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Fraternités
de Jérusalem - Montréal
Sanctuaire
du Saint-Sacrement
500, Mont-Royal Est,
Montréal,
Qc, Canada, H2J 1W5
«En choissisant
de prier au coeur des villes,
tu veux signifier que
ta vie est au coeur de Dieu.
»
Livre de vie de Jérusalem
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Malheureux(se) es-tu de rater ma visite.
Vendredi 5 octobre 2007 - 26e Semaine du Temps Ord. – C
Sainte Fleur, religieuse dans le Lot († 1347)
Ba 1, 15-22 ; Ps 78 ; Lc 10, 13-16
Homélie du
père Père
Gérard Busque, sss
En ce premier vendredi du mois d’octobre où nous honorons le
Cœur Sacré de Jésus, l’évangile que nous venons
d’entendre est un cri de douleur venant du plus profond du cœur de
Jésus. « Malheureuse
es-tu Corazine, malheureuse es-tu Bethsaïde. Et Toi Capharnaüm
? (Lc 10,13) »
Voyons le contexte où Jésus a prononcé ces
paroles. Il donne ses consignes à ses 72 disciples avant de les
envoyer annoncer le Règne de Dieu. Il les envoie dans des
villages où il est déjà passé et il
anticipe qu’ils ne seront pas accueillis par les habitants de certaines
villes. Alors il leur dit sa souffrance devant ce non-accueil. Ce cri
de son cœur blessé n’est pas une malédiction, ni un
mauvais sort lancé sur ces villes. C’est plutôt une
plainte, un appel douloureux aux villes, trois villes qui ont eu
l’occasion de profiter le plus de ses nombreuses visites, de voir ses
miracles et qui ont raté la chance donnée de
reconnaître en lui l’Envoyé du Père, le Sauveur
attendu.
Il dit sa souffrance devant leur aveuglement. Ils n’ont pas vu,
à travers ses ensei¬gnements et ses miracles, que le
Règne de Dieu est là, parmi eux, qu’à travers Lui,
le Doigt de Dieu façonne un monde nouveau, un monde de bonheur
et de paix. Jésus ne les condamne pas ces villes mais il pleure
sur elles comme il pleurera plus tard sur Jérusalem.
Il anticipe les conséquences de leur aveuglement : leur malheur
sera plus terrible au jugement dernier quand elles verront ce qu’elles
ont raté. C’est cela sa souffrance.
Alors avec lui, nous nous demandons : D’ou vient cet aveuglement ?
Jadis même des villes pécheresses comme Ninive ont su
entendre l’appel de Dieu à changer de vie même sans avoir
vu autant de miracles.
Comment Capharnaüm, le premier lieu où Jésus a
prêché et fait des miracles, comment cette ville où
il a converti un collecteur d’impôt, Matthieu, où il a
habité, comment a t elle pu l’ignorer, ne pas reconnaître
en lui l’envoyé de Dieu, le Fils du Père ?
Ce n’est pas que les gens ont manqué d’ouverture ni
d’amitié ou d’intérêt pour Jésus. Ils l’ont
accueilli, logé et nourri.
Leur égarement et leur aveuglement viennent d’une relation mal
située. Ils se sont situés devant Jésus comme
devant un homme étonnant par ses miracles, fascinant par ses
enseignements, parlant de sa propre autorité, non comme les
scribes mais ils n’ont pas vu en lui le Sauveur, le Fils de Dieu et ne
sont pas entrés dans son bonheur.
Enfermés dans leurs idées de Dieu et de son Messie, ils
ont manqué la rencontre offerte avec Celui qui l’envoyait :
Dieu. Ces paroles de Jésus nous disent quelque chose de Dieu, de
son Cœur. Dieu souffre de nous voir malheureux en ne reconnaissant pas
son Envoyé.
Et nous, comment nous situons nous devant Dieu qui nous visite souvent
? Reconnaissons-nous bien les visites de Dieu ?
Un vieux curé soupirait beaucoup à la pensée de
ces visites ; il se trouvait vraiment délaissé. Et il le
disait au Seigneur dans sa prière : « Bon, lui dit
le Seigneur, je viendrai te voir demain. »
Le lendemain matin, après la messe, l'enfant de chœur dit
à son curé :
- Je voudrais vous parler. Je crois que j'ai la vocation.
- Une autre fois, mon petit, j'attends une visite très
très importante.
Vers midi, un clochard se présente. Nerveux, M. le Curé
se hâte de lui donner du pain et du saucisson.
- Qu'est-ce que vous avez ? lui demande le clochard, d'ordinaire vous
me parlez un peu.
- Je n'ai pas le temps, j'attends quelqu'un.
Dans l'après-midi, on lui téléphone :
- Pourriez-vous venir faire une visite à une ancienne
paroissienne qui ne va pas très bien ?
- Impossible, j'attends quelqu'un.
Le soir, il essaie de lire un peu d'Évangile, mais il est
très distrait, il ne songe qu'à cette visite qui tarde
tant.
Avant de se coucher il se plaint :
- Seigneur, tu avais promis et tu n'es pas venu !
- Mais oui, je suis venu. Quatre fois !
Ce soir, Jésus nous dit par son cri de douleur qui monte de son
cœur, deux choses :
Premièrement, Dieu vient nous visiter de milles manières,
Il ne Se présente pas de manière éclatante par des
miracles ; Il vient discrètement par l’enfant qui nous
étonne, par le pauvre qui a faim, par le malade qui lutte, par
sa Parole qui éclaire.
Deuxièmement, Il vient discrètement à travers les
événements ou des hommes et femmes construisent la paix.
Mais Dieu est tellement discret, tellement respectueux de notre
liberté qu’il vient à travers des signes mais ne nous
oblige pas à y croire. Dieu, comme pour ses gens, nous provoque,
nous appelle par de nombreux signes. Il nous fait des clins d’œil…
Il nous revient de voir les signes qu’il nous fait tous les jours, de
le reconnaître quand il nous visite et de nous convertir, de nous
tourner vers le Père pour communier à lui.
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©
Communion de Jérusalem - 16 octobre
2007
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