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Fraternités de Jérusalem - Montréal                                
Sanctuaire du Saint-Sacrement
500, Mont-Royal Est, Montréal, Qc, Canada, H2J 1W5

«En choisissant de prier au coeur des villes,
tu veux signifier que ta vie est au coeur de Dieu. »

Livre de vie de Jérusalem





grainSi le grain de blé tombé en terre ne meurt…

Mercredi 26 septembre 2007 - Fête des saints martyrs canadiens
Anniversaire de la fondation des fraternités de Montréal
Jean 12, 24-26

Homélie de Benoit Gosselin, diacre permanent



Si le grain de blé tombé en terre ne meurt… Jean 12, 24-26

Quelques jours avant la Pâque, Jésus disait à ses disciples:

Amen, amen, je vous le dis:
si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul;
mais s'il meurt, il donne beaucoup de fruit.
Celui qui aime sa vie la perd;
celui qui s'en détache en ce monde la garde pour la vie éternelle.
Si quelqu'un veut me servir, qu'il me suive;
et là où je suis, là aussi sera mon serviteur.
Si quelqu'un me sert, mon Père l'honorera.
Si le grain de blé tombé en terre ne meurt  …

* * *

Lorsque Jésus parle du grain de blé,
il évoque non seulement son propre itinéraire
mais il nous invite aussi à vivre une voie de  sagesse,
qui est un chemin de vie et qui nous concerne dans notre quotidien.

De la mort à la vie…

Pour donner la vie il faut que j’accepte la mort…  

Certes il y a la voie royale du martyr,
qui est avant tout la voie du témoin qui place au dessus de tout,
la communion avec le Seigneur qui le fait vivre.

Pas de Paques sans Vendredi saint,
et la  vie du martyr devient alors parole de vie
qui porte du fruit au-delà du temps et de l’espace.
 
Jean de Brebeuf, Isaac Jogues et leurs compagnons, les martyrs canadiens,
ont accueilli cette grâce du témoignage jusqu’au don total.
Nous leur devons quelque chose dans la réalité
de ce que nous vivons aujourd’hui ici même.

Anne, mère de famille, écrit :
« Dans les jours qui viennent je vais vivre une petite mort et une renaissance,
c'est un peu cela un accouchement,  je vais donc plonger dans la confiance,
 et accueillir le don de Dieu, cet  enfant que je porte Mael… »

Anne parle de petite mort.

Sont-ils si faciles à vivre tous nos chemins de descente et de renoncement ?
Y a-t-il des petites et des grandes morts ?

N’y a-t-il pas surtout des morts stériles, celles auxquelles ont se résout,
passivement, ou quelquefois même en nous révoltant,
et celles auxquelles je consens de tout son être,
dans l’exercice de ma liberté
parce que je sais qu’elles seront à l’origine d’un plus grand bien,
d’une croissance pour moi-même et peut être pour d’autres

J’accepte de mourir parce que je veux vivre…

Dans tout choix d’amour il y a la mort et la vie.

Mourir à mes rêves, pour accueillir la réalité.
Mourir à moi-même pour vivre la relation
et m’ouvrir peu à peu à une réalité nouvelle
que je n’avais pas imaginé ou prévu.

Il me faut apprendre à choisir et donc à renoncer,  
pour un plus grand bien…

C’est un essentiel dans notre apprentissage de l’amour,
que nous avons à vivre en communauté,
dans nos paroisses, nos vies de famille ou de couples  

Mourir à soi même pour devenir ce que l’on est .  
Mystère à contre courant de l’esprit du monde
Et ce que l’on est vraiment,  seul le Seigneur le sait.
J’accepte de mourir peu à peu parce que je veux devenir
ce que je suis dans le cœur de Dieu.

À la suite du Christ , invités à adhérer à nos chemins de descente ,
à accepter de nous perdre pour accueillir la vie,
comme la goutte d’eau se mêlera au vin dans quelques instants,
pour le sacrement de l’Alliance.
 
Mais dans le don de soi , dans le mariage, dans le célibat,
dans la vie monastique ou communautaire,
il peut y avoir  des moments ou l’on ne sait plus qui on est,
où l’on se sent perdu ..
 
Le Christ nous fait passer de la mort à la vie en murmurant notre nom

Le grain de blé lorsqu’il meurt,
lorsqu’il est déjà le germe d’une moisson abondante, qui est-il ?

Lorsque Anne ne portera plus son bébé dans son corps,
elle pourra entendre le premier cri de son fils,
et pourra continuer à prononcer son nom : Mael
comme elle a commencé à le dire avec amour depuis plusieurs mois..
Un jour elle entendra même son propre nom balbutié par son enfant

Lorsque Marthe Robin qui est à l’origine de nos Foyers de Charité
et qui fait partie de vos amies intimes, à vous fraternités monastiques de Jérusalem,  
lorsque Marthe acceptait son chemin de descente par le don total de sa vie le vendredi,
elle pouvait entendre la personne qui l’accompagnait prononcer son nom:  Marthe, Marthe.
C’est ce même nom, Marthe, qu’elle pouvait entendre lorsqu’elle reprenait souffle.

Si nous acceptons le chemin du grain de blé,
nous avons besoin nous aussi dans notre descente
de nous entendre appeler par notre nom,
ce nom qui est dans le coeur de Dieu,
qui contient à la fois ce que nous sommes aujourd’hui
et ce que nous sommes en devenir.

Entrons ensemble dans un dialogue avec lui,
dans l’accueil de sa présence eucharistique,
qui fait jaillir du plus profond de notre être  le nom qui donne la vie : Jésus.

Jour après jour entendre le Seigneur prononcer votre nom à chacun et ensemble.
En ce jour anniversaire de votre fondation à Montréal
c’est la grâce que nous demandons pour vous,
pour chacun d’entre vous,
vous la partagerez , nous le savons,
avec tous ceux que vous portez en vous,
ceux à qui par le don de votre vie vous donnez la vie,
la vie qui ne finit pas.


 © Communion de Jérusalem - 6 octobre 2007