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Fraternités
de Jérusalem - Montréal
Sanctuaire
du Saint-Sacrement
500, Mont-Royal Est,
Montréal,
Qc, Canada, H2J 1W5
«En choissisant
de prier au coeur des villes,
tu veux signifier que
ta vie est au coeur de Dieu.
»
Livre de vie de Jérusalem
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L’amour des Écritures
Vendredi 6 juin 2008 - 9e Semaine du Temps ordinaire- A
2 Tm 3, 10-17 ; Ps 118 ; Mc 12, 35-37
Homélie du
père Père
Gérard Busque, sss
La liturgie de la Parole propose
aujourd'hui une méditation sur la valeur des Saintes
Écritures. Dans la première lecture, Paul enseigne
à Timothée que les Textes sacrés constituent son
principal outil de travail. Il se réfère alors, bien
entendu, à ce que nous appelons l'Ancien Testament.
L'apôtre considère que ces textes sont inspirés par
Dieu et méritent donc le plus grand respect. Paul souligne
l'utilité des Saintes Écritures à tous points de
vue : pour l'enseignement, pour l'édification dans la foi, pour
la dénonciation et la correction des erreurs théologiques.
Quel est mon amour de l’Écriture ? Est-ce que je participe de
bon cœur au renouveau actuel de la prière liturgique et
personnelle en puisant ma nourriture spirituelle dans la Bible ? Est-ce
que les Lectures de nos Eucharisties sont devenues une sorte de «
pain nourrissant » ma prière ? Est-ce que j'ai
commencé à utiliser les psaumes comme prière
personnelle ?
Saint Paul souligne que les textes sacrés ont le pouvoir de
communiquer la sagesse, celle qui conduit au Salut par la foi que nous
avons en Jésus Christ. (2 Tm 3,15). La méditation
de l'Écriture procure autre chose qu'une culture philosophique.
Elle communique une sagesse qui n’est autre que la foi,
c'est-à-dire cette habitude de penser comme Dieu, d'adopter ses
points de vue. La sagesse, le salut, la foi, quels dons merveilleux !
Pour motiver davantage Timothée à continuer à se
nourrir des Écritures, Paul rappelle que toute Écriture
est inspirée par Dieu. (v. 16)
Les mots de l'Écriture ne sont pas seulement des paroles
humaines. Ils ont un aspect humain important : ils ont
été écrits par des hommes en chair et en os,
marqués par une culture et une mentalité
déterminées. Mais ils sont aussi « inspirés
» par Dieu. Derrière l'auteur, l'écrivain
sacré, il y a un unique Auteur.
La Bible, l'Évangile, ne sont donc pas des livres ordinaires.
Leur Auteur principal est là, présent, en nous, au fond
de nos cœurs et de nos intelligences, pour nous dire à travers
les mots écrits ce qu'il veut nous dire aujourd’hui. Dieu est un
contemporain !
Les textes antiques ne sont là que pour nous faire entendre la
« Parole actuelle » que Dieu persiste à dire au monde
La lecture évangélique donne un exemple de ce
qu'écrit Paul à Timothée. Jésus, en effet,
recourt à l'Écriture (Psaume 109) pour se dissocier du
titre de « fils de David », trop empreint de nationalisme.
Il relève une apparente contradiction dans ce verset du psaume
109. Il le fait avec une précieuse remarque : David, l’auteur
traditionnellement reconnu de psaume, a parlé sous l’inspiration
du Saint Esprit. (Mc 12,36). Inspiré, il s’adresse au Messie
comme à son Seigneur. En ajoutant qu’il siège à la
droite de Dieu, il laisse entendre qu’Il est de nature divine. Se
pourrait-il que le Messie soit un être humain et divin ? Les
scribes, avec tout leur respect pour l'Écriture, sont bien
forcés d'admettre qu'il y a là incohérence,
à moins que le Messie soit de rang divin !
Beaucoup de gens en écoutant Jésus et en voyant les
gestes qu’il posait reconnaissaient en lui, le Messie comme Fils de
David. Pensons à l’aveugle de Jéricho, appelant
Jésus, Fils de David ou à la cananéenne demandant
la guérison de sa fille. Sa question ouvre une porte sur son
Mystère : Se pourrait-il que vous ayez devant vous le Fils de
David et votre Seigneur, l’égal, de Dieu, le Fils de Dieu ?
Marc souligne que la foule l’écoutait avec plaisir. Elle se
réjouissait de la lumière nouvelle qu’il apportait sur le
Messie attendu. Il faisait une brèche dans les
interprétations figées des scribes. Sa question
était une semence de Vie et de Lumière.
Comment notre Église nous invite-t-elle à
interpréter les Saintes Écritures ? Je vous donne
quelques clés puisées dans la Constitution dogmatique Dei
Verbum sur la Révélation divine, promulguée au
Concile Vatican II.
Au numéro 12, nos évêques écrivent :
« Puisque Dieu parle dans la Sainte Écriture par des
intermédiaires humains, à la façon des hommes
(45), l'interprète de la Sainte Écriture, pour saisir
clairement quels échanges Dieu lui-même a voulu avoir avec
nous, doit rechercher ce que les hagiographes ont eu réellement
l'intention de nous faire comprendre, ce qu'il a plu à Dieu de
nous faire connaître par leur parole. Pour découvrir
l'intention des hagiographes, il faut entre autres choses être
attentif aussi "aux genres littéraires". En effet la
vérité est proposée et exprimée de
manière différente dans les textes qui sont historiques
à des titres divers, dans les textes prophétiques, les
textes poétiques, ou les autres sortes de langage. »
« Il faut donc que l'interprète recherche le sens qu'en
des circonstances déterminées, l'hagiographe,
étant donné les conditions de son époque et de sa
culture, a voulu exprimer et a de fait exprimé à l'aide
des genres littéraires employés à cette
époque (46).
« Pour comprendre correctement ce que l'auteur sacré a
voulu affirmer par écrit, il faut soigneusement prendre garde
à ces façons de sentir, de dire ou de raconter, qui
étaient habituelles dans le milieu et à l'époque
de l'hagiographe, et à celles qui étaient habituellement
en usage ça et là à cette époque, dans les
relations entre les hommes (47). »
Au numéro 13, nous lisons : « Dans la Sainte
Écriture, se manifeste donc, la vérité et la
sainteté de Dieu demeurant toujours intactes, l'admirable
"condescendance" de la Sagesse éternelle, "pour que nous
apprenions l'inexprimable bonté de Dieu. et quelle immense
adaptation de langage il a employée, prenant un soin très
attentif de notre nature" (50). Les paroles de Dieu, en effet,
exprimées en des langues humaines, se sont faites semblables au
langage humain, tout comme autrefois le Verbe du Père
éternel, ayant pris la chair de la faiblesse humaine, s'est fait
semblable aux hommes. »
Bénissons Dieu le Père pour sa Parole Vivante et
adaptée à notre langage dans les Écritures, pour
Son Esprit qui nous rend capable de la comprendre, en communion avec
notre Église.
Prions pour que le Christ nous donne toujours la sagesse et la foi
qu’apporte la méditation des Écritures. Amen
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©
Communion de Jérusalem - 28 juin 2008
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