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Fraternités de Jérusalem - Montréal                                
Sanctuaire du Saint-Sacrement
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«En choisissant de prier au coeur des villes,
tu veux signifier que ta vie est au coeur de Dieu. »

Livre de vie de Jérusalem





Frère Patrick  « Voici l’Agneau de Dieu »

Jeudi, 3 janvier 2008 - Sainte Geneviève, vierge, vers 500 à Paris (A)
1 Jn 2, 29 – 3,6 ; Ps 97 ; Jn 1, 29-34

 
Homélie du frère Patrick, fmj

La scène est stylisée à l’extrême,
épurée jusqu’aux confins du vide.
Le tableau précédent était peuplé
de prêtres, de lévites et de pharisiens.
Un dialogue serré, presqu’un interrogatoire
se déroulait à Béthanie, au-delà du Jourdain,
où Jean baptisait.
Puis plus personne.
Où est-ce ? Ce n’est pas dit.
Quand est-ce ? « Le lendemain ».
Un lendemain qui n’est pas le jour d’après,
mais l’étape suivante
d’une mission qualifiée de « témoignage ».

Jean voit Jésus venir vers lui,
mais cette venue n’aboutit à aucune rencontre. 
Le baptême de Jésus a déjà eu lieu,
mais l’événement nous a été dérobé.
Pas l’expérience du Baptiste cependant :
« J’ai vu l’Esprit descendre,
telle une colombe venue du ciel,
et demeurer sur Lui ».
Mais à qui s’adresse-t-il,
ce Jean dont le narrateur écrit :
« Il voit Jésus venir vers lui et il dit :
« Voici l’Agneau de Dieu,
qui enlève le péché du monde » ?
Qui est là pour l’entendre ?
À qui désigne-t-il Jésus par ce « voici » ?
À qui s’adresse son témoignage ?

Si l’auteur a dégagé ce fragment
de toute référence au temps,
c’est parce que le témoignage de Jean
surplombe tous les temps.
Si le rédacteur a omis de préciser des auditeurs,
c’est que ce témoignage est destiné
à quiconque a des oreilles pour entendre.
Si le narrateur situe ce témoignage
au moment d’un « voir Jésus »,
c’est pour associer le regard de la foi
au témoignage de la foi.
Pour associer la connaissance par le regard de foi
à la communication de ce qui est vu
au moyen de l’expression d’un contenu.

Celui que nous voyons s’approcher de nous,
celui qui vient à nous, pour nous,
est l’Agneau de Dieu.

L’Esprit-Saint qui repose sur lui
est Puissance du Très-Haut
et onction de douceur tout ensemble.
Par l’Esprit-Saint, en Jésus,
la puissance de Dieu est douce,
et la douceur de Dieu toute puissante.
Rien ne lui résiste.
Pas même le péché du monde,
qu’il enlève selon sa puissance,
moyennant une ineffable douceur.

Dans sa puissance, il jette bas le Mauvais
qui détient la puissance de la mort.
Dans sa douceur,
il dégage la pureté de ses enfants,
incarcérée par la jalousie de l’adversaire.
Car jamais nous n’avons cessé
d’être pour Dieu des enfants.
Ses enfants, issus de sa pensée,
de son désir, de cet « éros » passionné
qui le meut vers le plus petit,
le plus vulnérable,
le plus menacé, donc le plus précieux.
« Éros », amour de puissance et de passion
qui renverse tout sur son passage
pour rejoindre l’enfant blessé.
Et qui le prend en charge dans une grande douceur,
un tendre « agapè »,
amour de transfiguration
qui soulève jusqu’à lui
l’homme-enfant comme un nourrisson
que l’on presse contre la joue.

Quiconque croit
que Jésus est le Christ est né de Dieu.
Sa foi en Jésus vient de l’Esprit-Saint,
car nul ne peut dire « Jésus est Seigneur »
sans l’Esprit-Saint.
Celui qui remet toute sa vie à Jésus dans la foi,
celui-là est né de Dieu.
L’« éros » de Dieu l’a saisi,
l’« agapè » de Dieu le porte et le transporte.
Celui-là ne pèche pas, nous dit Saint Jean :
« L’Engendré de Dieu le garde,
et le Mauvais n’a pas de prise sur lui » (1 Jn 5,18).
Car même les péchés qu’il peut commettre,
par déviation de certains de ses désirs,
par aveuglement et passion,
même ces péchés ne peuvent le soustraire
à l’emprise fondamentale de Dieu
à qui il s’est livré dans la foi.

Quiconque demeure de tout son cœur en Dieu,
celui-là ne pèche pas
du péché dont Jésus nous a délivrés :
l’inimitié contre Dieu
car Jésus est notre réconciliation avec Dieu

Croyons donc de tout nous-mêmes.
Offrons à Dieu une foi sans crainte et sans réserve.
C’est cela l’amour.
L’amour parfait bannit la crainte.
Et l’amour de Dieu,
c’est d’accomplir son commandement
de nous aimer les uns les autres.



 © Communion de Jérusalem - 22 janvier 2008