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Fraternités de Jérusalem - Montréal                                
Sanctuaire du Saint-Sacrement
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«En choissisant de prier au coeur des villes,
tu veux signifier que ta vie est au coeur de Dieu. »

Livre de vie de Jérusalem





Père Gérard Busque 
  Croyez les œuvres


  Vendredi 14 mars 2008 - 5e Semaine de Carême- A
  Jr 20, 10-13 ; Ps 17 ; Jn 10, 31-42


  Homélie du père Père Gérard Busque, sss 

Depuis quelques jours nous suivons Jésus enseignant dans le Temple entouré de plus en plus d’ennemis hostiles, de personnes qui veulent sa mort. Malgré l’hostilité qui monte contre lui, il continue de révéler de façon de plus en plus explicite son mystère : qu’il a un lien unique avec Dieu qu’il appelle son Père, qu’il est son égal, son Fils.

Devant ce blasphème, on tente de l’arrêter, mais personne ne porte la main sur lui, parce que son heure n’était pas encore venue, (Jn. 7,30) nous dit Saint Jean.

Dans l’évangile de ce soir, nous voyons sa Passion déjà commencée d’une certaine façon. Alors que ses auditeurs se préparent de nouveau à le lapider (cf 10,31), nous le voyons avec calme, tenter un ultime effort pour leur ouvrir les yeux, eux qui ont les oreilles bouchées, refusant sa parole.

Il déclare : « J’ai multiplié sous vos yeux les œuvres bonnes de la part du Père (32) ».

Nous savons que Jean désigne les actions du Christ soit comme des « signes » soit comme des « œuvres ». En tant que signes, elles manifestent la gloire du Christ et de Dieu. Elles révèlent que Dieu est là, par une anticipation de son Jour, rayonnant de sa toute puissance de vie et de résurrection. En tant qu’œuvres, elles manifestent la présence du Père à toute l’activité du Fils et l’unité du Père et du Fils.

Autrement dit, si Jésus insiste tant sur ses œuvres, c’est parce qu’elles révèlent l’amour du Père et manifestent qu’il est vraiment son fils unique

« Mon Père est à l’œuvre et moi aussi je suis à l’œuvre (Jn 5,17) ; ce que fait le Père, le Fils le fait pareillement (5,19) ». Les œuvres que Jésus accomplit témoignent donc qu’il dispose en tant que Fils du pouvoir sur la vie : « comme le Père en effet relève les morts et les fait vivre, le Fils lui aussi fait vivre qui il veut (Jn 5,21) ».

Mais à peine Jésus a-t-il affirmé qu’il accomplit les œuvres du Père qu’il se voit accuser de blasphème : « Tu n’es  qu’un homme et tu prétends être Dieu (10,33) » ; littéralement : « tu te fais Dieu ».

À cette accusation, Jésus répond tout d’abord à partir de l’Écriture en disant que si le psaume 82 affirme que les dépositaires de la Parole divine sont des « dieux », combien plus lui, « que le Père a consacré et envoyé dans le monde (10,36) », peut-il se déclarer « Fils de Dieu » !

Mais Jésus ne veut pas s’étendre en des discussions stériles sur le sens à donner aux mots. Encore une fois, il renvoie ses accusateurs aux « œuvres » qui « parlent » pour lui au sens où elles accré¬ditent sa Parole : « Même si vous refusez de me croire, croyez les œuvres (cf 10,38) ». À défaut de croire ce qu’il dit, il leur demande de croire que seul le Père peut être l’auteur de telles œuvres et que celui qui les accomplit ne peut être que son Envoyé auquel il a donné pleins pouvoirs.

II me semble que, nous aussi, nous avons besoin de ce rappel. Nous ne cessons de scruter ses paroles, mais contemplons-nous assez ses actions ? Conversions, pardons, miracles, repas avec les pécheurs, révolte contre le comportement des pharisiens ou le commerce dans le Temple.

Jésus ne cesse d'insister sur ses actions. Il affirme que par elles nous pouvons atteindre le mystère trinitaire : « Le Père est en moi et moi je suis dans le Père. (id.) »

Les juifs n'ont pu percevoir ce mystère : « Ce n'est pas pour une bonne œuvre que nous allons te lapider, c'est parce que toi, un homme, tu te fais Dieu. (10,33) »

Depuis cette parole, que de gens auront buté sur le même obstacle : oui, Jésus est un homme extraordinaire, il a fait des choses extraordinaires, personne n'a aussi bien parlé que lui. Mais de là à dire : c'était Dieu lui-même chez nous !...
Croire cela est pourtant le roc de notre foi.

Mais les Juifs demeurent sourds aux arguments de Jésus. Il essaie de nouveau de l’arrêter mais Jésus leur échappe. Il repartit pour la Transjordanie, à l’endroit où il avait débuté sa vie publique en recevant le baptême de Jean le Baptiste. Nous sommes ainsi ramenés au baptême, baptême dans l’eau, baptême dans l’Esprit : « Moi je baptise dans l’eau. Au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas : c’est lui qui baptise dans l’Esprit-Saint » (Jn 1,26-27.33). C’est comme si saint Jean nous signifiait que toutes les œuvres accomplies par le Père et le Fils convergent vers l’unique signe, la mort et la résurrection du Seigneur, symbolisé par le baptême.

Seigneur, tu nous invites dans cet évangile à être baptisés dans le Feu de l’Esprit pour croire vraiment en toi comme Fils de Dieu. Puisses-tu affermir nos pas à l’approche de Pâques. Fais-nous la grâce de nous décider pour toi, de laisser les terres du vieil homme pour entrer dans le baptême de ta Passion qui nous permettra de ressusciter en toi à la vie éternelle.



 © Communion de Jérusalem - 22 mars 2008