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Fraternités de Jérusalem - Montréal                                
Sanctuaire du Saint-Sacrement
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«En choissisant de prier au coeur des villes,
tu veux signifier que ta vie est au coeur de Dieu. »

Livre de vie de Jérusalem





Père Gérard Busque 
  Vivre éveillés


  Vendredi le 16 novembre 2007 - Sainte Marguerite, reine d’Écosse -  C
  Sg 13, 1-9 ; Ps 18 ; Lc 17, 26-37


  Homélie du père Père Gérard Busque, sss 

Nous sommes à la mi-novembre et nous nous approchons de la fin d’une autre année liturgique. En ce temps de l’année, le Seigneur vient nous rappeler la fragilité de toutes choses, la fin de toutes choses. S’approchant lui-même de la fin de sa vie terrestre, ses derniers enseignements visent à nous tenir éveillés face au sérieux de la vie.

Dans l’évangile que nous venons d’entendre, il s’adresse aux disciples et, à travers eux, à chacun de nous, pour leur annoncer non pas le moment de sa venue pour achever toutes choses mais l’importance de rester éveillés pour le jour de sa venue, jour de notre fin, de notre achèvement auprès de lui.

Il me semble que ce soir le Seigneur ajoute sa voix aux événements de la vie qui nous rendent conscients de notre fragilité :

-    Quand l’un de nos proches meurt, achève sa vie sur terre, nous prenons conscience qu’un jour nous aussi nous finirons notre vie sur terre ; pour moi, ce fut le décès de ma mère.

-    Quand un grand immeuble brûle, s’envole en fumée, comme nous en voyons tous les jours aux informations télévisées, nous voyons un signe de la fragilité profonde de tout.

-    Quand un raz-de-marée emporte toute une population en quelques secondes, comme celui de 26 décembre 2004 en Thaïlande et Indonésie, c’est un signe brutal de ce qui se passe chaque jour et que nous finissons par ne plus voir.

Dans l’évangile de ce soir, Jésus utilise deux événements racontés dans la Bible – le déluge et la destruction de la ville de Sodome – pour évoquer ce qui arrivera dans les jours du Fils de l’Homme, c’est-à-dire quand il viendra nous prendre avec lui.

Il évoque d’abord comment vivaient les gens au temps de Noé et de Loth quand survinrent ces catastrophes : on mangeait, on buvait, on se mariait sans se soucier de leur destruction qui approchait.

Sans avoir fait d’enquête scientifique, Jésus a observé que les gens de son temps vivent comme au temps de Noé et de Loth : ils sont emportés par la frénésie de vivre, de profiter de la vie sans penser que demain cette vie sur Terre finira.

Il en est toujours ainsi aujourd’hui. Pour la majorité de nos concitoyens, tout va bien. La vie suit son court normal. Nous sommes dans une société de consommation, de production comme on dit aujourd’hui. La faim, la soif, le sexe, le goût des affaires sont satisfaits. Les préoccupations de trop de gens sont la bouffe, le commerce, le travail, les divertissements (spectacles, sports, voyages) – métro, boulot, casino, dodo –  est la routine de beaucoup et ils ne voient pas plus loin.

Alors, déclare Jésus ce soir, survint le déluge qui les fit tous périr. Le jour où Loth sortit de Sodome, Dieu fit tomber du ciel une pluie de feu qui les fit tous périr.

Par ces paroles, Jésus invite ses disciples, et nous tous, à prendre au sérieux la vie qui nous est donnée. Elle n’est pas une partie de plaisir, un simple divertissement. La vie est courte et elle n’est pas une routine dans laquelle je m’installe. Elle est appel à me dépasser pour être digne de paraître devant le Fils de l’Homme, le Juge des vivants et des morts.

Pour nous faire sentir le sérieux de la vie, Jésus nous annonce par les images du déluge et de la destruction de Sodome, qu’une menace pèse sur nous : la perte de notre vie spirituelle. C’est comme un refrain dans la bouche de Jésus : « qui les fit tous périr (Lc 17,29) ». Pas seulement mourir, mais périr, loin de lui.

Ensuite Jésus insiste sur l’imminence de cette fin de nos vies qui peut survenir à tout instant. Quand la fin arrive, dit-il, il n’y a pas une minute à perdre. Inutile de vouloir prendre ses bagages. Il faut partir sans rien emporter. Ex : cet été, des centaines de familles en Californie ont du fuir ainsi devant la menace du feu. C’est ainsi que beaucoup sont appelés à partir, achèvent leur vie sur Terre.

Et ici, Jésus rappelle le chemin qu’il montre à celui qui veut vivre éveillé, toujours prêt à partir : Qui cherchera à conserver sa vie, la perdra. Et qui la perdra la sauvegardera (17 ,33).

Celui qui prend le chemin du service, du don de sa vie par amour, dans les tâches quotidiennes, est éveillé à la vie éternelle et il ne sera pas brutalement réveillé par la fin, par le jour où le Fils de l’Homme viendra le prendre avec lui dans sa gloire.

Dans notre eucharistie ce soir, bénissons le Père qui nous a arrachés aux ténèbres de l’insouciance, qui nous tient éveillés pour être prêts le jour de notre fin, de notre accomplissement, le jour de notre passage définitif dans son Royaume de paix et de vie éternelle. Prions pour tous ceux et celles qui ont quitté ce monde aujourd’hui. Amen.



 © Communion de Jérusalem - 19 novembre 2007