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Fraternités
de Jérusalem - Montréal
Sanctuaire
du Saint-Sacrement
500, Mont-Royal Est,
Montréal,
Qc, Canada, H2J 1W5
«En choisissant
de prier au coeur des villes,
tu veux signifier que
ta vie est au coeur de Dieu.
»
Livre de vie de Jérusalem
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Son regard se pose sur
moi
Samedi 19 janvier 2008
- Samedi
1ère semaine du T.O.
1 S 9, 1-4.17-19 ; 10, 1 ; Ps 20 ; Mc 2, 13-17
Homélie de frère Antoine-Emmanuel, fmj
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Jésus vient de s’arrêter.
La foule nombreuse s’immobilise elle aussi.
Son regard se pose sur moi.
Peu à peu les regards de tous
commencent à converger à leur tour sur moi.
Vient-il dénoncer mes méfaits ?
Vient-il condamner ma collaboration avec les Romains ?
Vient-il me juger pour mon impiété et mes fraudes ?
Vont-ils me tomber dessus ?
Me lapider ?
Beaucoup me connaissent.
Beaucoup me haïssent.
Mais le regard de Jésus ne porte pas l’ombre du jugement
et encore moins de la condamnation.
C’est un regard qui vient de si loin
et en même temps semble si proche de la vérité de
ce que je suis.
Un regard brûlant de pureté, de limpidité.
Et moi je suis là à mon office
les mains dans le sac.
J’aimerais tant le suivre ce rabbi au regard pur,
mais qui voudrait d’un homme au passé sombre et douteux ?
Ce fut alors en moi comme un tremblement de terre
où les paroles les plus désirées et les plus
inattendues
sont jaillies de la bouche de Jésus
comme une impossible déclaration d’amour.
« Suis-moi ! (Mc 2,14) »
Ce n’est ni « tais-toi »,
ni « va-t-en »,
ni « crapule »,
mais « suis-moi ».
« Suis-moi ! » c’est : « viens avec moi » :
c’est : « viens avec nous ».
C’est aussi : « je t’accueille,
je vais te conduire,
je serai ton rabbi, ton Maître
et tu seras parmi mes proches, mes intimes. »
« Il y a une foule autour de nous,
mais c’est bien toi que j’ai choisi.
C’est toi que mon Père m’a donné
pour être mon disciple. »
Pourquoi moi ?
Comment est-ce que cela peut être moi ?
J’ai les mains sales
et le cœur trouble.
Mais tu me l’as dit devant tous : « Suis-moi ! »
*
Et Lévi d’un bond fut debout.
Le voici qui tourne le dos
à une vie de fraude et de tromperie
pour suivre Jésus, pour lui appartenir.
Et où Jésus le conduit-il ?
Il le conduit d’emblée dans l’amour :
Sans tarder Lévi ouvre sa maison à Jésus
et y donne un grand festin (Lc 5,29).
Tout ce qui est à moi est à toi
puisque tout ce qui est à toi est à moi ! (cf Jn 17,10)
Lévi ne peut garder pour lui la joie de cette rencontre.
Il ne cache pas le grand amour
qui est en train de naître en lui !
Son cœur déborde.
L’expérience de la miséricorde dégage en lui
des richesses d’amour insoupçonnées.
Il partage la joie de l’appel :
« Venez, vous tous qui ignorez encore le regard du Christ.
Venez partager sa table.
Venez vous nourrir de sa présence ! »
IL y a ceux qui entrent
Et il y a ceux qui restent sur le pas de la porte.
Il y a ceux qui festoient et qui chantent;
et il y a ceux qui murmurent et qui jugent.
Les premiers sont des pécheurs
et ne le savent que trop.
Les seconds sont des pécheurs
mais ils se justifient eux-mêmes,
et ils sont atterrés
parce qu’ils attendaient
que ce rabbi condamne et rejette cette racaille.
« Quoi ! Il mange
avec les publicains et les pécheurs ! (Mc 2,16) »
Mais ces scribes ont des yeux
et ils ne voient pas (Mc 8,18).
Ils ont des yeux, ils regardent,
et ils ne voient là qu’une tablée scandaleuse
de pécheurs publics.
Mais ils ne voient pas :
ils ne voient pas que là,
dans cette maison,
se profile la table du Royaume,
la communion eschatologique,
les noces éternelles.
Cette table de pécheurs autour de Jésus,
c’est le Royaume en germe !
Et cela advient parce qu’un homme, Lévi,
a dit oui à l’appel de Jésus.
Chaque fois qu’un homme, qu’une femme,
dit oui à l’appel de Jésus,
une nouvelle possibilité s’ouvre
pour le Royaume de l’amour.
D’autres entrent dans cette communion
débordante de vie et de fécondité qu’est le
Royaume.
Dans la maison de Lévi le publicain
se manifeste la grande mission de Jésus :
Il est venu « appeler »
Appeler et donc rassembler !
Appeler non pas des bien-portants (Mc 2,17)
littéralement des « forts »,
mais des malades,
littéralement « ceux qui vont mal »,
ceux qui ont mal.
La maison la plus mal famée de Capharnaüm
devient une « domus ecclesiæ »,
une église domestique.
Parce que Jésus y est.
Parce que le Médecin envoyé par le Père
y soigne les cœurs par sa Miséricorde
qui déborde à flots.
*
Et non seulement Lévi a permis
à quelques pécheurs de Capharnaüm
d’ouvrir les yeux sur l’Amour fait chair
mais il l’a offert
à des générations d’hommes et de femmes
à travers son Évangile,
jusqu’à nous aujourd’hui.
Notre Domus Ecclesiæ est remplie de pécheurs aujourd’hui.
Mais aucune misère, aucune blessure, aucune faiblesse,
aucun péché, aucun péché grave
en quiconque parmi nous
ne peut empêcher la Miséricorde divine de jaillir à
flots.
Que sont nos faiblesses et nos péchés
en face de l’Amour Miséricordieux ?
Une goutte d’eau dans un brasier de feu !
Oui, notre tablée de pécheurs
rassemblée par le Divin Médecin
c’est déjà le Royaume qui se profile.
Et si nous disons oui à l’appel de Jésus aujourd’hui,
ce don de miséricorde,
cette tablée du pardon et de la joie vont se multiplier.
Oui, nous en avons l’assurance :
ni mort ni vie,
ni anges ni principautés,
ni présent, ni avenir,
ni puissances, ni hauteur, ni profondeur,
ni aucune créature
ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu
manifesté dans le Christ Jésus notre Seigneur. (Rm 8,
38-39)
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©
Communion de Jérusalem - 22 janvier 2008
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