|
 |
Fraternités
de Jérusalem - Montréal
Sanctuaire
du Saint-Sacrement
500, Mont-Royal Est,
Montréal,
Qc, Canada, H2J 1W5
«En choisissant
de prier au coeur des villes,
tu veux signifier que
ta vie est au coeur de Dieu.
»
Livre de vie de Jérusalem
|
|
|
|
|
|
Immaculée Conception de la Vierge
Marie 1.
Samedi 8 décembre 2007
Gn 3, 9-15.20 ; Ps 97 ; Ep 1, 3-6.11-12 ; Lc 1,
26-38
Homélie de Mgr Jude St-Antoine
Le récit de l'Évangile
de l'annonciation est, bien sûr, concentré sur la venue du
Verbe dans notre chair mais il est aussi le récit de la vocation
de Marie à la maternité divine. Il s'agit du
ministère de Marie, celui d'être mère du Fils de
Dieu. Marie, mère, est toujours unie au mystère de son
Fils depuis le jour de l'Annonciation et ce lien de Marie à son
Fils durera toujours.
Depuis le commencement Dieu nous a choisis en lui avant la fondation du
monde pour que nous soyons saints et irréprochables sous son
regard, dans l'amour (Ep 1,4), nous rappelle saint Paul. La petite
fille de Nazareth est la preuve vivante de cette
bénédiction, elle dont parle déjà le livre
de la Genèse après la chute originelle : « Je
mettrai l'hostilité entre toi et la femme, entre ta descendance
et sa descendance. Celle-ci te meurtrira à la tête et toi,
tu la meurtriras au talon » (Gen. 3,15). C'est le «
Proto-évangile » annonçant la victoire du Messie,
né d'une femme. Et cette femme, c'est Marie qui en «
pauvre de Yahvé », attend dans la prière que se
manifeste la plénitude de Dieu. Elle est à l'origine de
la nouvelle Alliance qui se réalise dans la plénitude des
temps. Saint Jean nous en parle : « ceux qui ne sont pas
engendrés de la chair et du sang ni d'un vouloir d'homme, mais
de Dieu. »
Marie participe ainsi à l'œuvre du salut. Elle écoute,
elle croit comme Abraham, le Père des croyants, parce qu'elle et
lui ont la même foi en un Dieu unique, la même
espérance en ses promesses. Lui, le Père des croyants,
elle la mère des croyants. Elle qui est vierge, elle enfante,
elle fait voir qu'elle est vraiment la mère du Fils de Dieu par
sa fécondité virginale.
Marie est la clef de voûte de l'histoire humaine : elle termine
une époque et en commence une autre. Elle est au centre de notre
credo : « Natus est ex Maria Virgine » Marie dit un «
oui » total au mystère : « voici la servante du
Seigneur, qu'il en soit fait selon ta parole ».
Cette réponse de Marie dans la foi, une réponse
entière et pleine d'amour, est bien le résultat de la
bienveillance de Dieu qui a voulu préserver sa Mère de
toute trace de péché.
C'est ce que nous rappelle le privilège de son Immaculée
Conception. Cette vérité définie par le Pape Pie
IX, il y a 150 ans, nous voulons aujourd'hui l'approfondir et la
contempler à la lumière de l'Évangile de
l'Annonciation de la naissance de Jésus. Marie répond
à l'Ange avec une telle ferveur parce que,
préservée de tout mal, son esprit et son cœur ne sont que
droiture.
Les Pères de l'Église, en scrutant les récits
évangéliques, ont vite compris que Marie a
été le choix de Dieu : « Dieu en contemplant le
monde entier, ne trouva aucune femme comparable à Marie; aussi
la choisit-il pour être sa mère », nous
révèle un Père de l'Église du 4e
siècle. Dieu la choisit parce qu'elle est sans tâches Elle
est comme son Fils parfaitement belle, révèle saint
Éphrem : « en toi, Seigneur, il n'y a aucun défaut,
ni en ta mère aucune tâche ». Saint-Grégoire
de Nysse explique pourquoi il fallait que la mère de Dieu soit
immaculée : « Seule la pureté est capable
d'accueillir Dieu... Ainsi ce qui s'est accompli corporellement dans
Marie immaculée, quant à la plénitude de la
divinité, a resplendi dans le Christ par la virginité.
» Saint Ambroise est déjà très proche de la
pensée du Concile de Trente qui fait allusion à
l'immaculée conception, quand il nous parle de Marie, « la
femme parfaite qui n'a pas commis de péché ». Saint
Bonaventure trouvera la formule en affirmant que Marie a
été préservée de la faute originelle par
une grâce anticipée qui lui vient du Christ.
Cette réflexion théologique fondée sur les
Écritures a toujours joui de l'approbation du peuple de Dieu qui
a cru en Marie conçue sans péché. Aussi,
même avant la définition du dogme par le Pape Pie IX en
1854, le peuple chrétien, soutenu par les visites de Marie,
reconnaît en elle le privilège de son immaculée
conception. C'est ainsi que Marie invite la jeune Catherine
Labourée, dans son apparition de la rue du Bac à Paris,
le 27 novembre 1830, à l'invoquer sous le vocable : «
Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous
qui avons recours à vous ». C'est en priant Marie sous ce
vocable, gravé sur la médaille miraculeuse, qu'Alphonse
Rastibonne, un juif de Strasbourg, trouve la foi, à Rome, ainsi
que de nombreux fidèles qui obtiennent des faveurs
extraordinaires.
Aussi, il y a 150 ans, après avoir consulté l'ensemble
des évêques du monde, le Pape confirme ce privilège
de Marie comme une vérité de notre foi.
Quelques années plus tard, à la grotte de Massabielle
à Lourdes, la Vierge Marie confie à la petite Bernadette
cette grâce de Dieu : « Je suis l'Immaculée
Conception ».
Tentons de saisir dans la foi le sens de ce privilège
accordé à Marie et comment il peut influer sur notre
relation avec le Seigneur.
Parler de l'Immaculée Conception de Marie, c'est dire la
pureté de Marie, sa rectitude parfaite, l'unité et la
simplicité de tout son être créé à
l'image de Dieu. Le premier homme connaît l'harmonie,
l'innocence, la joie parfaite. Mais le péché lui fait
perdre le contact avec la Source, il opère en son être une
rupture qui empêche l'eau de la vie divine de passer. Et viennent
l'égarement de la raison, le débridement des passions.
Marie est préservée de ce mal fondamental, elle a
conservé ce que l'évangile appelle « l'œil simple
», la simplicité du regard.
En Marie émerge l'amour qui unifie et pacifie tout son
être. Par cet amour, elle concentre toutes ses forces vives en un
agir harmonieux, en une activité parfaite, mesurée et
généreuse. Marie connaît la plénitude de
l'amour. Elle est « l'étoile du matin », celle dont
le feu est le plus ardent, un pur brasier d'amour.
En regardant Marie, nous avons le désir de faire grandir en nous
cette unité intérieure, cet appel à être
saint, en laissant former en nous le Christ. Parce que dans le Christ,
tout appartient au Père, tout ne tend que vers le Père.
Dans le Christ, il n'y a aucune limite à la rectitude, aucune
limite à l'amour de Dieu : « le Père et moi, nous
sommes un ». Ainsi est-il possible de vivre comme Jésus
qui est le Chemin, la Vérité et la Vie.
Mais, nous le savons trop, cette croissance dans le Christ, elle
s'opère dans un être marqué par le
péché, contrairement à Marie qui est sans
péché. Sa conception immaculée préside
à sa croissance dans la grâce, elle est le commencement de
tous ses dons et particulièrement dans son rôle de
mère de Dieu. C'est le point de départ, c'est
l'étoile qui brille au matin. Dès les premières
lueurs de conscience, Marie accepte d'ouvrir son cœur aux initiatives
de Dieu, elle grandit dans son amour, elle devient son épouse,
pour devenir le réceptacle tout prêt à accueillir
en elle l'Enfant divin engendré par l'Esprit. C'est le
trésor de sa vie, mais aussi, le trésor qu'elle partage
avec nous.
C'est pour nous, en effet, que Marie reçoit tous ces dons
divins, c'est pour devenir la Mère de Dieu qu'elle est pure et
toute belle, pleine de grâce, pour accueillir son fils mais aussi
pour être notre mère. Dès le premier instant de sa
vie, elle est comblée de la plénitude de Dieu, Elle
s'initie à son rôle de Mère. Tout ce qui la
concerne, concerne Jésus et ses frères et sœurs
engendrés à la vie de Dieu et appelés à
devenir des saints et des saintes.
« Que sera cet enfant ?» C'est la question qui était
sur toutes les lèvres à la naissance de Jean-Baptiste.
Ici, devant le Christ, devant celui dont l'œuvre de salut s'inaugure
avec tant de beauté et de puissance, nous avons à
apporter notre réponse, qui ne peut être qu'une
réponse d'amour, une réponse de reconnaissance pour un si
grand amour qui nous est témoigné en Jésus Christ
: « Il m'a aimé et s'est livré pour moi ».
Jésus donne à tous ceux qu'il engendre à la vie de
Dieu tout ce qu'il a donné à sa mère. Si ce don
n'est pas donné aujourd'hui en plénitude, c'est au moins
à la mesure de nos fidélités, en coopérant
comme Marie à la grâce de Dieu qui nous est faite.
Contemplons Marie, elle nous permettra d'accueillir son fils
Jésus.
_______
1. Sources : A.D. Sertillanges, o.p. Marie, Ed. du Cerf. 1950. Diet.
Spiritualité, Marie
|
|
©
Communion de Jérusalem - 19 décembre
2007
|
|
|
|