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Fraternités
de Jérusalem - Montréal
Sanctuaire
du Saint-Sacrement
500, Mont-Royal Est,
Montréal,
Qc, Canada, H2J 1W5
«En choisissant
de prier au coeur des villes,
tu veux signifier que
ta vie est au coeur de Dieu.
»
Livre de vie de Jérusalem
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Le Mystère du
Christ Roi
Dimanche, 25 novembre
2007 - Fête du Christ-Roi - C
2 S 5,
1-3 ; Ps 121 ; Col 1, 12-20 ; Lc 23, 35-43
Homélie de frère Pierre-Marie, fmj
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Qui est donc ce Roi, ce Roi de gloire ?
Depuis des siècles, Israël attendait la réalisation
de la promesse.
La manifestation de Celui que toute l'Écriture
annonçait comme le Messie-Roi.
Et voici qu'en ce jour, la réponse est enfin donnée :
Sur un écriteau, en trois langues, hébreu, grec et latin,
on peut lire : Jésus de Nazareth, Roi des Juifs (Jn 19,20).
Mais l'écriteau est cloué sur un gibet
et désigne un condamné à la tête
couronnée d'épines !
Le peuple restait là, nous dit l'Évangile,
et regardait (Lc 23,35).
Se redisant peut-être l'interrogation du psalmiste :
Qui est ce Roi, ce Roi de gloire ? (Ps 24,8).
Essayons nous aussi de comprendre.
*
Marie est là.
Debout près de la croix (Jn 19,25),
se souvenant et méditant l'insondable mystère,
annoncé dans l'ombre de l'Esprit :
Voici que tu concevras et enfanteras un Fils
auquel tu donneras le nom de Jésus...
Il régnera sur la maison d e Jacob éternellement,
et son règne n'aura pas de fin (Lc 1,31.33).
Quel autre Règne annonce donc cette tragique fin ?
Près d'elle, voici le disciple bien-aimé qui, lui aussi,
contemplant le transpercé,
essaie de percer le mystère de ce cœur ouvert.
Il se souvient :
Comme Moïse éleva le serpent d'airain dans le désert,
ainsi faut-il que soit élevé le Fils de l'homme, avait-il
dit,
afin que tout homme qui croit
ait par lui la vie éternelle (Jn 3,14-16).
Mais quelle vie si, aujourd'hui, il est en train de mourir ?
Perdu dans la foule, voici Pierre,
parcourant tout en pleurs les rues de Jérusalem.
Il lancera un jours à ses habitants :
Hommes d'Israël, écoutez ces paroles :
Jésus de Nazareth, cet homme
que Dieu a accrédité auprès de vous,
vous l'avez pris et fait mourir
en le clouant à la croix par la main des impies...
Vous avez fait mourir le Prince de la Vie ! (Ac 2,22-23 ; 3,15).
Mais, aujourd’hui il veut savoir :
Toi qui es le Christ, le Fils du Dieu vivant,
pourquoi as-tu choisi, à cette heure, de mourir en croix ?
De qui donc es-tu le roi ?
Le peuple, lui, est resté figé sur place,
hébété,
regardant dans la nuit qui tombe sur tout le pays (Lc 23,44),
en plein midi,
la pâleur de ce corps qui meurt.
Ils se souviennent tous de ce jour où il avait multiplié
les pains.
Mais Jésus, s'étant rendu compte
qu'ils voulaient l'enlever pour le faire roi,
s'était enfui à nouveau dans la montagne tout seul (Jn
6,15).
Que le Christ, le roi d'Israël, descende maintenant de la croix
pour que nous voyions et que nous croyions ! (Mc 15,32).
Les chefs et les grands prêtres ricanent à distance :
Il en a sauvé d'autres, qu'il se sauve lui-même
s'il est le Christ de Dieu (Lc 23,35).
Eux, ils ont déjà donné leur réponse
à Pilate :
Nous n'avons pas d'autre roi que César ! (Jn 19,15).
Ils ont trahi leur Créateur
en faisant allégeance à l'empereur !
Père, pardonne-leur,
car ils ne savent pas ce qu'ils font (Lc 23,34).
Qui donc est-il ce Roi de Pardon et de Paix ?
Du haut du prétoire où il s'est lavé les mains,
Pilate aussi se souvient :
– Tu es donc roi ? lui avait-il demandé.
– Tu l'as dit, je suis Roi, lui a-a-il répondu.
Et je ne suis venu dans le monde
que pour rendre témoignage à la vérité.
Quiconque est de la vérité écoute ma voix.
– Qu'est-ce que la vérité ? (Jn 18,37-38).
Mais nulle réponse ne lui avait été donnée !
Oui, frères et sœurs, où est, en tout ce drame, la
vérité ?
Et où est la lumière véritable incise en un tel
mystère ?
*
La réponse, frères et sœurs,
nous est venue d'un païen et d'un bandit.
Jésus, disait le malfaiteur crucifié près de lui,
souviens-toi de moi quand tu seras dans ton Royaume (Lc 23,42).
Et, voyant qu'il avait ainsi expiré,
le centurion qui se tenait en face de lui, s'écria :
Vraiment cet homme était le Fils de Dieu !(Mc 15,39).
*
Voilà le mystère !
Pour comprendre le sens profond de la royauté du Christ,
il nous faut inlassablement nous aussi
regarder le Transpercé (Jn 19,37).
Nous recevons alors la force de comprendre avec tous les saints,
ce qu'est la Largeur, la Longueur, la Hauteur et la Profondeur,
nous connaîtrons l'amour du Christ
qui surpasse toute connaissance
et nous entrerons par toute notre plénitude
dans toute la plénitude du Christ (Ep 3,18-19) notre Dieu !
Frères et sœurs, voilà le sens profond de cette
fête.
Le trône du Christ Roi, c'est la croix.
Quel retournement !
Ne saviez-vous pas
qu'il fallait que le Christ souffrît et mourût
pour entrer dans la gloire ? (Lc 24,26)
Qu'il fallait tout sauver de ce qui était perdu ;
rendre la vie à ce qui était mort ;
réunifier ce qui était dispersé.
racheter ce péché qui tenait l’humanité captive ?
Quel règne en devenir !
En libérant sur nous l'Esprit, à la croix,
il a fait de nous :
une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte (1 P 2,9).
Quel Royaume en construction !
Nous arrachant ainsi au pouvoir des ténèbres,
pour nous faire entrer
dans le Royaume de son Fils bien-aimé (Col 1,13).
Quel triomphe en perspective !
Voilà, ce qu’à la lumière de la
Résurrection,
nous révèlent enfin les Saintes Écritures
*
Frères et sœurs, nous l'avons bien compris :
en nous manifestant de la sorte le mystère de sa Royauté,
Jésus a voulu nous rejoindre au plus bas de la terre,
pour nous élever avec lui jusqu'au sommet des cieux.
Ainsi a-t-il voulu se faire semblable à nous, en tout.
II s'est fait homme ;
il s'est même fait le dernier des hommes.
Il est ainsi devenu le premier-né de toute créature.
Et, à ce titre d'aîné,
il a rendu la Royauté divine à toute l'humanité.
(cf Rm 8,2).
II nous a rejoints
jusque dans l'ombre de notre mort (Is 9,1 ; Mt 4,16),
en devenant le premier-né d'entre les morts (Col 1, 18).
Il est même allé nous chercher
dans les profondeurs de nos enfers
afin que nul ne soit perdu
de ceux que le Père avait créés (Jn 17,12 ; 10,28).
Aussi Dieu l’a-t-il exalté
et lui a-t-il donné le Nom au-dessus de tout nom (Ph 2,9).
*
Chers frères et sœurs,
voilà ce qu’a fait le Christ Roi
en choisissant tellement la dernière place
que plus personne ne peut se sentir exclu de son Royaume
car ce Dieu est un Dieu d’Amour !
Élevé de terre, aujourd'hui, sur la croix,
il attire en vérité tous les hommes vers lui (cf Jn
12,32).
L'attraction de l’amour est universelle.
Il rachète, avec le trésor de son Cœur.
Il rassemble, avec la force de ses bras.
Il unifie, au souffle de son Esprit qui est Vie,
l'ensemble des enfants de Dieu
que le péché avait dispersé (Jn 11,25).
Quelle Royauté de force et de tendresse,
de puissance et d’Amour,
et d’humilité, de lumière et de douceur !
Il peut alors nous élever au plus haut,
nous entraîner avec lui,
après nous avoir rassemblés tout en bas,
jusqu'au partage de sa gloire éternelle.
*
Oui, quelle Royauté que celle d'un tel Sauveur !
Lui qui nous rend capables d'avoir part dans la lumière,
à l'héritage des saints ! (Col 1,12).
Oui, à ce partage de Vie nous voici tous appelés.
Nul n'en est exclu.
Au festin des noces royales de l'Agneau,
nous sommes tous invités.
Regardez :
un malfaiteur, crucifié à ses côtés,
devient une tête couronnée. (cf Lc 23,43)
Le centurion qui l'a fait exécuter,
est glorifié pour sa profession de foi (cf Mc 15,39) !
Pierre qui l'a renié,
se voit confier la garde des brebis et des agneaux.
Il rend à Madeleine, la pécheresse,
un cœur de reine (cf Jn 20,16).
Et à ses apôtres timorés,
le pouvoir de triompher de toute sorte de mal
et d’évangéliser jusqu’aux confins de la terre (Ac 1,81).
Il nous rend tous participants de sa nature divine (1 P 1,4).
Nous sommes baptisés en lui.
nous sommes oints comme lui.
Marqués de ce sceau indélébile de l'onction royale
qui nous donne le droit inaliénable
à l'héritage de la vie éternelle (cf Ep 1,13-14).
Littéralement : Héritier de Dieu et cohéritiers du
Christ.
Si nous mourons avec lui,
avec lui nous vivrons ;
si nous souffrons avec lui,
avec lui nous régnerons (2 Tm 2,11-12).
Frères et sœurs, comme elle est donc profonde et haute,
large et étendue, la lumière
qui jaillit d'un tel mystère d'amour
et que nous célébrons en cette fête du Christ-Roi
avec toute la Chrétienté, dans cette église de
Montréal !
Christ bien-aimé, puisque tel est ton bon plaisir,
à partir de ce jour, que s’éclaire pour nous ton
Mystère d'Amour !
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©
Communion de Jérusalem - 23 janvier 2008
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