde tout dans son cœur.
C'est si grand, si beau, si grandement humain,
si divinement humain ce qu'elle vient de vivre.

Après avoir entendu l'évangile
de la troisième messe de Noël,
il y a deux grâces à demander :
celle de savoir se taire
pour contempler les œuvres de Dieu,
puis celle de se mettre à chanter,
tant ces œuvres sont belles.

Il y a enfin la quatrième et dernière messe de Noël,
celle à laquelle nous prenons part.
Quel bel évangile elle vient de nous offrir.
Que de secrets cet évangile nous dévoile.
L'enfant de Marie est le Verbe de Dieu.
Il est la Lumière du monde.
Par Lui tout a été fait.
Il est le Créateur du ciel et de la terre.
Il est venu pour que nous ayons la vie.
Qui l'accueille devient enfant de Dieu. (Jn 1,12)
Nous l'avons accueilli.
Par grâce !
Sans la grâce, nous ne l'aurions pas accueilli.
La grâce est un geste d'amour de Dieu à notre égard.
Une fois manifesté, une fois donné,
cet amour n'est jamais retiré.
Il appelle une réponse.
Il appelle la réponse de notre amour.
L'amour que Dieu nous porte est infini.
Celui que nous lui portons en retour est limité.
Mais Dieu y tient.
Nous sommes précieux à ses yeux.
Noël est la fête de deux amours :
celui de Dieu et le nôtre.
Joyeux Noël à chacune et chacun d'entre vous.
Je prie pour vous.
Priez aussi pour moi.
Amen.



 © Communion de Jérusalem - 29 décembre 2007