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Fraternités
de Jérusalem - Montréal
Sanctuaire
du Saint-Sacrement
500, Mont-Royal Est,
Montréal,
Qc, Canada, H2J 1W5
«En choisissant
de prier au coeur des villes,
tu veux signifier que
ta vie est au coeur de Dieu.
»
Livre de vie de Jérusalem
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Le vertige du ciel
Vendredi
13 juin 2008 - Saint
Antoine de Padoue (A)
1 R 19, 9a. 11-16 ; Ps 26 ; Mt 5, 27-32
Homélie de frère Antoine-Emmanuel, fmj
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« Que fais-tu ici, Élie ? (1 R 19,13) »
Littéralement : « Comment ? Toi ici ! »
Oui, que fait Élie tout seul en plein désert ?
Ces jours derniers nous l’avons vu
rempli d’audace et de feu,
affrontant les plus grands dangers,
défiant, puis menaçant 450 prophètes païens.
Nous l’avons vu témoin des grands prodiges
manifestés par le Dieu d’Israël.
Pourquoi se trouve-t-il maintenant en plein désert,
fuyant sa mission
et saisi par le goût de mourir
comme s’il était seul au monde.
Élie n’est pourtant pas seul ;
7000 hommes sont restés fidèles,
ils n’ont pas plié le genou devant Baal (cf 1 R 19,18).
Il n’est pas seul puisque le Seigneur
lui a manifesté si clairement sa présence.
Et pourtant Élie est pris
comme par un vertige de solitude.
Une sorte de dépression soudaine,
comme s’il n’avait plus aucun appui ;
sa seule envie,
quand lui parviennent les menaces de Jézabel,
est de fuir.
Un vertige !
Un sentiment écrasant d’être seul et impuissant.
Quand Dieu lui demande : « Que fais-tu là, Élie ?
»
il répond qu’il est seul :
« Je suis resté, moi, seul,
et ils cherchent à m’enlever la vie ! » (1 R 19,14)
Que fait alors le Seigneur ?
Il n’abandonne pas Élie dans sa solitude ;
par deux fois, il lui envoie un ange
pour le nourrir et l’encourager.
Puis, il vient à sa rencontre sur l’Horeb
dans une voix de fin silence. (19,12)
Le Seigneur transforme merveilleusement la dépression
en une rencontre où il dévoile à Élie
son vrai visage de douceur et de paix,
comme il avait dévoilé à Moïse,
au même endroit, sa beauté,
c’est-à-dire sa miséricorde. (cf Ex 33,19 et 34,6).
*
Frères et sœurs,
n’avons-nous pas, nous aussi,
comme des moments où un sentiment de solitude
nous a saisis et comme écrasés ?
De la vie d’Élie nous apprenons
que ces moments peuvent devenir
un chemin vers une nouvelle rencontre de Dieu,
vers une découverte de l’humilité de Dieu,
du Dieu de l’Alliance
qui jamais ne nous abandonne à notre solitude, au contraire :
notre Dieu est communion et brûle du désir
de nous conduire dans sa divine communion.
N’est-ce pas pour cela que Jésus est si exigeant
quand il parle du rapport entre l’homme et la femme ?
Car l’enseignement de Jésus
est beaucoup plus qu’une leçon de morale :
c’est un appel à la communion
qui exige de renoncer à tout ce qui étouffe
la vraie relation, la vraie communion.
Or cette communion s’établit, se construit à partir du
cœur,
C’est ainsi que Jésus situe au niveau du cœur et du désir
la pureté requise pour vivre la joie du Royaume.
« Eh bien, moi, je vous dis :
quiconque regarde une femme pour la désirer
a déjà commis, dans son cœur, l’adultère avec elle
» (Mt 5,28).
Le Pape Jean-Paul II a longuement médité
la signification de ce péché d’« adultère
dans le cœur »,
rappelle le cardinal Ouellet :
« ce péché qui procède de la triple
concupiscence de la chair,
et qui peut même être commis
par un homme à l’égard de sa femme.
(C’est) L’homme déchu de l’innocence originelle
qui a perdu le sens sponsal du corps ;
(du corps) qui est fait pour la communion des personnes. »
Le Cardinal Ouellet continue :
« (L’homme déchu) a perverti le langage du corps
en le rabaissant au niveau
du désir de possession égoïste de l’autre
pour la satisfaction d’un besoin sexuel.
De la sorte, l’autre est réduit au statut d’objet.
« Jésus condamne (nous l’avons entendu)
cette concupiscence de la chair (…)
qui met en péril la communion des personnes
voulue par Dieu. »
(Card. Marc Ouellet, Divine Ressemblance, p. 188)
Par deux fois dans l’Évangile de Matthieu,
nous entendons Jésus nous appeler
à retrancher notre œil ou notre main :
ici, et lorsque Jésus parle
de ceux qui scandalisent les petits.
Ce sont deux moments où le ton de l’Évangile
se fait particulièrement grave,
parce que Jésus est consumé par le désir
que se réalise en nous la communion,
cette communion dans l’amour qui est la vie même de Dieu
et que le mariage doit construire,
doit signifier,
doit témoigner !
« Je suis venu jeter un feu sur la terre (Lc 12,49) » dira
Jésus.
C’est le feu de l’amour
qui consume toute forme d’égoïsme
pour nous amener dans le don de nous-mêmes,
dans la perte de notre vie par amour.
Seigneur, donne-nous en cette Eucharistie,
le vertige
de la communion !
Donne-nous
de pressentir la beauté
de cet
échange d’amour auquel tu nous appelles !
Pour que
nous vivions de cette espérance,
pour que
nous en témoignions,
Seigneur,
donne-nous le vertige vers le Ciel,
vers Toi…
que nous nous jettions dans tes bras !
Amen.
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©
Communion de Jérusalem - 12 juillet 2008
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