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Fraternités
de Jérusalem - Montréal
Sanctuaire
du Saint-Sacrement
500, Mont-Royal Est,
Montréal,
Qc, Canada, H2J 1W5
«En choisissant
de prier au coeur des villes,
tu veux signifier que
ta vie est au coeur de Dieu.
»
Livre de vie de Jérusalem
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«
Lève-toi, prends avec toi l’Enfant et sa Mère »
Le samedi15 mars 2008
- Saint
Joseph, époux de la Vierge Marie et patron du Canada
2 s 7, 4-5.12-16 ; Ps 88 ; Rm 4,
13. 16-18.22 ; Mt 1, 16.18-21
Homélie de frère Antoine-Emmanuel, fmj
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Cette année, c’est Saint Joseph
qui nous introduit dans la Semaine Sainte.
Il le fait à sa manière,
c’est-à-dire discrètement, silencieusement.
Souvenons-nous des premières paroles
de l’Ange du Seigneur
qui sont à l’origine de la vocation
de Joseph de Nazareth :
« Joseph, fils de David,
ne crains pas de prendre chez toi Marie, ta femme :
car ce qui a été engendré en elle
vient de l’Esprit Saint ;
elle enfantera un fils
et tu l’appelleras du nom de Jésus
car c’est lui
qui sauvera son peuple
de ses péchés » (Mt 1, 20-21).
Joseph, ne crains pas,
car ce qui est en train d’avenir,
ce qui te bouleverse,
te déconcerte,
te déstabilise
ne vient pas des hommes,
mais vient de l’Esprit-Saint.
Voici Joseph appelé
à poser sur la venue de l’enfant un regard,
un regard de foi
qui reconnaît l’œuvre merveilleuse du Saint Esprit.
Le voici appelé à croire que l’Esprit-Saint œuvre
dans la chair, dans la vie, dans l’histoire
pour que le salut puisse être offert au peuple,
à son peuple.
Et Joseph obéit.
Il prend chez lui Marie,
Il accueille l’enfant
et lui donnera son nom.
parce qu’il croit en l’Esprit-Saint !
Voilà le premier pas
que Joseph nous invite à faire aujourd’hui :
crois en l’Esprit Saint !
Nous allons entrer dans l’incompréhensible
de la Passion du Fils de Dieu
qui se voit abandonné des siens
et se perçoit abandonné du Père.
Tout va vaciller et avec Pierre
nous aurons bien du mal
à reconnaître le Sauveur
en celui qui n’a pas figure humaine.
Mais avec Joseph
nous allons croire en l’Esprit-Saint
et reconnaître dans l’Esprit
le mystérieux Maître d’Œuvre
dont le souffle fort
transforme le rocher ensanglanté du Golgotha
en source de grâce pour toute l’humanité.
Là où le péché abonde et s’abat sur le Fils
de Dieu
l’Esprit se répand mystérieusement
pour que soit accouchée la création nouvelle,
pour que l’humanité naisse à la gloire divine !
Crois en l’Esprit-Saint !
*
Le deuxième pas que Joseph nous invite à faire,
nous le saisissons à partir de la vie de Joseph :
c’est une vie consacrée.
Jusque dans la virginité consacrée.
Une vie consacrée, donnée, abandonnée pour
Jésus.
Non seulement Joseph a beaucoup fait pour Jésus,
mais surtout il lui a consacré tout ce qu’il est.
Aussi bien sa descendance davidique
qui inscrit Jésus dans la lignée royale,
que sa paternité qu’il consacre à Jésus
renonçant à la paternité selon la chair
pour s’appliquer de tout son être
à une paternité spirituelle
profondément et parfaitement incarnée.
Jésus, tout ce qui est moi est à toi
Tout ce que je suis est pour toi.
Et nous contemplons tout particulièrement
Joseph serviteur de Jésus dans sa faiblesse,
dans sa fragilité d’enfant
bien vite menacée par la violence incontrôlable
d’Hérode.
Joseph prend soin de la faiblesse de Jésus-enfant
tout comme Joseph d’Arimathie prendra soin
de la faiblesse de Jésus crucifié.
L’un et l’autre nous appellent aujourd’hui
à recueillir dans nos bras,
dans notre foi,
dans notre vie
la faiblesse de Jésus.
Ne refoule pas, ne refuse pas,
l’extrême faiblesse du Fils de Dieu,
mais sois-en le serviteur, la servante.
Faible, voilà ce que Dieu a choisi de devenir
pour confondre les forts. (cf 1 Cor 1,27)
Entendrons-nous l’appel des deux Joseph
à consacrer notre vie
au service de ce qui est faible,
de ce qui est sans voix,
de ceux qui souffrent,
de ceux qui meurent ?
« Lève-toi, prends avec toi l’Enfant et sa Mère
» (Mt 1,20)
et tu connaîtras la puissance de la résurrection
qui transfigurera le corps de faiblesse
pour qu’apparaisse le corps de gloire.
*
Le dernier
pas que Joseph nous invite à franchir,
nous l’apprenons de sa Pâques,
de son départ vers le Ciel.
L’Évangile ne nous en dit strictement rien.
Et c’est cela qui nous étonne.
L’Écriture nous raconte bien
la mort d’Abraham
âgé et rassasié de jours (Gn 25,8),
celle d’Isaac de Jacob.
Elle nous décrit la mort de Moïse
sur le Mont Nebo (Dt 34,1-6)
ou l’enlèvement d’Élie sur un char de feu.
Mais de la Pâque de ce grand patriarche
qui est Joseph,
elle ne nous dit rien.
Joseph disparaît.
Joseph s’efface.
N’est-ce pas pour que soit mise en lumière
la paternité de Dieu,
la divine paternité du Père du Ciel ?
Celle-là même dont Jésus parlait déjà,
devant Joseph, à l’âge de 12 ans :
« Ne saviez-vous pas que je dois être
dans la maison de mon Père ? » (Lc 2,49)
Joseph est ainsi absent des récits de la passion,
et cette absence nous invite à regarder le Père,
et même à découvrir dans la Passion de Jésus
le grand Évangile du Père
la grande révélation du Père.
Tout ce que Jésus a enduré,
subi, accepté, souffert
nous dit son amour pour le Père…
« Il faut que le monde sache
que j’aime le Père » (Jn 14,31)
Est-ce que cela ne nous révèle pas
la bonté, l’amour, la tendresse
de Celui que Jésus aime
et veut rejoindre au prix des pires tourments.
Plus la Passion de Jésus
nous saisit et nous bouleverse
plus nous percevons l’Amour infini du Père
à qui Jésus obéit infiniment, divinement,
et vers qui il monte
au prix de son abaissement sans mesure.
L’obéissance de Jésus au Père,
dont il ne perçoit plus en rien l’amour,
nous révèle que le Père n’est qu’Amour !
Et la résurrection
sera le sceau de cet Évangile du Père
dont Jésus parlera désormais comme
mon Père et votre Père (Jn 20,17).
Accueille l’Évangile du Père !
C’est ainsi que le silence de Joseph
nous mène dans le cœur du Père,
tout comme sa foi nous a menés dans la contemplation
de l’œuvre de l’Esprit-Saint dans la Passion ;
tout comme sa charité nous a conduits
à servir le Fils dans sa faiblesse.
Et si nous prenions Joseph comme compagnon
pour cette Semaine Sainte ?
Comme compagnon pour quitter notre Égypte
et entrer avec Jésus dans la Nouvelle Création ?
Glorieux Saint Joseph
patron de la bonne mort à nous-mêmes
prie pour nous,
et comme toi nous entrerons dans la Vie !
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©
Communion de Jérusalem - 10 avril 2008
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