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Fraternités de Jérusalem - Montréal                                
Sanctuaire du Saint-Sacrement
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«En choisissant de prier au coeur des villes,
tu veux signifier que ta vie est au coeur de Dieu. »

Livre de vie de Jérusalem





Frère Antoine-Emmanuel
  Avec Abraham, Moïse et Élie, vers la paix

  Lundi, 31 décembre 2007 (nuit) - Messe pour la paix
 
Is 9, 1-6 ; Ps 84 ; Ép 2, 13-18 ; Mt 5,1-12

  Homélie de frère Antoine-Emmanuel, fmj

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Cette nuit, nous veillons pour prier,
nous veillons paisiblement et joyeusement.
Nous veillons pour bénir le Seigneur
parce que le temps est un don de sa main, de son cœur !
Cette nuit nous voulons louer le Père
parce que depuis 2008 ans, chaque nouvelle année
est une année de grâce habitée par la présence du Christ
et enveloppée par le souffle de l’Esprit.
Mais cette nuit nous voulons aussi supplier,
nous voulons intercéder.

Cette nuit, nous présentons au Père
tous les drames de notre humanité
et nous confessons notre foi, ferme et joyeuse,
en son Salut, en sa divine grâce.
Il est le Dieu de mon salut.
J’aurai confiance et je ne tremblerai plus
car ma force et mon chant c’est le Seigneur.
Il a été mon salut. (Is 12,2)

Parce que tous nous avons fait l’expérience du salut ;
Parce que nous puisons dans la mémoire du salut
du peuple d’Israël et de l’Église,
nous intercédons ce soir avec la certitude
que notre prière portera un fruit de grâce,
un fruit de paix.

Nous présentons au Père
ses enfants du Pakistan, de l’Irak,
de l’Afghanistan, de l’Iran.
Nous lui présentons ses enfants d’Israël,
de Cisjordanie, de Gaza et des pays arabes.
Nous lui présentons ses enfants d’Afrique
partout ou y règne la violence.
Nous lui présentons tous les conflits politiques, tribaux,
ethniques, sociaux, familiaux de par les cinq continents.

*

Cette nuit, nous sommes
comme Abraham en présence de Dieu
et en profonde solidarité
avec les Sodome de notre temps,
avec toutes les villes,
tous les peuples traversés par la violence.

Comme Abraham,
nous demandons à Dieu
de pardonner les impies,
les violents, les tueurs,
mais en savant que déjà
ils ont déjà été pardonnés
parce que Jésus a pris sur lui toute la haine,
toute la violence des humains
et nous a tous réconciliés avec le Père.
Ce que la foule chantait
lors de l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem
a été accompli : Paix au Ciel (Lc 19,38)
L’amour passionné de Dieu pour son peuple
est un amour qui pardonne.
Il est si grand, cet amour,
qu’il retourne Dieu contre Lui-même,
qu’il retourne son amour contre sa justice .

Le pardon est déjà donné,
le salut est déjà offert,
mais avec la foi d’Abraham
qui a vu le jour de Jésus et s’est réjoui (cf Jn 8,56),
nous prions le Père
pour que cette réconciliation avec Dieu
acquise par la Pâques de Jésus
soit annoncée à tous les humains.

Nous prions pour que cette paix chantée
par les anges à Bethléem soit connue de tous.
Nous prions pour que Jésus n’ait plus à pleurer
devant des villes qui restent fermées
à la venue de la paix (cf Lc 19,42),
pour que la paix de Jésus
qui surpasse toute connaissance
rejoigne chaque cœur.
Et nous savons que cette réconciliation avec Dieu
est l’unique source de la vraie paix entre les humains,
entre les familles, les clans, les nations.
Nous prions dès lors pour que l’Église
assume pleinement sa mission d’évangélisation,
pour qu’elle annonce « l’Évangile de la Paix »
dans toutes les nations.
Mais nous prions aussi
pour tous les humains de bonne volonté
qui ouvrent des chemins de paix dans le monde.

*

Cette nuit nous sommes comme Moïse
au sommet de la montagne.
Nous nous aidons les uns les autres
à tenir les mains levées
pour intercéder, le bâton de Dieu à la main,
c'est-à-dire la croix de Jésus
dans nos mains et dans nos cœurs.
Comme Moïse, nous prions
pour que le peuple de Dieu
soit libéré de ses ennemis et puisse continuer
sa marche vers la Terre Promise.
Nous prions pour que la Paix de Dieu
fasse son chemin dans le cœur de ceux
qui déjà ont commencé
à l’accueillir consciemment ou non.
Nous prions pour que
sur le chemin de la paix ouvert par Jésus (Lc 1,79)
avancent des foules d’hommes et de femmes
pacifiés au fond du cœur
qui deviennent artisans de paix (Mt 5,9)

Car cette Paix,
Jésus ne l’a pas « souhaité » à ses apôtres,
il leur a « donné » cette paix !
« Je vous laisse la paix,
Je vous donne ma paix ;
Je ne vous la donne pas
comme le monde la donne » (Jn 14,27)
C’est un don gratuit ;
c’est un don définitif ;
c’est un don porteur d’une fécondité
qui va jusque dans l’éternité.
Nous prions pour que ce don porte son fruit
dans une foule de cœurs
qui dans les difficultés, les contrariétés,
les violences, les injustices de cette vie,
ne baissent jamais les bras et,
animés au plus profond du cœur par l’Esprit Saint,
portent le fruit de l’Esprit
qui est charité, joie, paix (cf Ga 5,22)

Nous prions en particulier
pour que des jeunes de toutes races,
religions et nations
deviennent de vrais artisans de paix
en se laissant conduire par l’Esprit Saint
qui souffle où il veut (cf Jn 3,8).

*

Cette nuit, nous prions comme Élie
au sommet du Mont Carmel,
courbé vers le sol,
le visage entre les genoux,
implorant pour son peuple la fin de la sécheresse.
Et nous savons que la supplication fervente du juste
a beaucoup de puissance (Jc 5,16).
Avec Élie nous prions pour que le Seigneur
fasse couler la paix
comme un fleuve sur notre terre (Is 66,12).

Nous prions pour que la paix,
la réconciliation avec Dieu
que Jésus nous a donnée au jour de la Résurrection
- qui est ce jour d’aujourd’hui -
pour que cette paix porte son fruit
qui est une nouvelle harmonie,
une nouvelle concorde,
entre les humains et entre les peuples.
Nous prions pour que ce lien qu’est la paix (Ep 4,3)
embrasse les communautés humaines
à commencer par les familles.
Nous ne prions pas
pour une paix politique superficielle,
la soit disant paix profonde dont parle Tertullus,
avocat du grand-prêtre, à l’excellent Festus
en courtisan trompeur (cf Ac 24,2).
Nous prions pour la vraie paix
qui est le fruit de la justice et de la miséricorde
de cœurs blessés par la tendresse de Dieu.

Jésus n’est pas venu apporter la paix,
la paix politique superficielle,
mais le glaive (cf  Mt 10,34),
le glaive de l’Amour miséricordieux
qui pénètre dans les cœurs, les désarme,
épuise leur violence,
et ouvre la voie à partir des cœurs brisés,
au Règne de Dieu qui est justice,
paix et joie dans l’Esprit-Saint (Rm 14,17).
Oui, prions pour que les chrétiens
construisent de vraies cités de paix !

Et nous élargissons notre prière
à tous ceux qui sans connaître Jésus
sont des amis de la paix
et servent l’avènement du Royaume.

*

Nous prions pour l’annonce
de la vraie paix aux humains de notre temps,
pour l’éclosion de la paix dans les cœurs
et pour que se tissent des liens de paix entre tous.

Nous prions comme et avec Abraham, Moïse et Élie.
Nous empruntons leur foi confiante et audacieuse.
Mais, plus encore, nous prions en Jésus,
qui, ressuscité, désormais à la droite de Dieu,
intercède pour nous (Rm 8,34).
Nous prions en JÉSUS lui qui, toujours vivant,
intercède en notre faveur
comme le dit la lettre aux Hébreux (Hé 7,25)

Nous n’avons pas un grand prêtre impuissant
à compatir à nos faiblesses et à nous maux.
Aussi nous nous avançons avec assurance
vers le trône de la grâce
afin d’obtenir miséricorde
et de trouver grâce (He 4,15-16)

Oui, nous sommes son corps
et nous participons à son intercession auprès du Père.
Nous participons à son sacrifice d’Amour
pour la vie du monde,
pour le salut du monde.

Père de tendresse,
sois béni,
sois loué,
Toi qui en cette nuit entend et exauce notre prière.
Tu es le Dieu de la Paix !


 © Communion de Jérusalem - 22 janvier 2008