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Fraternités
de Jérusalem - Montréal
Sanctuaire
du Saint-Sacrement
500, Mont-Royal Est,
Montréal,
Qc, Canada, H2J 1W5
«En choissisant
de prier au coeur des villes,
tu veux signifier que
ta vie est au coeur de Dieu.
»
Livre de vie de Jérusalem
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Ouvre mes yeux, Seigneur
Vendredi 7 mars 2008, 4e Semaine de Carême- A
Sg 2, 1.12-22 ; Ps 33 ; Jn 9, 1-41
Homélie du
père Père
Gérard Busque, sss
Chaque page des évangiles nous fait
toujours mieux découvrir le cœur de Dieu et la mission de
Jésus. Ce soir, nous voici à la piscine de Siloé
pour y rencontrer Jésus, dans le sacrement de la
réconciliation. Nous savons comment, depuis notre baptême,
il a multiplié les initiatives pour nous faire voir davantage sa
lumière et se donner à nous pour nous faire
renaître. Il nous invite ce soir, à nous convertir
à lui, à tourner vers lui notre regard et à nous
laisser regarder par lui.
Dans l’évangile, nous le voyons regarder avec compassion cet
homme aveugle de naissance. Il se sait la lumière du monde et il
veut arracher cet homme à ces ténèbres. Mais il ne
fait pas que le regarder en passant. Il s’arrête et il pose des
gestes pour recréer cet homme, pour l’arracher aux
ténèbres et l’amener à la lumière : il lui
met de la boue sur les yeux et l’envoie se plonger dans les eaux de la
miséricorde. Et le miracle s’accomplit. Demandons-nous comment
nous réagissons devant les initiatives de Jésus qui nous
appelle à la lumière. Dans l’évangile de ce soir,
nous voyons deux réactions différentes au miracle que
Jésus accomplit, deux attitudes différentes devant
Jésus, lumière du monde : celle des Pharisiens et celle
de l’aveugle-né.
Les Pharisiens s'enferment de plus en plus dans leur refus.
Au début, ils semblent admettre le fait de la guérison :
« Comment as-tu recouvré la vue ? (Jn 9,10) » Que
dis-tu de celui qui t'a ouvert les yeux ? » ; mais ensuite les
plus hostiles accaparent le débat et jettent le doute dans
l'esprit des gens : « Après tout, qu'est-ce qui nous
prouve qu'il était vraiment aveugle ? »
Lors du dernier interrogatoire, ils ne cherchent plus du tout la
vérité. Ils tentent seulement de prendre l'homme en
défaut, en lui faisant répéter les détails
du miracle : « Que t'a-t-il fait ? Comment t'a-t-il ouvert les
yeux ? (9,26) » ; et ils finissent par insulter le témoin.
Ils le rendent même coupable de son malheur : « Tu n'es que
péché depuis ta naissance, et tu viens nous faire la
leçon ! »
C'est le drame des Pharisiens : ils croient voir et se ferment à
la lumière ; ils croient savoir, et ils le
répètent : « Cet homme ne vient pas de Dieu
puisqu'il guérit le jour du sabbat (9,16) ». « Nous
savons, nous, que cet homme est un pécheur ! (26) »
« Nous savons, nous, que Dieu a parlé à Moïse
! (cf 28) » Ils croient savoir, mais deviennent aveugles !²
Ne leur jetons pas la pierre. Regardons plutôt ce qu'est devenue
dans notre vie, dans notre cœur, la foi de notre jeunesse, et ce que
nous faisons, quotidiennement, de la lumière de Jésus.
Notre monde, si beau pourtant, est malade, et il suffit d'ouvrir la
télévision ou les journaux pour mesurer à quelle
vitesse les ténèbres reviennent dans nos pays et dans nos
sociétés, et combien les hommes, responsables ou non,
s'aveuglent sur les grands enjeux d'aujourd'hui et de demain.
Jésus propose sa lumière, une lumière toujours
douce, mais toujours exigeante ; et nous nous accrochons à des
habitudes de vie ou à des modes de pensée !
Jésus, aujourd'hui encore, travaille (5,17) pour illuminer le
monde ; mais son message rencontre en nous le doute, la routine, et
parfois l'ironie.
Mais c'est l'attitude de l'aveugle qui doit nous parler davantage au
cours de cette montée vers la lumière de Pâques.
D'abord il n'a rien dit. Il a perçu la présence de
Jésus devant lui, sans le voir. Il a entendu ensuite des paroles
étranges : « Aussi longtemps que je suis dans le monde, je
suis la lumière du monde ». Mais à quoi bon parler
de lumière à un aveugle-né ? C'est alors qu'il a
senti la boue appliquée sur ses yeux, comme si Jésus
voulait signifier par là : le Créateur a fait l'homme
avec la glaise du sol, et moi, je le recrée avec un peu de boue.
Et l'aveugle a obéi. Toujours sans rien voir. Il s'est rendu
à la piscine de Siloé, la piscine de l'Envoyé, il
s'est lavé à la piscine indiquée par Jésus,
l'Envoyé de Dieu. Là encore, rien. Mais au retour, il
voyait. Alors il s'est mis en route vers la lumière, vers la
source de sa lumière, vers la connaissance de Jésus.
Et ses paroles reflètent bien l'itinéraire de sa foi : il
parle d'abord de l'homme qu'on appelle Jésus. Un peu
après, il dit : « C'est un prophète ! » ; et
plus tard il réplique hardiment aux Pharisiens : « Si cet
homme n'était pas de Dieu, il ne pourrait rien faire ! »
Quelques instants encore, et l'homme voit enfin, de ses yeux, de ses
yeux guéris, Jésus, qui lui a donné pour la
première fois la lumière, et même une double
lumière : la lumière des yeux et la lumière de la
foi. Et une fois de plus, c'est Jésus qui prend les devants :
« Jésus apprit qu'ils l'avaient chassé. Il vint
alors le trouver et lui dit : ‘Crois-tu, toi, au Fils de l'Homme ?
(9,35) » Autrement dit : « Crois-tu à celui qui
vient du Ciel pour rassembler les hommes en un Royaume pour le
Père ? »
Et lui de répondre: « Et qui est-il, Seigneur, pour que je
croie en lui ? (36) » - « Eh bien, tu l'as vu; c'est Lui
qui te parle. (37) ».
Ce soir, nous sommes comme cette aveugle-né. Nous sommes
envoyés nous plonger dans les eaux de la miséricorde
divine. Comme lui, nous en sortirons transformés. Mais Il ne
s’agit pas d’un rituel magique. Il s’agit d’une démarche
à vivre dans la confiance et la foi en la puissance
transformante de Jésus. Jésus nous a
déjà, sauvés de nos ténèbres,
illuminés au baptême, et compromis courageusement
à le suivre : Nous revenons ce soir le bénir pour sa
miséricorde qui s’est déjà manifesté dans
notre vie et lui demander d’ouvrir encore plus nos yeux : « Qui
es-tu, Seigneur? »
Au milieu de ma vie, au début de ma vie, en cette fin de ma vie,
révèle-toi à moi, pour que ma foi te
réponde, comme cet homme qui dit : « ‘Je crois, Seigneur’
; et il se prosterna devant lui (38) ».
À la suite de l’aveugle-né, laissons le Seigneur nous
ouvrir les yeux et nous envelopper de sa miséricorde pour vivre
davantage en fils et filles de la lumière. Prenons quelques
instants pour prendre conscience de l’état de nos yeux, en
particulier ceux de notre cœur.
Amen
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©
Communion de Jérusalem - 22 mars 2008
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