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Fraternités de Jérusalem - Montréal                                
Sanctuaire du Saint-Sacrement
500, Mont-Royal Est, Montréal, Qc, Canada, H2J 1W5

«En choissisant de prier au coeur des villes,
tu veux signifier que ta vie est au coeur de Dieu. »

Livre de vie de Jérusalem





Père Gérard Busque 
  La grande prière de l'Église pour les défunts


  Vendredi 2 novembre 2007 - Commémoration de tous les fidèles défunts - C
  Is 25, 6-10 ; Ps 26, 1.4a. 13.14 ; 1 Co 15, 51-57 ; Jn 14, 1-13


  Homélie du père Père Gérard Busque, sss 

En ce 2 novembre, avec toute l'Église du ciel et de la terre, nous nous unissons dans une grande et suppliante prière pour nos frères et sœurs de l'Au-delà, ceux et celles qui ne sont pas encore pleinement dans la lumière de Dieu. Avec toute l'Église, nous nous souvenons de nos défunts. L’Église ne tire pas un trait sur ses enfants disparus. Elle les accompagne par delà la mort pour hâter leur rencontre avec Dieu. C'est plus qu'un service après vente, c'est la poursuite d'un travail qu'elle a commencé sur Terre pour façonner ses fils de Dieu. Et cette prière ardente, qui monte en ce jour vers le Ciel pour tous les défunts du monde, est autrement plus nécessaire et plus efficace que la grosseur des pots de fleurs déposés sur les tombes.

Pour raviver notre prière en faveurs de nos défunts, la liturgie nous donne ce soir des paroles de réconfort et d’espérance.  Dans l’évangile, Jésus, au moment même de quitter ce monde, nous dit en substance : Ne soyez, pas bouleversés. Je pars devant vous préparer une place, et rassurez-vous, 1) vos défunts ne sont pas des morts, ce sont des vivants. 2) Vos défunts et vous-mêmes, vous êtes faits pour la joie et non pour la souffrance. 3) Votre prière est précieuse pour abréger leur dernière purification.

Les défunts sont des vivants

Nous connaissons bien les questions qui viennent à l'esprit de toute personne qui perd un être un cher : est-il toujours vivant ? Où est-il ? Nous voit-il ?
Les émissions de télé sur le paranormal se plaisent à relater les phénomènes bizarres qui accompagneraient parfois la mort d'un être très proche, et le spiritisme, promettant une communication directe avec ceux qui nous ont quittés, refleurit ici ou là, tandis que des chercheurs essaient de collecter les témoignages de ceux qui seraient allés à la frontière de la mort.

Au lieu de vouloir à tout prix connaître les grands mystères de l'Au-delà, ne vaut il pas mieux de nous contenter de ce que le Christ nous en a dit : il n'a levé qu'un coin du voile mais ce n'est déjà pas si mal.

Il nous assure que nos défunts sont des vivants : voilà la première certitude de la foi. Ne disons donc pas en parlant de nos défunts : nous les avons aimés, mais nous les aimons ! Leur vie n’est pas détruite, elle est transformée. Ils sont disparu à nos yeux de chair mais d’autres yeux les ont accueilli dans la maison de notre Père du Ciel et leur ont dit : Enfin, te voici ! Leur mort fut un passage, une transition d’une rive à l’autre.

La psychologie moderne insiste sur la nécessité de « faire le deuil » de ceux qui nous quittent. Pour nous croyants, cela signifie accepter la séparation, mais non accepter qu’ils soient tombés dans le néant, que c’est fini pour toujours avec eux.

Mais à l'inverse, garder un souvenir morbide du disparu, en le figeant dans son passé, c'est oublier qu'il est un vivant qui poursuit sa croissance devant Dieu. Il n'est pas ce portrait trônant sur la cheminée du salon. Il est à la fois le même et le radicalement différent, transfiguré déjà par la lumière du Christ. Où est-il ? Où voulez-vous qu'il soit sinon avec le Christ ? « Je vous prendrai auprès de moi. »

Faits pour la joie éternelle

Jésus nous donne une deuxième certitude : Une joie extraordinaire leur est réservée. Le bonheur qui nous attend, dit St Paul, est sans comparaison avec les douleurs du temps présent. Le Ciel n'est pas un simple lieu de repos. Ce n'est même pas comparable avec de grandes et chaleureuses retrouvailles familiales. C'est l'entrée solennelle dans la joie même de Dieu. C'est, pour un être fini, le partage des joies de l'Infini. C'est voir Dieu comme il se voit. C'est aimer comme Dieu aime. Sans limite. Ce n'est pas goûter le bonheur d'être comblé, mais d'aimer enfin comme Dieu.

C'est vraiment le moment de nous souvenir des paroles de l'Évangile que nous venons de lire : CETTE joie, je pars vous la préparer : Jésus ne nous a pas promis une joie terrestre immédiate. Mais il entend un jour nous combler de bonheur, nous connaîtrons la joie sans fin, il essuiera toute larme de nos yeux. Il nous dit : La maison de mon Père est immense, chacun y trouvera la place qui lui convient, vous vous sentirez, enfin « chez, vous », puisque vous serez, chez votre Père.

Mais il y a un hic… un purgatoire

Mais il y a un hic ! Si nous sommes tous destinés à ce face-à-face éternel avec l'Infini, nous ne pouvons pas approcher le trois fois Saint, l'infiniment Pur sans une totale purification. Comment aimer pleinement quand tout l'égoïsme n'est pas brûlé en nous ? Pour accéder au Royaume de Dieu, il faut la toilette nuptiale, le vêtement de fête (cf Mt, 22,1-14).

S’appuyant sur plusieurs paroles de Jésus, l’Église a toujours compris qu’il y un « feu purificatoire » qui prépare l’entrée au Ciel, dans la joie éternelle : c’est le purgatoire, qu'il ne faut pas regarder comme un lieu où l'on souffre pendant un certain temps dans des flammes-punitions. Le P. Congar écrivait que « Le purgatoire est une sorte d'allégement progressif de ce qu'il y a de trop dans notre bagage terrestre pour trouver Dieu. »

Il s'agit d'un passage (hors du temps, car dans l'éternité il n'y a pas de temps) par le feu de l'amour de Dieu qui consumera toutes les scories de notre passé.

Le purgatoire n'est pas une invention de la justice de Dieu : il est ardemment souhaité par tout défunt qui se veut parfaitement digne de paraître devant l'Amour. Comme la fiancée qui se voudrait totalement pure pour celui à qui elle se donne le jour de ses noces, le défunt a soif de cette purification. Il la vit dans l'impatience pénible de voir Dieu face à face mais avec la certitude qu'il a gagné la bataille, que Dieu lui sera bientôt donné, et que purifié, il pourra se tenir à ses côtés sans complexe.

La prière nécessaire et efficace pour les défunts

Notre prière pour les défunts hâte cette purification. Déjà, les juifs offraient des sacrifices pour les défunts. L'Église offre le grand sacrifice de la Messe à leur intention : elle ne peut faire davantage, le Christ prie à chaque messe pour ses frères et sœurs de l'Au-delà pour leur permettre de voir le Père.

J’ai l’impression que beaucoup de chrétiens modernes laisse un peu vite de côté cette charité pourtant facile (et toujours acceptée, celle-là !) pour ses défunts.

C'est pourtant une belle occasion de payer nos dettes à nos disparus, car peut-être, ont-ils à se purifier de certaines erreurs commises par notre faute ! Et de toute façon, que ne ferions-nous pas si, ici-bas, nous savions qu'ils ont besoin de nous ?

Prions donc ce soir avec ferveur pour nos frères et sœurs défunts. Durant la prière eucharistique nous ferons un court moment de silence pour vous permettre de vous souvenir de vos proches partis récemment vers le Père. Laissez-les venir à votre mémoire, nommez-les et priez pour leur entrée dans la pleine joie de Dieu, priez un moment pour que l’infini miséricorde de Dieu achève de les configurer au Christ.

Dans notre Eucharistie ce soir, nous bénirons le Père pour la place qu’Il a déjà réservée à chacun de nos frères et sœurs défunts et que Jésus a préparé par sa mort et sa résurrection. Amen



 © Communion de Jérusalem - 8 novembre 2007