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Fraternités
de Jérusalem - Montréal
Sanctuaire
du Saint-Sacrement
500, Mont-Royal Est,
Montréal,
Qc, Canada, H2J 1W5
«En choisissant
de prier au coeur des villes,
tu veux signifier que
ta vie est au coeur de Dieu.
»
Livre de vie de Jérusalem
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Se consacrer, c’est se donner
Samedi, 2 février 2008 - Journée de
la vie consacrée
Hé 2, 14-18 ; Ps 23 ; Luc 2, 22-40
Mgr Jean Fortier, v.g.
Aujourd’hui notre attention se porte sur la vie consacrée, sur
ses membres pour rendre grâce à Dieu et redire
l’importance de ces témoins qui sont lumières pour le
monde.
Se consacrer, c’est se donner. C’est porter toute son attention, toute
son énergie, tous ses efforts sur une cause, une situation ou
sur des personnes.
Quand j’ai pensé à la vie consacrée, j’ai
pensé à des personnes qui ne sont pas membres de la vie
consacrée, des personnes que j’ai connues. Mon regard s’est
porté sur elles parce qu’elles ont vécu des situations
qui les ont amenées, presque malgré elles, à tout
donner, à investir toutes leurs énergies, toutes leurs
ressources pour s’occuper de quelqu’un.
Parmi ces personnes, un couple dont le premier enfant est né
trisomique. Un enfant auquel les médecins ne prévoyaient
qu’une année de vie. Un enfant que ses parents risquaient de
trouver mort dans son lit ou de voir mourir dans leurs bras. Et comme
la mère avait vécu l’expérience de voir mourir un
de ses petits frères dans ses bras, elle se refusait à
envisager de revivre l’expérience, d’où la
décision de le placer en institution.
Et ces parents étaient rongés par l’ennui de leur enfant
qu’ils ne voyaient que quelques heures par semaine, sachant que ses
premières années, les plus fertiles pour son
apprentissage s’écoulaient sans qu’ils puissent vraiment donner
tout ce qu’ils pouvaient pour le conduire au maximum de son
développement.
Après quatre ans, il n’était toujours pas
décédé et ils ont pris la décision de le
ramener à la maison. À partir de ce moment, leur vie a
été consacrée à chercher les meilleures
ressources, à mettre sur pieds un regroupement d’entraide,
à se battre pour trouver l’école la mieux adaptée,
toujours pour donner le meilleur à cet enfant.
Une vie consacrée par amour, parce qu’il était et est
toujours leur enfant.
L’autre situation est celle d’un couple dont j’ai
célébré le mariage il y a plus de 35 ans, et comme
on dit souvent, pour le meilleur et pour le pire.
Près de 20 ans pour le meilleur avec la venue de 4 enfants et
une vie familiale comblée de joie jusqu’à l’apparition de
la maladie de l’alcoolisme de l’époux. Et depuis ce temps, une
épouse qui consacre sa vie à supporter la peine et les
blessures des enfants, et la misère de son époux. Elle
compense par son travail, par sa présence, par sa
fidélité la fragilité de son époux.
Vous connaissez aussi sans doute des personnes qui ont une vie
consacrée aux autres par amour sans connaître parfois qui
est la source de leur amour ou qui sont plongées dans des
situations qui font obstacle pour reconnaître Celui qui les
accompagne et leur donne la force de persévérer. Leur vie
n’est pas moins consacrée et elle a du prix au cœur de Dieu.
Elle est noble la vie de celles et de ceux qui consacrent leur vie aux
autres par amour.
C’est pour apporter la lumière sur la vie et le sens de la vie
que le Père nous a consacré son Fils et que Jésus
nous a consacré sa vie.
L’apôtre Paul le dit dans son Épître : «
Jésus a voulu partager cette condition humaine. Il lui fallait
devenir en tout semblable à ses frères. »
Le vieillard Siméon dit de Lui : « Voici la lumière
pour éclairer les nations. »
Jésus consacre sa vie à témoigner de la
souveraineté de Dieu sur le monde, de la souveraineté de
l’amour de Dieu pour le monde, lumière qui éclaire la vie
du monde et le libère en lui donnant tout son sens.
Au cours des siècles et jusqu’à maintenant des femmes et
des hommes inspirés par la vie consacrée de Jésus,
éclairés par son Esprit, ont accepté de poursuivre
le témoignage de Jésus pour affirmer la
souveraineté de l’amour de Dieu, dans sa Bonne Nouvelle et dans
la foi à son Royaume, au milieu du monde, pour manifester que
Dieu est ce Bien Absolu. Ce sont les membres de la vie consacrée.
L’Évangile nous dit : « Le père et la mère
de l’enfant s’étonnaient de ce que l’on disait de Lui. »
Aujourd’hui encore, beaucoup de gens s’étonnent que des
personnes consacrent leur vie à chercher à être
témoins de la vie du Royaume apporté par Dieu. Nous
croyons que l’Évangile est comme un ferment dans le monde.
Peut-être que des gens s’étonnent, mais peut-être
aussi qu’ils trouvent un peu de la lumière qu’ils cherchent.
Le vieillard Siméon dit aussi à Marie : « Et
toi-même, ton cœur sera transpercé par une
épée. »
Suivre Jésus dans la vie consacrée, c’est emprunter le
chemin de la souffrance pour l’accompagner dans la vie de nos
frères et sœurs, et porter avec eux la souffrance.
Suivre Jésus dans la vie consacrée, c’est aussi emprunter
le chemin qu’Il a pris pour apporter la lumière à toutes
les nations en se faisant proche des pauvres, des malades, des exclus,
des chercheurs de sens à leur vie.
Aujourd’hui, nous sommes rassemblés pour remercier Dieu
d’être la lumière du monde, pour le remercier d’inspirer
et d’appeler les membres de la vie consacrée à le suivre
dans la vie au milieu du monde.
Nous pouvons lui demander pour toute l’Église et en particulier
pour l’Église de Montréal, que les membres de la vie
consacrée restent vigilants et persévérants pour
être associés à la mission de proposer
Jésus-Christ.
Qu’ils soient support et soutien pour ceux et celles qui consacrent
leur vie par amour sans y reconnaître l’amour de Dieu.
Qu’ils soient témoins de l’amour absolu de Dieu en se faisant
proches de ceux et celles qui parfois désespèrent, mais
qui sont tellement en attente de rencontrer l’amour. Que le Seigneur
comble de Sa lumière tous ceux et celles qui lui consacrent leur
vie.
Amen.
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©
Communion de Jérusalem - 12 mars 2008
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