sdssm
fmj
Fraternités de Jérusalem - Montréal                                
Sanctuaire du Saint-Sacrement
500, Mont-Royal Est, Montréal, Qc, Canada, H2J 1W5

«En choisissant de prier au coeur des villes,
tu veux signifier que ta vie est au coeur de Dieu. »

Livre de vie de Jérusalem





Frère Antoine-Emmanuel
  L’ami de l’Époux se tient là…

  Samedi 12 janvier 2008 - Samedi, 3e Semaine du Temps de Noël
  1 Jn 5, 14-21 ; Ps 149 ; Jn 3, 22-30


  Homélie de frère Antoine-Emmanuel, fmj

  Pour impression, télécharger l'homélie en format pdf


Comme Jean, nous avons attendu Jésus.
Comme Jean, nous avons trouvé
dans le Premier Testament
les premiers reflets de son visage.
Comme Jean, l’Esprit-Saint
nous a enseigné intérieurement,
nous révélant celui qui vient baptiser dans l’Esprit.
Comme Jean, nous l'avons désiré.

Et il est venu.
Nous l’avons reconnu.
Nous avons redécouvert la venue de Jésus
dans notre humanité
et nous l’avons adoré
dans les bras de Marie et de Joseph.
Nous avons déposé l’or, l’encens et la myrrhe
confessant sa Divinité, sa Royauté
qui s’accomplissent dans l’humanité souffrante
de l’Agneau de Dieu.

Il est là
auprès de nous,
avec nous (Emmanuel),
en nous.
Comme Jean il nous faut
harmoniser notre vie à cette présence :
nous laisser déranger, bousculer.

C’est ce que Jean a vécu de manière exemplaire :
ses disciples viennent le trouver en lui disant :
« Regarde, tous vont à Jésus ! (cf Jn 3,26) »
« Tu perds ta notoriété ! »
Jean donne alors trois réponses, trois trésors pour nous.

Un homme ne peut rien recevoir
qui ne vienne du ciel (3,27).
« Je ne peux pas – ne veux pas –
m’arroger quoique ce soit
qui ne vienne de Dieu,
qui ne soit la volonté de Dieu.
Je ne veux rien être, rien devenir
en dehors de ce qui m’est donné par la main de Dieu.
Ma vie, ma mission, je la reçois.
Ce n’est pas moi qui me construis
une notoriété, une carrière, une réputation.

Le deuxième trésor est dans cette autre parole :
« Je ne suis pas le Messie. »
Des foules immenses étaient venues à Jean.
Son ministère de prédication et de Baptême
a un immense succès.
La grandeur de Jean est dans le fait
qu’il refuse de se regarder comme le Messie.
« Je ne suis pas Celui qui sauve.
Le Messie est une autre que moi.
Je ne suis pas capable
de vous donner le salut que vous attendez.
Je ne prétends pas être tout pour vous,
mais je veux être celui
que Dieu me demande d’être pour vous. »

Le troisième trésor est dans cette autre parole :
(Je suis) l’ami de l’Époux (Jn 3,29).
« Je ne suis pas l’Époux.
Celui qui vous aime d’un amour divin
et à qui vous pouvez donner tout votre amour,
ce n’est pas moi.
Celui qui s’unit à vous dans l’amour
pour une fécondité éternelle,
ce n’est pas moi. »
« Jean avait horreur d’être aimé à la place de Jésus »
disait St Augustin.
« Je ne suis pas le centre affectif de l’univers des humains.
Je ne peux pas donner l’amour dont tous ont besoin 
et prétendre recevoir de tous un amour privilégié. »

*

Cette triple humilité-vérité de Jean, si nous la faisons nôtre,
est ce qui nous « ouvre »
ce qui nous permet de recevoir Jésus dans notre vie,
de nous « harmoniser » à sa présence.
Désormais, c’est de Jésus que je vais recevoir mon identité.
Comme Jean, c’est à partir de lui
que je vais comprendre qui je suis.
C’est à partir de Jésus que je vais pouvoir
m’approcher du mystère de la personne humaine.
On ne comprend l’être humain qu’à partir du Christ !
Vatican II nous enseigne
que c’est dans le mystère du Verbe incarné
que s’éclaire le mystère de l’homme,
de tout homme, à commencer par moi-même

Puis... Jésus est le Messie et moi,
je vais le laisser être Messie !
Je vais le laisser me sauver
et sauver mes frères et sœurs,
dénouer les liens, les nœuds du péché
en moi et dans le monde.
De tout mon être,
je vais me mettre au service de son Salut,
mais son jamais prendre sa place,
y compris quand je ne comprendrai pas
sa manière à lui d’être sauveur.

Enfin... je le laisserai être l'Époux !
Lui seul peut répondre et répond
au désir d'aimer et d'être aimé de tous !

*

Jésus, je désire te laisser être qui tu es, en moi et dans le monde.
Amen.


 © Communion de Jérusalem - 2 février 2008