|
 |
Fraternités
de Jérusalem - Montréal
Sanctuaire
du Saint-Sacrement
500, Mont-Royal Est,
Montréal,
Qc, Canada, H2J 1W5
«En choisissant
de prier au coeur des villes,
tu veux signifier que
ta vie est au coeur de Dieu.
»
Livre de vie de Jérusalem
|
|
|
|
|
|
Le feu
Jeudi, 25 octobre 2007 –
Année C
Rm 6,
19-23 ; Ps 1 ; Lc 12, 49-53
Homélie de frère Antoine-Emmanuel, fmj
Pour
impression,
télécharger l'homélie en format pdf
Un feu !
Je suis venu jeter
un Feu sur la Terre
et comme je
voudrais que déjà il soit allumé ! (Lc
12,49)
Il n’est pas facile d’accueillir ce texte
quand on pense au feu qui ravage la Californie ces jours-ci.
Et pourtant c’est bien de feu que parle Jésus,
et d’un feu jeté sur la Terre,
c'est-à-dire d’un feu puissant et consumant.
Mais de quel feu s’agit-il ?
Quand on regarde la mort de Jésus en Croix
on a plus l’impression d’un feu qui s’éteint
que d’un feu allumé sur la terre.
Peut-on allumer un feu
en mourant de la mort des maudits ?
Le feu allumé par Jésus n’a rien en tout cas
d’un feu visible immédiatement
qui remplit les écrans de télévision
et dégage une fumée envahissante.
Le feu de Jésus n’a rien à voir
avec celui que Néron fit allumer
pour embraser et détruire la ville de Rome.
Non, le feu de Jésus est à chercher
dans la tonalité du Royaume
qui ne se laisse pas saisir dans l’immédiat
et l’on ne peut pas dire qu’il est ici ou qu’il est là…
« Qui est près de moi est près du feu
aurait dit Jésus selon Origène,
qui est loin de moi est loin du Royaume. »
Comme le Royaume est en nous et parmi nous,
le feu allumé par Jésus est en nous
et entre nous…
Il est un feu intérieur,
un feu qui brûle dans le cœur
et, de là, s’étend à tout notre être
et embrase nos relations.
Et que fait ce feu ?
La réponse nous vient
dans l’enracinement biblique des paroles de Jésus.
Ce feu est le feu par lequel les lèvres d’Isaïe (cf Is 6,
6-7)
furent non détruites mais purifiées.
Ce feu est celui que l’homme vêtu de lin
jette sur la terre,
jette sur la ville
pour achever la purification
en laquelle ont été préservés
les hommes marqués du ‘tau’ (cf Ez 9-10).
Le feu divin est un feu purificateur.
Un feu qui détruit ce qui défigure l’humanité,
ce qui la détourne de l’Alliance.
C’est dans cette perspective
que Jean Baptiste annonçait le Messie
comme celui qui consumera par le feu
toute la bale, c'est-à-dire la partie stérile du
blé (cf Lc 3,17).
« Lui vous baptisera dans le
Souffle Saint
et dans le Feu
» proclamait Jean (Mt 3,11).
Oui, c’est bien ce feu-là
que Jésus est venu jeter sur la terre,
le feu qui détruit tout ce qui nous sépare du Père
:
c’est le feu de la miséricorde divine !
Le Feu qui est une personne divine,
qui est le Feu de l’Esprit Saint !
Si d’Élie on pouvait dire qu’il se leva comme un feu
et que sa parole brûlait comme une torche (Si 48,1),
à plus forte raison peut-on le dire de Jésus.
Si ses yeux sont une flamme ardente, (cf Ap )
que sera son cœur ?
Un brasier débordant de miséricorde !
Le baptême dont Jésus nous dit qu’il se sent oppressé
jusqu’à ce
qu’il soit accompli, cf (Lc 12,50)
est une plongée dans nos misères
et jusqu’en nos enfers
pour y porter le Feu de la Miséricorde divine.
Le Verbe se plonge en nous avec son Feu
pour nous purifier et pour nous embraser !
Et pour nous donner immédiatement la Paix ? Non !
Car c’est aussi « le glaive »
que Jésus est venu porter.
Pourquoi ? Parce que la division viendra
entre ceux qui accueillent ce Feu d’Amour
et ceux qui le refusent.
Pensez-vous que je
suis venu mettre la paix dans le monde ?
Non, je vous le
dit, mais la division (Lc 12,51)
Ce glaive sépare le fils aîné du fils prodigue,
le pharisien du publicain,
le bon larron de son compagnon de condamnation.
C’est le glaive de la vérité qui vient au grand jour
qui sépare ceux qui se laissent embraser par la
miséricorde
et ceux qui veulent acheter l’amour
et rendent vain le baptême de Jésus, le baptême de
sa mort.
Et nous frères et sœurs,
nous laisserons-nous saler par le Feu
? (cf Mc 9,48)
Si Jésus aujourd’hui nous confesse
son désir de jeter le Feu sur
la terre,
c’est parce qu’il veut venir en nous ce soir
comme feu, comme flamme,
comme un incendie d’Amour
qui brûle tout ce qui en nous
est tristesse, jalousie,
murmures, manipulation, violence.
Alors, le feu brûlera jusque dans nos os,
le feu de l’Amour qui illuminera nos visages
et nous unira dans une vraie communion.
Ce feu qui brûle dans l’Eucharistie,
ce feu caché dans le Sang que nous allons boire !
Ce feu de l’Esprit qui nous transforme !
|
|
©
Communion de Jérusalem - 2 novembre
2007
|
|
|
|