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Fraternités de Jérusalem - Montréal                                
Sanctuaire du Saint-Sacrement
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«En choisissant de prier au coeur des villes,
tu veux signifier que ta vie est au coeur de Dieu. »

Livre de vie de Jérusalem





Frère Antoine-Emmanuel
  Le Christ vainqueur en son cortège triomphal !

  Mardi, 11 septembre 2007 - 23e Semaine du temps ordinaire – Année C
  Col 2, 6-15 ; Ps 144; Lc 6, 12-19


  Homélie de frère Antoine-Emmanuel, fmj

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Il y avait dans la Rome antique
une cinquantaine de ces monuments majestueux
appelés « arcs de triomphe ».
Leur fonction était de marquer le souvenir
des triomphes des armées romaines à travers tout l’empire.
C’est ainsi qu’existe toujours l’Arc de Titus
qui porte la mémoire de la victoire
de Titus et de Vespasien à Jérusalem en l’an 71.
On y voit en particulier, sculpté dans le marbre,
la représentation de la « procession » des vainqueurs
revenus à Rome et exhibant avec fierté leur butin :
trompettes d’argent et menorah du temple de Jérusalem.
La coutume était en effet de célébrer à Rome
les victoires par un « cortège triomphal ».

C’est cette image que Paul utilise dans la lettre aux Colossiens pour parler de la victoire de Jésus :
Il a dépouillé les Principautés et les Puissances
et les a donnés en spectacle à la face du monde
en les traînant dans son cortège triomphal (Col 2,15).

Quelle belle image :
Le Christ vainqueur en son cortège triomphal !
Image que nous pouvons contempler dans la prière.
Et nous voyons parmi les ennemis défaits par Jésus
nos propres mauvaises tendances, nos péchés,
les esprits mauvais qui nous font la guerre.
Tous vaincus, désarmés, terrassés par Jésus.
Élargissant notre regard, nous verrons
toute l’impiété de notre monde terrassée par Jésus.


Cette victoire de Jésus, ou donc a-t-elle eu lieu ?
La victoire de Titus et de Vespasien eu lieu à Jérusalem,
celle de Pline le jeune en Arménie,
celle de Constantin au pont Milvius.
Mais où a eu lieu la victoire de Jésus ?
Où donc les armées ennemies ont-elles été défaites ?
Sur la croix !
C’est dans l’impuissance totale de sa mort sur la croix
que Jésus a vaincu toutes les forces du mal.
Sa croix est notre libération.
Sur la croix, Jésus a confessé au Père
notre péché et le péché du monde entier ;
il l’a pris sur lui !
Il nous a pardonné toutes nos fautes (Col 2,13).
Il a supprimé le billet de la dette qui nous accablait (…)
il l’a annulée en la clouant sur la croix ! (2,14).
En se laissant clouer à la croix !
L’Amour, l’amour humble, l’amour infini,
l’amour qui se perd
a vaincu tout l’empire du mal
autour de nous et en nous !

Cela, comme les romains avec leurs arcs de triomphe,
nous ne voulons pas l’oublier.
C’est le sens de nos crucifix :
le crucifix est pour nous signe de victoire !
Nos églises aussi, à leur manière,
sont dans l’espace citadin
des signes de la victoire de Jésus,
de sa mort et de sa résurrection.
Mais, nous avons beaucoup plus !
Le Seigneur a voulu que nous disposions
du mémorial vivant de sa victoire
qui n’appartient pas au passé seulement
puisqu’elle s’accomplit aujourd’hui.

C’est bien là la merveille de l’Eucharistie :
le Père rend présent pour nous la victoire de Jésus.
Chaque fois que nous mangeons ce pain et buvons à cette coupe,
nous célébrons le mort du Seigneur (1 Co 11,26).
C'est-à-dire nous proclamons sa victoire.

Et cette victoire s’accomplit en nous
parce que nous croyons en la force de Dieu
qui a ressuscité le Christ d’entre les morts (Col 2,12).

Ce que l’Évangile nous dit de la présence de Jésus
aux jours de sa chair, en Galilée,
s’accomplit plus encore chaque fois
que nous célébrons ou adorons l’Eucharistie :
une force sortait de lui qui les guérissait tous (Lc 6,19).
L’amour triomphe dans le monde
d’une manière tellement discrète,
mais tellement profonde.
Cette victoire, elle est offerte à Tous
et c’est bien pourquoi Jésus choisit aujourd’hui
des « apôtres », des « envoyés » qui l’annonceront,
et même en seront les instruments,
en particulier à travers l’Eucharistie.
L’Église est vraiment « apostolique » !
Aussi notre âme de baptisés est-elle « apostolique ».
C’est pourquoi nous célébrons cette Eucharistie
pour que la force de Jésus,
la force de son amour,
vienne toucher tous ceux que nous portons dans notre prière.


 © Communion de Jérusalem - 17 septembre 2007