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Fraternités
de Jérusalem - Montréal
Sanctuaire
du Saint-Sacrement
500, Mont-Royal Est,
Montréal,
Qc, Canada, H2J 1W5
«En choisissant
de prier au coeur des villes,
tu veux signifier que
ta vie est au coeur de Dieu.
»
Livre de vie de Jérusalem
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Vers le Carmel
intérieur
Mercredi
16 juillet 2008 - 15e Semaine du Temps ordinaire
(A) - Notre-Dame
du Mont-Carmel
Za 2, 14-17
; Ct Lc 1, 46 ; Lc 2, 15-19
Homélie de frère Antoine-Emmanuel, fmj
Pour
impression,
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Je me souviens l’an dernier à
pareille époque
d’avoir rencontré une femme
qui se préparait à des vacances extraordinaires :
avec des amis ils s’apprêtaient
à descendre des rapides avec des kayaks.
Ils étaient pleins d’enthousiasme,
pleins d’émotions déjà
à l’idée de ce qui serait pour eux la joie de leur
été.
Pour nous qui quittons ou non la ville,
je crois que nous pouvons avoir
au moins le même enthousiasme… sinon plus !
Car ce temps qui vient
peut être l’occasion pour nous aussi
d’une nouvelle aventure.
Celle de la prière.
Notre kayak… ce sera l’oraison.
Le rapide à descendre :
les profondeurs du cœur de Dieu,
les profondeurs de notre cœur.
Et que nous soyons des novices
ou des priants de longue date,
ce sera une première.
Parce que la prière
est une rencontre toujours nouvelle.
L’oraison !
Temps béni où nous nous arrêtons,
nous nous posons,
nous nous déposons,
dans un acte de foi :
Seigneur je crois que tu es là.
Tu m’offres de demeurer en toi
comme tu demeures en moi.
Moment béni où nous débranchons
toutes ces protections contre la peur de la solitude
que sont les radios, TV, internet, cellulaires, iPods…
Pour nous retrouver seul.
Seuls et donc vulnérables.
Seuls avec Dieu dans l’intangible,
le non-sensible, le silence.
Moment béni pour fermer tous nos livres de spiritualité
pour passer à la rencontre,
pour passer de paroles sur Dieu
à Dieu Lui-même.
Appuyés contre son cœur
même si nous nous sentons sans appui.
Moment béni pour affronter nos doutes,
notre foi vacillante,
nos révoltes contre Dieu,
notre dégoût de la prière peut-être
et déposer tout cela entre les mains du Seigneur,
en toute clarté,
pour qu’il en fasse ce que Lui voudra.
C’est lui le Seigneur.
Moment béni pour découvrir
une nouvelle profondeur en nous :
un Mont Carmel où tout est nudité,
dépouillement, pauvreté,
mais dans une brillance,
un éclat, une transparence inouïs.
Mont Carmel où l’horreur nous saisit
quand nous dévisageons
les Baals qui nous habitent,
quand nous reconnaissons
la vanité des sacrifices que nous pratiquons.
Mont Carmel où nous saisit
le désir de Dieu,
le désir d’obéir à Dieu seul,
de vivre pour lui seul,
c'est-à-dire de vivre
dans un amour purifié et enflammé.
Assis au pied d’un arbre dans un boisé,
ou sur une chaise berçante à la maison,
dans le silence d’une chapelle
ou au bord du fleuve,
nous sommes invités cet été à nous
arrêter.
À renoncer à produire, à courir,
et même peut-être à vouloir nous convertir.
Il s’agit de retrouver
la gratuité de la relation avec Dieu,
contemplé et rencontré dans la Création,
dans l’Écriture,
dans l’Eucharistie,
dans les frères et sœurs.
Silence, toute chair, devant le Seigneur,
car il se réveille en sa sainte demeure (Za 2, 1&7)
proclame aujourd’hui Zacharie.
Fais silence !
Ne prends pas la place de Dieu !
S’il se fait attendre,
ne fais pas comme Abraham s’unissant à la servante ;
attends en silence le salut de Dieu !
Ton attente est prière.
Le Seigneur travaille ton désir.
Il te dépossède pour t’habiter.
Nous ne découvrirons notre Carmel,
notre jardin intérieur,
qu’au prix du silence et de la solitude.
Si tu cesses de vivre dans le silence,
tu n’auras pas d’entretien avec Dieu
écrit Philoxène de Mabboug.
Mais si tu entres dans ta chambre et ferme la porte,
ton Père qui voit dans le secret te le rendra (Mt 6,6).
Nous découvrirons son cœur en nous.
Entrons en oraison cet été.
Durons dans l’oraison, sans violence,
mais avec une détermination déterminée.
Nous y goûterons le mystère de Jésus
abandonné,
mais nous y connaîtrons aussi
la douce et puissante effusion
de l’Esprit de la Résurrection
qui donne vie aux ossements desséchés. (cf Ez 37).
L’oraison est communion à la solitude de Jésus
qui débouche dans la joie explosive de la Résurrection
où l’humanité de Jésus
n’est plus que don,
n’est plus que joie !
Frères et sœurs, cette invitation à la prière,
c’est Marie qui nous la porte aujourd’hui.
Marie, Notre-Dame de Mont Carmel,
la Vierge du silence.
La Vierge de l’écoute
qui sans cesse recueille ce qu’exprime le Verbe
en son humanité qui le dévoile.
La Vierge qui garde dans son cœur
tout ce qui affleure du mystère de Dieu
et qui compose en son cœur
la mosaïque du plus grand amour
illuminée par la lumière de la Résurrection.
La Vierge qui a déposé l’Enfant dans la mangeoire
pour que nous le prenions,
pour que nous le recevions en nourriture
pour que nous l’adorions dans le silence de la prière.
Marie qui veut nous partager son silence,
son oraison,
son regard.
Prie donc pour demander la grâce du vrai silence
dont Marie a le secret nous dit notre Livre de vie (n° 30).
Oui,
Marie, Notre Dame du Mont Carmel,
prends-nous par la main,
fais nous descendre au sommet du Carmel.
Ramène-nous vers notre vocation
contemplative
dont la paresse, la peur, les soucis et la
fatigue
nous ont éloignés.
Donne-nous de nous unir
comme toi, avec toi,
à la Pâques de Jésus
pour adorer le Père
simplement,
silencieusement,
vraiment.
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©
Communion de Jérusalem - 20 juillet 2008
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