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Fraternités
de Jérusalem - Montréal
Sanctuaire
du Saint-Sacrement
500, Mont-Royal Est,
Montréal,
Qc, Canada, H2J 1W5
«En choissisant
de prier au coeur des villes,
tu veux signifier que
ta vie est au coeur de Dieu.
»
Livre de vie de Jérusalem
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Soyez plein d'assurance pour témoigner
Vendredi 19 octobre 2007 - 28e Semaine du Temps Ord. – C - Saint
Paul de la Croix
Rm 4, 1-8 ; Ps 31 ; Lc 12, 1-7
Homélie du
père Père
Gérard Busque, sss
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À deux jours de la journée mondiale missionnaire,
l’Évangile de ce soir nous présente Jésus donnant
à ses disciples écrasés par la foule, une
séance de formation à l’évangélisation. Ce
jour là la foule était très nombreuse, nous dit
Saint Luc. Jésus voit que les disciples prennent peur devant
l’ampleur de la mission qu’il leur confie et devant le pouvoir des
Pharisiens. Alors il veut les re-motiver et à travers eux,
chacun de nous. Il révèle deux merveilles
extraordinaires, deux grâces qui nous sont faites et auxquelles
nous nous habituons trop facilement: l’élan missionnaire et la
protection constante de Dieu envers ses témoins.
Proclamez-le sur les
toits
C’est un fait quotidien : quand nous faisons l’expérience de
quelque chose de bon et de neuf dans notre vie, nous nous sentons
poussés de l’intérieur à le partager, à
redonner ce que nous avons reçu de bon et de beau.
- Quand nous faisons la
découverte d’un nouvel ami, nous voulons le faire
connaître.
-
Quand une maman découvre qu’elle porte une nouvelle vie, elle ne
peut garder pour elle seule cette bonne nouvelle. Elle doit l’annoncer
partout.
-
Quand un médecin fait la découverte d’un nouveau
médicament contre le cancer, il s’empresse de publier la Bonne
Nouvelle.
-
Quand nous faisons l’expérience de l’amour de Dieu, quand nous
faisons l’expérience de tout ce qu’il nous apporte de bon et de
neuf dans notre vie, nous nous sentons poussés de
l’intérieur à le partager, à redonner ce que nous
avons reçu de bon et de beau.
C’est comme un élan, une poussée intérieure qui
nous habite, c’est l’Esprit qui nous envoie en mission. « Car, si j'évangélise, je
n'ai pas de quoi me glorifier, car c'est une nécessité
qui m'est imposée, car malheur à moi si je
n'évangélise pas (1 Co 9,16) disait Paul. Dieu le
Père, par son Esprit en nous, nous pousse à partager,
à proclamer aux autres les merveilles qu’il fait pour nous. Il
nous envoie en mission. Son Esprit-Saint met en nous un élan, un
désir de témoigner de cette Bonne Nouvelle, accessible
à tous : Dieu le Père aime tout homme, sans condition,
Jésus nous fait connaître cet amour et l’Esprit le
répand en nos cœurs.
Tous les chrétiens et les chrétiennes ressentent un jour
ou l’autre cet appel, cet élan à partager aux autres la
Bonne Nouvelle qui a changé leur vie. Tous nous entendons au
fond de notre cœur cette parole : ce qu’on vous a dit dans l’ombre,
proclamez-le sur les toits. Il n’est pas nécessaire pour faire
cela d’aller en Chine ou en Afrique. La majorité d’entre nous
réalisent cette mission dans la vie quotidienne. Ma mère
fut l’Apôtre de l’Évangile le plus extraordinaire que
j’aie connu. Tout jeune enfant je l’entendais me parler de sa foi en
Dieu et en ses amis du Ciel, de ses milles faveurs obtenues, preuves de
l’amour du Bon Dieu pour elle. C’est plus fort qu’elle, elle se sentait
poussée à partager sa foi.
« Ne craignez
pas les hommes »
La deuxième merveille que la Parole de Dieu nous rappelle
aujourd’hui est la protection constante que Dieu assure à ses
témoins.
En envoyant ses disciple en mission, Jésus leur
répète par trois fois : « Ne craignez pas les hommes. »
Il sait que ses disciples rencontreront de l’opposition, feront face
à des ennemis qui chercheront à les détruire,
à les faire taire. Il sait que la peur, la crainte viendront
parfois les toucher. Au temps de Saint Matthieu, c’est ce que vivaient
les communautés chrétiennes. Elles connaissaient la
persécution ; les disciples du Christ étaient
menacés de mort à cause de Jésus et de son message
révolutionnaire. Et la peur, la crainte les paralysaient
parfois. La parole de Jésus vient les rassurer en leur disant
comment le Père prend soin de chacun : « Tous les cheveux sont tous comptés
».
Nous, qui habitons Montréal, nous ne connaissons pas de
persécution ouverte. Nous ne sommes pas menacés de mort
à cause de notre foi, comme tant de nos frères dans
plusieurs pays du monde. Ainsi en Chine, dans certains pays musulmans,
dans plusieurs pays d’Afrique nous, les chrétiens sommes souvent
en danger de mort et des milliers meurent martyrs encore aujourd’hui.
Chez nous, notre société n’accueille pas toujours avec
joie le message du Christ. Beaucoup de notre entourage sont
indifférents, certains sont même hostiles à la
religion catholique.
Aussi une certaine peur nous paralyse souvent, nous, les
chrétiens catholiques. La peur de choquer, d’être
incompris, de paraître intransigeant, ou même insignifiant.
Alors nous ne disons rien, ou nous nous contentons d’accepter tout ce
qui se dit autour de nous sans rien questionner ou débattre.
Dans ce monde moderne qui valorise tant de réalités
contraires à l’Évangile, tels que la compétition,
l’affrontement et la force pour obtenir quelque chose, la
liberté sans aucun contrôle, nous avons souvent peur du
ridicule, d’avoir l’air dépassé ou de vouloir faire la
morale, en affirmant nos valeurs
Aujourd’hui Jésus vient nous libérer de ces peurs. Il
nous invite à voir comment il suscite depuis quelques
années de nouvelles formes de témoignages et de nouveaux
types de témoins parmi nous. Pensons à tous ces nouveaux
intervenants pastoraux en paroisse, dans les hôpitaux, dans les
écoles, à ces jeunes qui décident de s’engager
dans diverses causes, à tous ces missionnaires laïcs qui
choisissent de tout quitter durant quelques années pour offrir
leur temps et leurs talents au service des plus démunis du
monde. Citons en exemple Médecins sans frontières.
Les douze apôtres, au lendemain de la Résurrection de
Jésus, ont dû inventer des manières neuves
d’annoncer la Bonne Nouvelle dans un monde qui leur était
hostile. De même l’Esprit du Christ pousse aujourd’hui les chrétiens et les chrétiennes à inventer de nouvelles
manières d’annoncer, de proposer Jésus et son message
à un monde réticent. Ainsi de plus en plus de parents
cherchent de nouvelles manières d’éveiller leurs jeunes
enfants à la foi en Jésus et à les initier aux
sacrements. Ils ne comptent plus uniquement sur l’école.
De plus en plus de laïcs affirment leur foi avec calme et dans le
respect des autres, sur la place publique, dans les émissions de
radio ou de télévision. D’autres commencent à
utiliser le réseau internet pour diffuser à travers le
monde l’expérience de Dieu en Jésus.
Aujourd’hui Jésus veut aussi nous libérer de la peur en
nous donnant une pleine assurance, une confiance sereine dans
l’accomplissement de notre mission, dans le témoignage de notre
foi. Il ne veut pas que nous soyons des fanatiques, des
intégristes durs qui s’appuient sur la force et la contrainte
pour imposer leur doctrine. Il veut que nous soyons des témoins
de la tendresse de Dieu. Aussi il nous répète de mille
façons que nous sommes aimés de Dieu, l’objet de son
attention au point que même « nos cheveux sont tous comptés. Nous
avons du prix à ces yeux, Nous valons plus que tous les moineaux
du monde. »
C’est cette certitude d’être protégés, soutenus par
Dieu qui peut nous amener à faire de grandes et belles choses,
dans la douceur et la sérénité. C’est ce qui nous
empêche de craindre le mal et la résistance des hommes et
d’avoir une pleine assurance.
Écoutons comment Saint Paul vivait cette assurance : « Si nous avons tant d’assurance devant
Dieu, grâce au Christ, ce n’est pas à cause d’une
capacité personnelle dont nous pourrions nous attribuer le
mérité. Notre capacité vient de Dieu, c’est lui
qui nous a rendus capables d’être ministres d’une alliance
nouvelle. (2 Cor 3,4-5) »
Quand nous avons à témoigner dans les moments difficiles,
Jésus nous dit en St Luc : « Je vous donnerai moi-même un langage
et une sagesse, à quoi nul de vos adversaires ne pourra ni
résister ni contredire. (Lc. 21, 15) »
Dans notre Eucharistie, bénissons le Père pour
Jésus qui nous fait expérimenter dans l’ombre la
puissance de l’amour de Dieu et qui nous souffle à l’oreille des
Paroles de Vie. Il met en nous un élan, un désir de
partager cette expérience du Royaume de Dieu.
Bénissons-le pour le courage, la sagesse. Qu’il nous assure pour
témoigner de lui dans les moments difficiles. Demandons
humblement de pouvoir partager avec courage et créativité
ce que nous avons découvert de lui, de le partager à nos
amis comme à ceux qui nous sont hostiles.
Amen
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©
Communion de Jérusalem - 29 septembre
2007
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