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Fraternités
de Jérusalem - Montréal
Sanctuaire
du Saint-Sacrement
500, Mont-Royal Est,
Montréal,
Qc, Canada, H2J 1W5
«En choisissant
de prier au coeur des villes,
tu veux signifier que
ta vie est au coeur de Dieu.
»
Livre de vie de Jérusalem
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Laissez-vous à
l’Esprit !
Jeudi 2e semaine du
Temps pascal (A) - 3 avril 2008
Ac 5, 27-33 ; Ps 33 ;
Jn 3, 31-36
Homélie de frère Antoine-Emmanuel, fmj
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Cet Évangile est vraiment un « Évangile du Ciel
».
Saint Jean nous parle de Jésus
comme Celui qui vient du Ciel :
comme Celui qui a vu et entendu
ce qui est dans le Ciel,
et qui en témoigne,
qui témoigne du Ciel.
Mieux encore, Jésus
est Celui qui nous donne le Ciel !
Avons-nous le désir du Ciel, faim du Ciel ?
Jésus est le Pain du Ciel (Jn 6,32)
Il nous ouvre et nous donne le Ciel !
N’est-ce pas là l’Évangile
dont le monde a besoin ?
Mais comment l’annoncer,
comment devenir témoin ?
*
Pour répondre, arrêtons-nous
au cœur de cette magnifique page d’Évangile,
sur un verset, un seul :
« Ce n’est pas avec mesure
que le Père lui donne l’Esprit (Jn 3,34) ».
Ce n’est pas avec mesure,
ce n’est pas de manière limitée, restreinte, partielle
que le Père donne l’Esprit à Jésus.
Qu’est-ce que cela veut dire ?
Pourquoi le Père donne-t-il l’Esprit sans mesure à
Jésus ?
La réponse est simple.
Parce que Jésus l’accueille sans mesure !
Jésus est Celui dont l’être est toute ouverture
à l’Esprit que Lui donne le Père.
Tout en Lui est ouvert à l’Esprit-Saint.
À chaque moment de sa vie en la chair,
Jésus se laisse emplir par l’Esprit.
Et à l’heure de la croix,
à l’heure du grand cri et des larmes (Hb 5,7)
à l’heure de l’infini dénuement de la descente aux enfers,
son ouverture se fait de plus en plus grande
et les flots débordés de l’Esprit peuvent l’envahir
dans l’incroyable nouveauté de la Résurrection.
Alors Jésus est Celui qui accueille l’Esprit
non seulement sans mesure humaine,
mais aussi sans mesure divine !
Et cela jusque dans son corps glorifié.
Et nous frères et sœurs ?
L’Évangile de ce jour ne nous appelle-t-il pas
à remiser nos limites, nos mesures, nos calculs
dans l’accueil du Saint-Esprit ?
Pensons à la page d’Évangile qui suit
immédiatement :
On y verra une femme qui va laisser sa cruche
à l’heure même où Jésus lui parle
d’une source jaillissante en vie éternelle
qu’elle va pouvoir recevoir !
Ma cruche, c’est ma manière restreinte, mesurée
de faire place à l’Esprit dans ma vie,
et vient l’heure de nous laisser déborder.
Il ne s’agit pas seulement
de passer d’une petite cruche à une plus grande cruche,
mais de donner foi aux paroles de Jésus
qui parle d’un vent qui souffle où il veut (Jn 3,8)
d’eaux jaillissantes en vie éternelle (Jn 4,14)
et même de fleuves d’eaux vives (Jn 7,38)
Car le Père donne l’Esprit sans mesure
à celui ou celle qui, uni à Jésus
ressuscité,
remise ses mesures et ses calculs !
Disons-le : le débordement de l’amour du Père
est comme un fleuve qui cherche
où se déverser pour donner vie.
N’est-ce pas ce que Pierre dit aussi à sa manière
dans la Première Lecture de ce jour :
« Dieu donne l’Esprit-Saint
à ceux qui lui obéissent (Ac 5,32) ».
L’obéissance au Père n’est pas du formatage
dans un carcan rigide comme un corset.
L’obéissance au Père,
c’est une voile qui se livre au vent,
c’est une bûche qui se livre au feu et crépite de joie,
c’est une terre qui se livre à la pluie qui la féconde
c’est tout être qui reçoit la vie,
c’est tout humain qui se laisse vivifier
qui se laisse aimer,
qui se laisse choisir,
qui se laisse pardonner
qui se laisse chérir.
L’obéissance au Père c’est le oui de Marie
et de tous les saints de la Première et de la Nouvelle Alliance.
Alors l’Esprit vient sur eux,
la Puissance du très haut
les prend sous son ombre, (cf Lc 1,35)
car Dieu donne l’Esprit Saint à ceux qui lui obéissent.
Et que deviennent
ceux qui obéissent au Père et reçoivent l’Esprit ?
Ils deviennent témoins,
témoins de la Pâques de Jésus
qu’ils ont accueilli en leur vie.
« Nous en sommes témoins,
nous et l’Esprit-Saint... (Ac 5,32) » dit Pierre aujourd’hui ;
témoins de Jésus,
et donc témoins de la Résurrection,
témoins du Ciel que Jésus est venu nous
révéler,
et nous donner.
Frère, sœur, laisse ici ta cruche
et laisse-toi à l’Esprit (J.J. Ollier)
C’est ainsi que nous porterons au monde l’Évangile du Ciel.
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©
Communion de Jérusalem - 10 avril 2008
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