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Fraternités
de Jérusalem - Montréal
Sanctuaire
du Saint-Sacrement
500, Mont-Royal Est,
Montréal,
Qc, Canada, H2J 1W5
«En choisissant
de prier au coeur des villes,
tu veux signifier que
ta vie est au coeur de Dieu.
»
Livre de vie de Jérusalem
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Nous l’avons
trouvé !
Samedi 5 janvier 2008
- Samedi avant
l'Épiphanie (A)
1 Jn 3, 11-21 ; Ps 99 ; Jn 1, 43-51
Homélie de frère Antoine-Emmanuel, fmj
Pour
impression,
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Philippe vient de rejoindre Nathanaël,
un croyant, dont l’esprit n’a rien du tortueux Jacob,
qui vient de Cana en Galilée.
Philippe lui dit d’emblée :
« Celui dont a écrit Moïse
dans la loi et aussi les prophètes,
nous l’avons trouvé ! » (Jn 1,45)
Il nous faut percevoir l’émotion, la joie,
l’enthousiasme même de Philippe :
« Nous l’avons trouvé ! »
Celui que nos pères attendaient depuis des
générations,
celui que nous-mêmes nous attendons.
« Nous l’avons trouvé ! »
dit le texte grec
qui nous rappelle le fameux d’Archimède.
… nous avons trouvé
le « prophète » annoncé par Moïse ;
prophète comme l’était Moïse
à qui Dieu parlait face à face,
dans l’évidence et non en énigmes. (Nb 12,8)
un prophète dans la bouche de qui Dieu
mettra ses propres paroles (Dt 18,18)
qui dira tout ce que Dieu lui ordonnera (id).
Un prophète dont la parole
ne restera pas sans effet (cf Dt 18,22)
Nous avons trouvé celui par qui la Parole de Dieu
va illuminer définitivement
notre histoire, notre chaos, notre vie !
… nous avons trouvé
celui dont ont parlé les prophètes,
ce Fils de David, ce Roi-Messie,
qui va prendre en main le destin d’Israël
et de l’intérieur, va établir le règne attendu,
va réussir la libération d’Israël
toujours et encore assujettie
aux puissances étrangères.
Nous avons trouvé Celui
par qui la Puissance de Dieu
va nous libérer et nous mener
à la plénitude promise par Dieu.
… c’est un cri de joie !
Un cri semblable à celui de la Bien-aimée du Cantique :
« J’ai trouvé celui que mon cœur aime.
Je l’ai saisi et je ne le lâcherai point ! » (Ct 3,4)
Ce cri, c’est notre joie, frères et sœurs
en ces jours qui suivent Noël.
Le « nous » est celui des croyants que nous sommes
qui pouvons proclamer ensemble :
« Nous l’avons trouvé ! »
L’Enfant-Dieu, ce Dieu fragile et silencieux
dans les bras de Marie ou de Joseph,
il est Celui que nous attendions.
Nous cherchons tous une vraie lumière
sur notre route humaine
souvent complexe sinon confuse :
nous l’avons trouvé Celui qui est la vraie Lumière
qui illumine tout homme en venant en ce monde (Jn 1,9).
Nous cherchons tous une forme de libération
tant notre monde intérieur
comme notre actualité
est pleine de nœuds, de liens, de dépendances.
Nous l’avons trouvé Celui qui vient nous libérer
pour que nous soyons vraiment libres (Ga 5,1).
C’est un enfant qui nous apporte
la grâce et la vérité (Jn 1,17).
Un tout petit enfant
dont l’impuissance nous désarme !
Nous l’avons trouvé !
C’est notre cri de joie,
Un cri qui traverse l’histoire depuis 2000 ans.
« Nous l’avons trouvé »
dit en quelque sorte Paul Claudel
quand il raconte sa conversion
le soir de Noël 1886 à Notre-Dame.
J’ai eu « tout à coup
le sentiment déchirant de l’innocence,
l’éternelle enfance de Dieu,
une révélation ineffable »1.
« Nous l’avons trouvé »
disent à leur manière des chrétiens
aux confins de la Thaïlande et de la Birmanie
accompagnés par un missionnaire français
des Missions étrangère de Paris.
Fin septembre dernier, les nouveaux chrétiens
des villages de Mae Unkhi
sont tombés subitement malades
et l’on voit là l’œuvre des puissances du mal.
Que font les chrétiens du village ?
Une religieuse thaï témoigne :
« Pendant trois nuits,
trois familles chrétiennes se sont relayées.
Nous avons prié
pour chasser les démons de cette famille.
Je suis allée les voir.
Je priais toujours
le « petit bébé du Royaume de Dieu » de les
garder
pour que le démon de leur fasse pas peur.
C’est un même cri, une même foi,
devant l’éternelle enfance de Dieu
qui illumine une vie,
devant le petit bébé du Royaume de Dieu
qui libère les cœurs et les corps,
devant l’Enfant-Dieu qui vient du Père.
« Mes yeux ont vu ton salut
que tu as préparé à la face des nations (Lc
2,30-31).
« Nous l’avons trouvé »
Celui qui libère en nous l’amour.
De fait depuis plus d’une semaine
l’appel à l’amour
ne cesse de résonner dans la liturgie
à travers la Première Lettre de Saint Jean.
_______________________
1 Paul Claudel, Contacts et circonstances, 1913
À peine l’avons-nous trouvé
qu’il nous parle d’amour !
À ceci nous avons connu l’Amour.
Jésus a donné sa vie pour nous.
Dès sa naissance,
dès le moment où Marie
l’a déposé dans la mangeoire,
sa vie est sous le signe du don.
Et Saint Jean poursuit :
Et nous devons, nous aussi,
donner notre vie pour nos frères (cf 1 Jn 3,16).
L’enfant, le Verbe Enfant, nous le demande à chacun :
ne ferme pas ton cœur,
littéralement : ne ferme pas tes entrailles (1 Jn 3,17)
devant un frère, une sœur dans la nécessité.
C’est en nous appelant à aimer
en acte et en vérité (1 Jn 3,18)
que l’Enfant Dieu nous conduit
dans la lumière et la liberté,
dans la grâce et la vérité,
dans la paix du cœur.
Si tu aimes,
ton cœur devant Dieu s’apaisera (cf 1 Jn 3,19).
Oui, nous l’avons trouvé !
Il est vivant et cela nous suffit !
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©
Communion de Jérusalem - 22 janvier 2008
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