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Fraternités
de Jérusalem - Montréal
Sanctuaire
du Saint-Sacrement
500, Mont-Royal Est,
Montréal,
Qc, Canada, H2J 1W5
«En choisissant
de prier au coeur des villes,
tu veux signifier que
ta vie est au coeur de Dieu.
»
Livre de vie de Jérusalem
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Malheureux(se) es-tu de rater
ma visite
Dimanche le 14
octobre 2007 - 28e Semaine
du T.O. (C)
2 R 5, 14-17 ; Ps 97 ; 2 Tm 2, 8-13 ; Lc 17, 11-19
Homélie du
père Peter Krasuski, p.s.s.
Dans une paroisse, le curé a instauré la
célébration de Messes dans les résidences de
per-sonnes âgées et malades. Les membres de la famille de
ces personnes étaient invités à participer
à la Messe puis à écrire un commentaire sur
l’expérience qu’ils venaient de vivre. Une jeune fille ayant
écrit quelques lignes concluait avec les mots suivants : «
Comme adolescente, je pense que c’était la meilleure Messe de ma
vie. P.S. J’ai déjà participé à beaucoup de messes. »
Cette jeune personne a exprimé, dans son commentaire, une
expérience très spéciale d’intimité et de
proximité avec Dieu et avec sa famille. Elle a
apprécié l’importance de certaines choses : la
proximité des membres de sa famille, les gestes du prêtre
et ses paro-les à chacun des présents, l’environnement
familial de la maison – tous ces éléments ont
rappelé à cette famille que Dieu est venu pour être
présent au milieu de son peuple et qu’Il l’est encore
aujourd’hui. Cette présence est l’élément le plus
fondamental de notre foi catholique. Nous appelons ce point de doctrine
l’Incarnation.
Le Seigneur nous inspire aujourd’hui à penser à
l’importance des contacts humains, des contacts avec les
réalités de ce monde dans notre vie. Les trois Lectures
parlent de contact humain, de son importance dans un contexte
très réaliste.
a. Le
général syrien Naaman cherchait à se faire
guérir de sa maladie, la lèpre, et il est allé
voir le prophète Élisée. Il s’attendait à
une manifestation splendide du pouvoir du prophète,
peut-être même à un show magique. Mais le
prophète l’a simplement invité à se baigner dans
le Jourdain. Naaman n’a pas aimé cette idée, il ne
voulait pas accep-ter cette façon de faire, de se baigner dans
une rivière boueuse d’un pays étranger. Mais,
persuadé par ses compagnons, il se baigne dans le Jourdain et
c’est là que la transformation s’opère : il devient
guérit de la lèpre et il désire même prendre
de la terre d’Israël pour demeurer en contact avec Dieu et avec le
pays que Dieu a béni.
b. Dans la Lettre à Timothée,
Saint Paul parle de son expérience de prisonnier. Il est
incarcéré à Rome pour la seconde fois, il souffre,
enchaîné comme un malfaiteur. Mais pour lui cette
expérience n’est pas entièrement négative. Dans la
prison, dans des conditions peu confortables, Saint Paul apprend
à croire en la fidélité inébranlable de
Dieu. C’est la souffrance dans la foi, qui rend Saint Paul capable de
s’identifier avec le Christ et avec tous les membres souffrants du
Corps du Christ.
c. Un jour, Jésus guérit dix
lépreux et il a félicité un d’entre eux, un
Samaritain, parce que ce dernier est revenu le remercier pour la
guérison. Dans cet événement, il y a la
guérison, il y a l’action de se présenter aux
prêtres pour satisfaire la loi de l’époque, mais il s’y
cache aussi une réalité plus profonde : l’action humaine
de remercier. Elle est importante et elle permet à Jésus
d’encourager le Samaritain à continuer à vivre sa foi.
Ces exemples que le Seigneur nous donne aujourd’hui comme inspiration
nous disent que nous, les chrétiens, nous devons toujours
chercher notre Dieu dans la réalité qui nous entoure.
Notre foi est incarnationnelle,
c’est-à-dire que nous rencontrons notre Dieu dans et par des moyens humains.
Jésus, sa Personne, est pour nous la plénitude de la
Révélation divine et modèle
indispensable
dans notre relation avec Dieu. Et il y a encore plus : dans et par sa Personne qui agit maintenant
dans et par l’Église et ses sacrements – nous rencontrons notre
Dieu vivant.
Cette réalité peut être comprise comme un
élément de doctrine, seulement comme une
vérité imprimée sur les pages du
catéchisme. Mais le Seigneur veut qu’elle transforme notre vie
quotidienne. Cette façon incarnationnelle de vivre peut rendre
chaque contact humain plein de force spirituelle et de sens.
Cependant, dans le monde où nous vivons, beaucoup de personnes
ont tout simplement abandonné la foi. Ou encore plusieurs
personnes pensent que la religion est une affaire de « l’autre
monde », qu’elle est détachée de notre
humanité, détachée des réalités de
ce monde. D’autres personnes – comme Naaman – cherchent Dieu dans des
événements extraordinaires, des actions spectaculaires,
des éclats de pouvoir spirituel. En détachant la religion
de cette réalité, ces personnes méconnaissent la
vérité la plus importante de notre foi : la
vérité de l’Incarnation. Dieu s’est fait homme pour nous
montrer que tout ce qui est bon dans notre humanité peut et doit
devenir profitable dans notre relation avec Lui. Comme pour Naaman
l’eau du Jourdain, pour Saint Paul les chaînes de la prison, et
pour le Samaritain un simple geste de gratitude – aussi, pour nous, les
actions les plus simples, comme notre travail, le changement des
couches, l’étude ou l’aide offerte à notre pro-chain.
Nous rencontrons notre Dieu dans chaque activité et circonstance
de notre vie quo-tidienne. Cette façon de vivre s’appelle incarnationnelle.
Nous allons bientôt offrir nos dons sur l’autel : le pain et le
vin pour l’Eucharistie. Je vous invite à vous offrir
vous-mêmes avec ces dons parce que les dons pour
l’Eucha¬ristie nous représentent : ils sont « les
fruits de la terre et du travail humain ». Ils
représentent notre façon incarnationnelle de vivre dans
ce monde. Ces dons deviendront bientôt, par la puissance de
l’Esprit Saint, un don de Dieu pour nous : Jésus nous nourrira
avec sa Pré-sence réelle. Unis avec Lui, nous devenons
Ses instruments, nous devenons Sa Personne en action pour toucher les
autres, leur parler de l’Amour qui nous aime beaucoup, et faire ce qui
est bon pour notre prochain.
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©
Communion de Jérusalem - 22 octobre
2007
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